samedi, mars 7, 2026
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Fondation Chirac : Quand l’engagement social rejoint la préoccupation environnementale

Fondation ChiracImplantée
en Corrèze, Creuse, Cantal et depuis le 1er janvier 2012 au Puy de
Dôme, la Fondation Jacques Chirac représente une véritable institution
qui accueille plus d'un millier de personnes en situation de handicap et
emploie huit cent salariés sur neuf sites. Consciente de son rôle à la
fois social mais aussi environnemental, elle s'est lancée dans un
programme d'optimisation énergétique de ces centres d'accueil. Dans la
palette des solutions : Le solaire thermique !

Spécialisée dans l'accueil et l'accompagnement des personnes en
situation de handicap depuis 1968, la fondation Jacques Chirac,
autrefois Association des Centres Educatifs de la Haute-Corrèze et
devenue Fondation en 2006, dispose d'un parc foncier bâti de grande
importance réparti sur neuf sites. Sur ces ensembles immobiliers, la
problématique énergétique est prégnante d'autant que l'association a
intégré dans son mode de fonctionnement les notions d'économies
d'énergie et de préservation de la planète. Entre efficacité énergétique
et recherche de solutions renouvelables !

Première expérience concluante mais…

En 2001, le Plan Soleil offre de belles opportunités solaires aux
maîtres d'ouvrage. Encouragée par les incitations répétées du
gestionnaire Dalkia, A l'époque, les responsables de la Fondation
accueillent l'idée du solaire avec l'ouverture d'esprit qui sied aux
gens de devoir. Il faut dire qu'à l'époque, le financement était assuré à
plus de 85% par l'Ademe et la Région Limousin avec des temps de retour
proches des trois ans. Voilà qui avait de quoi attirer les plus
sceptiques des investisseurs. « Vu la faiblesse du risque, nous n'avons
pas hésité sur la démarche » confirme Yvan Calvignac. Le site choisi
sera donc le centre d'accueil-Institut Médico-Educatif (IME) de
Peyrelevade. 126 m² de capteurs Giordano seront installés sur la toiture
du centre couplés à un volume de stockage de 8 000 litres. Les apports
solaires annuels de l'ordre de 83 000 kWh représentent un peu plus de
35% des besoins de l'établissement qui s'élèvent chaque année à 234 000
kWh. Les économies réalisées tournent autour de 4000 euros HT par an.
Sur le plan environnemental, le solaire s'est substitué au fioul
domestique et a permis d'éviter le rejet de 38,6 tonnes de CO2 chaque
année dans l'atmosphère. Une belle et bonne opération pour une première
expérience réussie ! Sur sa lancée, la fondation a souhaité poursuivre
l'aventure solaire sur deux autres sites et notamment sur un site neuf
en construction, la Résidence du Lac toujours à Peyrelevade, en
intégrant le solaire dès la conception. « Hélas, les conditions
n'étaient plus les mêmes, l'Ademe et la Région se désengageant un peu du
solaire. Les temps de retour dépassaient les quinze ans. De plus, nous
avions des problèmes de contraintes architecturales avec les ABF qui
nous ont imposé de construire avec des matériaux nobles, pierres
apparentes en façade, zinc et ardoises sur le toit. Le choix du solaire a
ainsi été occulté des années durant » déplore Michel Vergne, l'actuel
directeur général adjoint.

Un bâtiment qui se prête bien au solaire thermique

La fondation Jacques Chirac n'en a pas, pour autant, délaissé sa
conscience environnementale. Elle a équipé certains de ces
établissements de géothermie à forage vertical à des profondeurs entre
cinquante et cent mètres suivant les cas. De quoi apprécier les
planchers chauffants à basse température très confortable ! « Exit aussi
les radiateurs. Cela nous permet également de dégager de la surface et
de limiter le risque de dégradations » reconnaît le directeur adjoint.
La Fondation a aussi fait le choix avec Dalkia de greffer un
établissement sur un réseau de chaleur avec chaufferie centrale bois et
relais fioul. Autant d'expériences concluantes ! En 2007, dans le cadre
d'une rénovation du CAT La Saule à Bort Les Orgues en Corrèze, la
fondation Jacques Chirac réinvestira dans le solaire thermique après
quelques tentatives avortées et études de faisabilité sans lendemain. «
Le site de Bort Les Orgues qui héberge quatre-vingt personnes se prêtait
bien à cela. Il dispose d'une toiture terrasse bien exposée. Les
conditions étaient réunies pour réaliser une belle installation »
analyse Louis Casals du bureau d'études Tecsol qui opte pour une
solution autovidangeable à échangeur externe de 70 kW. 93,2 m² de
capteurs Viessmann sont ainsi implantés sur la toiture-terrasse couplés
à deux ballons de 2500 litres. L'appoint est assuré en hiver par le gaz
naturel et en été par de l'électrique. Avec une production solaire
annuelle de 58 096 kWh, l'installation couvre 47% des besoins utiles
pour l'hébergement et la restauration sur le site. Un apport intéressant
! Cette installation de Bort Les Orgues est opérationnelle depuis début
2008,

Le solaire thermique pertinent pour des activités de lingerie/buanderie

Forte de cette expérience réussie, la fondation Jacques Chirac a lancé
de nouvelles études de faisabilité solaires. « Ces études ne concernent
pas cette fois les besoins pour l'hébergement ou la restauration mais
pour les activités de lingerie/buanderie de deux ESAT (Etablissement et
Service d'Aide par le Travail) L'un à Eygurande pour traiter notamment
le linge du centre hospitalier d'une capacité de trois cents malades,
l'autre à Bort Les Orgues pour le linge de deux cliniques et des maisons
de retraite alentours. Chaque lingerie traite entre trois cents et
quatre cents tonnes de linge par an. Nous avons, sur ces activités, des
besoins très stables d'eau chaude tout au long de l'année et surtout des
besoins très importants. Nous avons étudié la possibilité d'un système
de récupération de chaleur sur les eaux grises mais cela apparaît trop
complexe, trop cher. Le solaire thermique semble s'imposer comme la
solution privilégiée. Les études le diront » indique pragmatique Michel
Vergne qui rappelle que la directrice générale de la fondation
Catherine Joubert a inscrit au rang des priorités de la fondation le
développement durable. Dans ce cadre, il est bien évident que le solaire
thermique représente une composante essentielle dans la palette des
choix énergétiques de la fondation. Et Michel Vergne de formuler à ce
titre un regret ! Celui de voir que les opérateurs énergétiques majeurs
de gestion et d'installation de solutions énergétiques du pays ne
suscitent pas ou alors trop peu l'utilisation des énergies
renouvelables. « Nous sommes preneurs d'un peu plus de pédagogie sur le
solaire. Ses modalités, son suivi, son entretien. Les grandes
entreprises du secteur demeurent trop frileuses sur ses questions »
conclut-il. Un penchant peut-être à la facilité !

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1 COMMENTAIRE

  1. Pour la Fondation Chirac, le Plan soleil constitue un double engagement : l’amélioration de la vie des personnes en situation de handicap et la préservation de l’environnement. Investir dans le solaire thermique est une autre option pour les jeunes handicapés à forte potentialité.

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