Le financement public des renouvelables devrait progresser de 11% en 2027, à 10,67 milliards d’euros, d’après une délibération de la CRE.
Des charges tirées par les volumes soutenus
La Commission de régulation de l’énergie attribue l’essentiel de cette hausse à l’augmentation des volumes de production bénéficiant de dispositifs de soutien, notamment dans l’éolien, le solaire et le biométhane. Le régulateur rattache cette dynamique à la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui fixe la trajectoire française par filière.
Les charges de service public de l’énergie sont évaluées à 14,2 milliards d’euros pour 2027, contre 12,3 milliards d’euros pour le montant constaté en 2026, soit une progression de 16,7%. Dans ce total, la CRE présente 10,67 milliards d’euros de soutien aux énergies renouvelables à la charge du budget de l’État, après 9,06 milliards d’euros déboursés en 2026.
Pour l’électricité renouvelable et la cogénération au gaz naturel en France hexagonale, la CRE prévoit une hausse d’un milliard d’euros en 2027 par rapport à la prévision actualisée pour 2026. Cette progression provient principalement de 9,7 TWh supplémentaires de production soutenue.
Le biométhane ajoute 300 millions d’euros
Le soutien à l’injection de biométhane dans les réseaux gaziers augmenterait de 300 millions d’euros en 2027. La CRE explique cette évolution avant tout par une hausse de 1,6 TWh des volumes soutenus.
Les dispositifs concernés compensent l’écart entre les conditions de marché et les tarifs ou compléments de rémunération garantis aux producteurs. Dans l’électricité, ces charges couvrent notamment les achats effectués à prix bonifié par EDF et d’autres acheteurs obligés pour la production issue d’installations renouvelables.
Selon la présentation générale de la CRE sur les charges de service public de l’énergie, les opérateurs déclarent leurs charges constatées avant le 31 mars et leurs charges prévisionnelles avant le 30 avril. L’évaluation annuelle du régulateur doit s’inscrire dans le calendrier budgétaire de l’État avant le 15 juillet.
Une part affectée aux zones non interconnectées
La part des charges non financée directement par le budget de l’État atteint 3,56 milliards d’euros. Elle est couverte par une fraction de l’accise sur l’électricité payée par les consommateurs et affectée aux zones non interconnectées.
Ces territoires ne sont pas raccordés au réseau électrique principal de la France métropolitaine, en raison de leur caractère insulaire ou de leur isolement, comme la Guyane. Les charges correspondantes financent notamment la péréquation tarifaire, afin d’appliquer aux consommateurs de ces zones un prix de l’électricité équivalent à celui de l’Hexagone malgré des coûts de production plus élevés.
Dans les zones non interconnectées, les charges de service public regroupent aussi les surcoûts d’achat de l’électricité renouvelable supportés par EDF Systèmes Énergétiques Insulaires, Électricité de Mayotte et Électricité et Eau de Wallis-et-Futuna, selon le périmètre décrit par la CRE.





