Dans sa dernière lettre d’information, l’Agence internationale de l’énergie estime que les tensions sur les approvisionnements transitant par le détroit d’Ormuz pourraient accélérer la volonté des pays de couvrir davantage leurs besoins énergétiques par des ressources domestiques. Une dynamique qui donne un nouvel élan à l’électrification, déjà en forte progression dans le monde.
Pompes à chaleur, véhicules électriques, procédés industriels électrifiés : l’électrification s’impose de plus en plus comme l’un des leviers majeurs de la sécurité énergétique. Selon l’AIE, les investissements dans ce domaine progressent d’environ 15 % par an. Cette tendance contribue à la hausse rapide de la demande mondiale d’électricité, qui a augmenté l’an dernier plus de deux fois plus vite que la demande globale d’énergie.
La crise actuelle au Moyen-Orient, avec les perturbations possibles des flux énergétiques via le détroit d’Ormuz, renforce cette tendance. Les pays importateurs cherchent à réduire leur exposition aux marchés internationaux du pétrole et du gaz, en misant davantage sur les renouvelables, le nucléaire, l’efficacité énergétique et les usages électriques. L’AIE souligne que les investissements réalisés au cours de la dernière décennie dans ces domaines ont déjà amélioré la sécurité énergétique des grandes régions importatrices de combustibles fossiles.
Mais cette dynamique reste inégale. L’électrification progresse lorsque les infrastructures, les prix de l’énergie et les conditions de financement sont favorables. Elle ralentit en revanche lorsque persistent des obstacles liés au coût des équipements, à la capacité des réseaux ou aux risques technologiques.
L’AIE prépare d’ailleurs un rapport spécial sur les moyens d’accélérer l’électrification afin de porter la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie de 20 % aujourd’hui à 35 % en 2035. Ce travail a été commandé par les présidences turque et australienne de la COP31.
En Europe, l’agence considère que l’électrification est devenue un enjeu central de sécurité énergétique, de compétitivité, d’accessibilité des prix et de réduction des émissions. La crise énergétique pourrait ainsi améliorer la compétitivité relative des technologies électriques, à condition que les politiques publiques permettent de lever les freins encore existants.
L’AIE rappelle enfin que près de 60 % des investissements énergétiques mondiaux devraient être orientés en 2026 vers des projets liés à l’électricité. Un signal fort : « l’âge de l’électricité » n’est plus une perspective lointaine, mais une tendance déjà engagée.





