Selon Les Echos, le rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) sur les coûts du système électrique français aurait été retravaillé durant l’été afin de nuancer certains messages, notamment sur les bénéfices d’un développement supplémentaire de l’éolien et du solaire. La CRE conteste cette interprétation et assure n’avoir ni réduit l’intérêt accordé aux renouvelables ni modifié son message final sous l’influence du gouvernement.
Publié le 9 septembre, le rapport de la CRE estime qu’il reste possible d’augmenter sensiblement les capacités éoliennes et solaires en France sans dégrader l’économie globale du système électrique. Emmanuelle Wargon avait notamment indiqué qu’il existait encore une marge pour développer les renouvelables, y compris dans un contexte de stagnation de la consommation.
Cette conclusion a suscité de vives réactions, notamment chez certains acteurs du nucléaire. Le rapport souligne cependant aussi les difficultés économiques que peut provoquer une augmentation de la production renouvelable sur les producteurs non soutenus, au premier rang desquels EDF, en réduisant les revenus tirés du marché.
Selon plusieurs sources citées par Les Echos, cette dimension aurait été davantage mise en avant dans la version finale du rapport après des échanges intervenus pendant l’été avec l’administration et le gouvernement. Le ministère de l’Énergie confirme avoir échangé avec la CRE sur les conclusions, tout en affirmant n’avoir été ni demandeur ni relecteur du document.
Le ministère indique que la CRE a fait tourner ses modèles durant l’été afin de préciser « non pas les conclusions mais leur ampleur ».
De son côté, le régulateur dément catégoriquement avoir modifié son appréciation du rôle des renouvelables à la suite de ces échanges. La CRE explique que le report de la publication à la rentrée visait simplement à finaliser sereinement les travaux.
Au-delà de cette controverse, le débat illustre une question désormais centrale : comment poursuivre le développement du solaire et de l’éolien tout en préservant l’équilibre économique du système électrique et du parc nucléaire existant ?







Très bonne étude de la CRE qui a le mérite de poser officiellement le problème (même si c’est à demi-mots) : ce serait un non sens économique de développer en même temps les EnR et l’énergie nucléaire. Il faudrait choisir, le gouvernement a plutôt choisi le nucléaire mais il procrastine à conclure publiquement que cela signifie de freiner les EnR.