« Hollande fera-t-il plus de mal à la filière photovoltaïque que Sarkozy ? »

Hollande-sarkozySous ce titre le syndicat ENERPLAN communique:

Electricité solaire : une baisse déguisée du tarif d’achat, proposée sans concertation par le gouvernement « au nom de l’Europe », porterait un mauvais coup à toute la filière française déjà à la peine. Enerplan, Syndicat des professionnels de l’énergie solaire, demande l’ouverture sans délai d’une négociation pour respecter les exigences européennes sans déstabiliser le secteur.

Le gouvernement propose une baisse déguisée du tarif d’achat de l’électricité solaire de 10% en supprimant la bonification tarifaire en cas d’utilisation de « panneaux made in Europe », avec un effet rétroactif pour des milliers de français qui se sont équipés ces derniers mois. Cela est inacceptable, alors qu’il est possible de respecter les exigences de la Commission Européenne sans déstabiliser le secteur ni affaiblir l’industrie solaire française. L’abrogation sans concertation et dans la précipitation de la bonification du tarif d’achat – mesure mise en place depuis janvier 2013 – porterait un nouveau mauvais coup au secteur solaire français.

Enerplan fait deux propositions

Le projet de décret qui sera étudié par le Conseil Supérieur de l'Energie lors de sa séance du 12 mars doit être amendé pour en bannir tout effet rétroactif. Il serait injuste que des porteurs de projets (particuliers, entreprises, collectivités locales…) ayant commandé leur installation solaire sur la base d’un tarif d’achat bonifié se voient privés de ce bonus, sur lequel ils comptaient au moment de financer leur investissement.

Alors qu’il est incohérent de créer de l’insécurité juridique et économique pour les entreprises d’un secteur abimé par l’instabilité réglementaire, Enerplan demande que la mise en application cette mesure soit négociée avec les acteurs du  secteur. Il est possible et indispensable d’avoir un maintien du tarif d’achat à son niveau actuel. Le marché du photovoltaïque français s’est fortement rétracté bien que soutenu par les tarifs d’achat bonifiés. Il est inenvisageable de pousser la filière dans le précipice.

Besoin d’une vision et non de coup de bâton

« Nous avons entendu le Président de la République dénoncer les turpitudes subies par la filière solaire photovoltaïque et les milliers de pertes d’emplois dues à la politique de son prédécesseur. Nous constatons avec amertume que sa politique fragilise une filière déjà mal en point. Une abrogation mal mise en œuvre du bonus serait un nouveau coup dur inacceptable. Depuis 2012 et dans l’attente du projet de loi sur la transition énergétique, on ne peut que déplorer l’absence de visibilité préjudiciable au secteur » déclare Pierre Genin, vice-président d’Enerplan.

 A propos d’Enerplan – ENERPLAN, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire

ENERPLAN représente l’ensemble de l’offre solaire industrielle et commerciale en France (industriels, ensembliers, bureaux d’études, installateurs, architectes, énergéticiens,…).

Sa vocation : Agir pour la promotion et le développement de l’énergie solaire.

Ses missions : Représenter et défendre les professionnels du solaire ; animer, structurer et promouvoir la filière solaire française.

www.enerplan.asso.fr

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11 Commentaires

  1. Nous sommes une petite société de 5 salariés installeée depuis plus de 5 ans , je fait travailler pas mal de sous traitants ( charpentier , électriciens , loueur , architectes cet …) . J’ai signé deux 36 kW , un 100 kW , un 24 kW , un 7 kW et vingt quatre 9 kW en tarif bonifié sur lesquels j’ai les PTF acceptées et les acompte payés soit environ 900000€ de CA . Si cette loi passe il va de soit que je dépose le bilan , avac tout l’argent que j’ai investi pour déposer tous les dossiers et plus rien ne va se faire , les crédits ne seront plus acceptés avec 10% de CA en moins . J’ai résité jusque la en renflouent régulièrement avec de l.argent personnel ( + 120000€) car je croyai encore au photovoltaïque et que je pensai les récupérer un jour . Moi je travaille tous les jours pour bouffer 24000€ par an , je ne penses pas que ce soit le cas des politiques qui nous pondent toutes ces lois et qui ne savent pas ce que c’est que la vie réelle . En déposant le bilan et en restant à la maison je vais gagner de l’argent mais par contre je vais faire des chômeurs , c’est une honte ,

  2. Ce qui se passe en ce moment paraît complètement inconséquent et s’apparente à une politique de gribouille. Le 20 septembre 2013, François Hollande avait tenu à réaffirmer que l’objectif de la France était de diviser par deux sa consommation d’énergie d’ici 2050. Il a aussi rappelé son objectif de campagne de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique d’ici 2025. Cela représente environ 125 TWh, excusez du peu ! Seront-ils en partie effacés, en partie remplacés par solaire, éolien et biomasse, il semble que seuls les ingénieurs de l’ADEME ou de l’association NegaWatt aient concocté une stratégie pour un tel challenge.
    Mais voilà, cela fait bientôt deux ans que le président est en charge, deux ans que nous sommes dans les starting-blocks et sa présentation du contenu de la loi de programmation qui était prévue à l’automne … est maintenant reportée au printemps 2014 et le vote de l’assemblée interviendra au mieux fin 2014 ! Au rythme actuel on sera loin de l’objectif des 23% d’énergies vertes dans le mix énergétique en 2020 mais plus près des 17%. Le bilan d’un an de concertations révèle en plus un problème de méthode : un trop grand nombre d’engagements ont porté sur la mise en place de comités, de commissions, de groupes de travail… et en coulisse, des groupes de pression contraires. Au final, les objectifs à atteindre restent flous et rien de positif n’a été fait alors que les entreprises licencient à tour de bras.
    Il n’y a donc pas de pilote, pas de carte, et l’avion s’impatiente. Entre 2010 (où l’on recensait 98 000 emplois) et fin 2012, 28 000 emplois ont disparu. En attendant le plan de vol et l’équipage, je n’ose faire le compte des dépôts de bilan de 2013 dans les domaines du solaire et de la thermique du bâtiment.
    En fait l’absence de scenario public de poids révèle que ceux-ci ont été vraisemblablement élaborés par les producteurs eux-mêmes (Mr Proglio, ministre fantôme de l’énergie ?), ce qui peut se comprendre puisque de facto, la puissance publique leur avait délégué la mission de fournir l’énergie au pays. Mais cette situation, qui était une force il y a 50 ans devient une grave faiblesse pour les années à venir. Dans une situation de dérégulation et de décentralisation, le rôle de l’Etat reste à minima de coproduire avec les acteurs (tous les acteurs, pas seulement l’oligopole) une vision pour l’avenir de l’énergie en France tenant compte de ce qui se passe à l’international.
    Mais nos politiques ne parviennent pas à réadapter le développement de la filière parce qu’ils n’ont pas de vision et que les fonctionnaires sur lesquels ils s’appuient raisonnent en consanguinité avec l’oligopole.
    Alors que la parité réseau est à portée de main, on reste sur le bricolage d’une politique de soutien par les tarifs avec un corpus de règles invraisemblable qui n’a fait qu’accroître le scepticisme du public : formalités d’urbanisme, règles d’intégration, procédures administratives de raccordement avec création de files d’attente, tarification différenciée avec ou sans crédit d’impôt, seuils de puissance installée donnant lieu à des procédures différentes. On a cherché à suivre ou anticiper ce secteur en pleine évolution, d’où : fiscalité changeante, mise en place de procédures administratives longues et compliquées, avec ensuite une recherche de simplification, modification tarifaires brutales, files d’attente peu transparentes, conflits d’intérêt…
    Il faut à mon avis, arrêter les tarifs préférentiels dès la fin 2015 ainsi que toutes sortes de subventions aux installations photovoltaïques (qu’il s’agisse des particuliers, des collectivités ou des industriels). Le délai de deux ans permettra aux professionnels de s’organiser. Pour les producteurs PV connectés au réseau basse tension, il faut remplacer les 3 compteurs et la lourdeur administratives de tarifs qui changent tous les trois mois par un système unique : le compteur réversible intelligent avec comme seul tarif de vente, le tarif d’achat local variable en fonction de la charge du réseau et qui évoluera dans le sens d’une augmentation inéluctable. Le tout assorti de la garantie par l’Etat que la vente de l’électricité PV sera irrévocable pour une durée indéfinie (99 ans par exemple). Cela assainira le marché et ramènera assez vite le prix du matériel et de la pose à ce qu’il devrait être : pas plus de 2 k€ /kW, comme en Allemagne. D’où l’extrême urgence de développer un compteur réversible intelligent plus performant et transparent que le « linky » et qui soit agréé par ERDF. Compte tenu de ce que je vois et entends, c’est pas gagné !
    AR

  3. LA REPONSE EST OUI SANS AUCUN DOUTE.
    S’il ne devait y avoir qu’1 seule explication,(bien sùr il ya en a bcp d’autres) HOLLANDE est un homme qui n’a aucune aucune conviction, ni politique, ni économique, ni sur lui-même … HOLLANDE est un moribond de l’histoire…

  4. Je suis installateur dans le 37 et 0 installations en 2012.Pourtant des demandes mais pas assez de confiance chez les clients avec des offres concurrentes basées sur de fausses simulations financières (le ménage est indispensable).Je suis entièrement en accord avec votre avis qui est (a mon avis aussi) la seule solution pour fiabiliser et pérenniser la filière

  5. Bonjour,
    Question à monsieur Ricaud Alain =
    Qui d’ aprés vous investirait dans des installations photovoltaiques importantes sans tarif d’ achat attractif et sans aucune aide ( subventions ) ?
    Dans aucun commentaire concernant le photovoltaique je ne retrouve la notion d’ indépendance énergétique et de division du risque ( destruction des sources trop concentrées ) lors du prochain conflit mondial ( qui statistiquement et géopolitiquement se rapproche à grands pas )

  6. Les pigeons du solaire … Qui va créer ce buzz ? Nous sommes toutes de bien petites structures pas très organisées en terme de poids et les fédération/syndicats n’obtiennent pas grand chose de concret … Il faut créer ce buzz …
    C’est étonnant que le gouvernement fasse autant d’erreur : tarif éolien mal validé, bonification solaire mal validée … et l’Europe nous demande à chaque fois de revoir notre copie. Un peu comme si on faisait exprès de mal faire.
    C’est étonnant que le gouvernement change également de ligne de route quasiment 12 mois après son « coup » de pouce d’ailleurs bidon puisqu’il qui ne nous aura profité que 3 mois à peine au vu de la chute vertigineuse des tarifs. Mais la consanguinité évoquée par d’autres dans ce blog est une réalité. Le pantouflage futur oblige de préserver son futur employeur (conflit d’intérêt ?).
    C’est pourtant simple de garantir un prix à peu près adéquat (prenez le prix des AO CRE très récents par exemple pour les toitures) avec effectivement une vision long terme d’une production décentralisée (protection importante en cas de conflits), d’autonomie énergétique …
    PB

  7. Je réponds aux questions de Dietrich GM
    Le solaire photovoltaïque en tant que source alternative d’énergie électrique comporte de nombreux avantages.
    • La source est bien d’origine nucléaire ; sa durée de vie se compte en milliards d’années et le retraitement des déchets y est intégré, à 150 millions de km de distance…
    • Elle est assez également répartie sur l’ensemble de la planète avec des ratios de gisement allant de 1 à 3.
    • Chacun de nous dispose de la source à sa porte.
    • La conversion de la lumière en électricité est directe : elle ne passe pas par une transformation de Carnot et ne génère pas de gaz à effet de serre.
    • Les installations sont silencieuses, non polluantes et demandent très peu de maintenance.
    • Les installations sont modulaires.
    • La décroissance des coûts de fabrication des modules suit la loi de Verdoorn des objets industriels : diminution du coût unitaire de 20% chaque fois que double la production cumulée.
    En revanche, les faiblesses sont connues:
    • La source est diluée (50-1000 W/m²), elle est à la fois périodique et aléatoire, elle ne se stocke pas facilement.
    • Le facteur de charge est faible (1 200 h d’ensoleillement correspondent à un taux d’utilisation de 14%).
    • Les rendements photovoltaïques des produits restent encore relativement faibles (7 à 20 %).
    Ces quelques caractéristiques simples ont des conséquences sociétales considérables.
    • L’énergie solaire photovoltaïque doit se comprendre dans le cadre d’un triple changement de paradigme :
    o le passage des énergies « stocks » aux énergies « flux » d’une part,
    o une grande égalité d’accès d’autre part,
    o une proximité démocratique (les consommateurs deviennent en même temps producteurs), donc une véritable rupture dans nos modes de raisonnement et la possibilité d’en finir avec les oligopoles de l’énergie.
    • En outre, elle ne peut pas être source de conflits armés prédateurs de territoires comme c’est le cas pour les énergies fossiles, mais seulement de guerres économiques (accès aux ressources minières de matériaux rares par exemple).
    • Le PV ne doit pas être vu comme une technologie supplémentaire pour construire des centrales électriques, en s’en remettant à un oligopole d’opérateurs, mais un moyen parmi d’autres de transformation de la société.
    • En outre, les enjeux ne portent pas tant sur le volume des puissances installées en France, mais – comme l’a montré l’Allemagne – sur la création d’industries innovantes, exportatrices et créatrices d’emplois locaux, pouvant contribuer à l’équilibre de la balance commerciale.
    • Les systèmes photovoltaïques ne suivent pas de véritable loi d’économie d’échelle dans leurs coûts d’installation. D’où l’inutilité économique de programmes de grandes centrales en plein champ. L’argument de l’aide à l’augmentation des volumes est fallacieux, il n’a valu que temporairement, dans le cadre d’un tarif très favorable entre 2006 et 2010.
    • Comme la production peut avoir lieu sur le site d’utilisation, à terme la « parité réseau » se mesurera en comparaison du tarif domestique, grâce à des compteurs réversibles. Il faut donc clairement distinguer les producteurs d’électricité de type « utilities » comme les centrales au sol dont l’objectif est de vendre cette électricité (l’ancien paradigme), et les utilisateurs qui auto consommeront toute leur production, et utiliseront le réseau comme un moyen de « stockage temporaire» qui contrebalance le déphasage entre production et consommation (le nouveau paradigme énergétique).
    • L’association du photovoltaïque avec le développement des bâtiments basse consommation (BBC), conduit naturellement à la notion de bâtiments à énergie positive (BPOS et ZEN).
    • Ses possibilités d’installations décentralisées sont sources d’emplois, avec une grande diversité d’approches. La révolution informatique de bureau suivie de l’internet qui ont cassé le monopole d’IBM des années 70, nous ont montré le chemin; à nous de répondre présents dans cette fabuleuse révolution pour redonner confiance et espoir aux générations futures …
    • Concernant le stockage, dans un proche futur, les réseaux intelligents incluront la partie recharge de véhicules électriques : chargés au travail et déchargés en différé, les véhicules «transporteront» l’énergie solaire du midi vers le soir, rendant ainsi à la collectivité à la pointe de 19h, un service d’usage autre que le seul transport.
    • Malgré une relative stagnation des rendements photovoltaïque, des progrès considérables peuvent encore être faits pourvu que la recherche fondamentales sur les nouveaux matériaux (cellules multi spectrales, absorption à deux photons, couches minces, etc…), et les recherches appliquées pour leur mise en œuvre industrielle soient accompagnées de façon structurée et pérenne.
    Concernant les aspects stratégiques européens:
    Les énergies renouvelables produites localement (Hydraulique, PV, Eolien, Biomasse), bien qu’elles aient bondi de 60% en 12 ans, n’entrent qu’à hauteur de 12% dans la consommation énergétique finale des 27. L’objectif de 20% pour dans huit ans va être très dur à atteindre. Sur le plus long terme, d’après Greenpeace, à condition de réduire la demande d’énergie de 40% d’ici 2050, le gisement d’ENR sur le continent pourrait satisfaire 92% des besoins énergétiques.
    La hausse du prix correspondant ne serait pas un problème majeur pour l’économie européenne prise dans son ensemble : elle correspondrait à un transfert de richesse entre les consommateurs et les producteurs, certains d’entre eux étant d’ailleurs les mêmes (autoconsommation photovoltaïque par exemple). Mais c’est loin d’être le cas, puisque l’importation d’énergie n’a cessé d’augmenter. En effet, malgré une consommation globale orientée à la baisse ces dernières années (1703 Mtep en 2011 pour 1711 Mtep en 1999), la décrue de la production d’énergies fossiles sur le territoire est si rapide que la dépendance vis-à-vis de l’extérieur s’accroît fortement.
    Associée au renchérissement de l’énergie (+100 % en 16 ans alors que l’indice général des prix n’a augmenté que de 40% sur la même période), cela a une traduction terrible dans la balance des comptes : en 1999 les 27 avaient importé pour 84 milliards d’euros d’énergie (1% du PIB) et en 2011, on en était à 488 milliards (4% du PIB). Sachant en outre qu’un emploi « coûte » 30 000 €/an en moyenne, le déficit énergétique de l’Europe représente l’équivalent de 16 millions d’emplois, alors que l’union compte 23 millions de chômeurs…
    Il y a donc urgence à accélérer la transition énergétique pour trois bonnes raisons : lutter contre les dérèglements climatiques, rééquilibrer notre commerce extérieur, et créer des emplois locaux.
    Alain RICAUD

  8. bravo pour la rédaction de ce texte, il illustre très bien les ressentis, le malaise dans la filière.

  9. Plusieurs commentaires mentionnent la nullité de monsieur SARKOZI et son clone, pardon son clown !! monsieur HOLLANDE, cette constatation est normale, la majorité est issue de l’école nationale d’arnaque, dite E.N.A. , ils n’ont aucune formation et connaissance scientifique et technologique, de plus ils ne se documentent pas, car quand ils ont du temps de libre, ils courent les femmes, et de plus ils se laissent corrompent par les grands groupes financiers, pétroles, nucléaires.
    Moralité commençons par interdire tous les énarques de fonction publique, et remplaçons par des entrepreneurs, ingénieurs, commerçants, paysans aux finances, bref des gens normaux logiques et intelligents, seul façon de résoudre nos problèmes énergétiques et financiers.

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