Dans les énergies renouvelables, des salariés sont invités par les CSE et les syndicats à manifester mardi, les organisateurs reliant la crise sectorielle à un cadre énergétique instable.
Deux rassemblements le 29 septembre
Les rassemblements sont prévus mardi 29 septembre à Paris et Montpellier. À Paris, les salariés doivent se réunir à midi devant la Cité des Sciences et de l’Industrie, où se tient le colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER) ; à Montpellier, le rendez-vous est fixé à 11h00 devant la préfecture.
Le SER indique que son 27e colloque annuel se déroule le même jour à Paris, sur le thème des choix énergétiques à l’approche des échéances présidentielle et législatives de 2027. Cette concomitance place la mobilisation au contact direct des industriels, développeurs, financeurs et responsables publics réunis autour de la politique énergétique française.
La « variable d’ajustement d’une politique énergétique instable »
Les syndicats et CSE signataires disent refuser que les salariés servent d’amortisseur aux variations de doctrine publique. « Nous refusons que les salariés soient la variable d’ajustement d’une politique énergétique instable », écrivent-ils dans leur appel.
Selon une étude publiée en avril 2026 par le SER, Utopies et Colombus Consulting, les filières renouvelables représentaient 427 732 emplois directs et indirects en France en 2024, dont 248 785 emplois directs. Les organisateurs de la mobilisation affirment, de leur côté, que plus d’une dizaine de milliers d’emplois directs et indirects ont déjà été supprimés depuis 2025.
Les représentants des salariés évoquent une dégradation qui se manifesterait par des plans de sauvegarde de l’emploi, des ruptures conventionnelles collectives, des licenciements, des gels de recrutements et des départs non remplacés. Ils citent aussi des appels d’offres revus à la baisse et des investissements ralentis depuis leur première mobilisation de février.
Des CSE et syndicats de plusieurs entreprises signent l’appel
Les signataires visent la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), publiée par le gouvernement en février 2026 pour la période 2026-2035. Selon le ministère chargé de l’Énergie, cette feuille de route prévoit notamment 15 GW d’éolien en mer en service en 2035, un maintien du rythme actuel de l’éolien terrestre à 1,3 GW par an et une multiplication par trois de la puissance photovoltaïque installée à l’horizon 2035.
Ces objectifs ne répondent pas aux attentes des organisateurs, qui jugent la PPE « manque d’ambition » et « reste tout à fait insatisfaisante ». Ils dénoncent aussi « les revirements politiques du gouvernement en place, encouragés par de nombreux partis, ainsi que la politique énergétique guidée par les prix de marché, décorrélés des coûts de production ».
Parmi les signataires figurent des CSE d’entreprises actives dans le développement, le financement ou l’exploitation de projets renouvelables, dont Mexens Solaire, Akuo Energy, RWE, Enerfip et Valorem. Le texte est également soutenu par plusieurs organisations syndicales du secteur : CGT Énergies coopératives, CGT EDF power solutions, SUD Énergie Réseau Enercoop et SUD Énergie VALECO.





