« La filière photovoltaïque craint d’être éclipsée »

LiberationLe journal libération, a publié sous ce titre, lundi 9 décembre, un article de Coralie SCHAUB que nous reproduisons ci-dessous.

« Solaire. Un groupe de travail sur l’autoproduction se réunit ce lundi [9 décembre] au ministère de l’Ecologie.

Vive inquiétude parmi les professionnels du solaire. Invités par le ministère de l’Ecologie à un «groupe de travail sur l’autoproduction de l’électricité renouvelable», qui se réunit pour la première fois aujourd’hui, ils contestent une méthode «inadaptée» qui conduirait à un résultat «écrit d’avance». Comprenez «pour tuer le sujet dans l’œuf». Dans une tribune publiée mardi sur Mediapart, ils affirment qu’il est «hors de question de s’engager dans une vraie fausse concertation»«les PME sont sous-représentées, les parlementaires et les maires ne sont pas invités, les associations de consommateurs et celles de défense de l’environnement sont ignorées».

Ils en appellent au ministre Philippe Martin pour qu’il intervienne. L’enjeu selon eux : la préparation de la future loi sur la transition énergétique… et la place qu’y tiendront les énergies renouvelables. Alors que le principal dispositif de soutien – les tarifs d’achat garantis – est sur la sellette, et que la filière photovoltaïque est décimée (8 000 emplois contre 25 000 en 2010), l’autoproduction – souvent appelée autoconsommation – apparaît comme une alternative.

Circuit court. L’idée est simple : consommer tout ou partie de l’électricité verte que l’on produit, à l’échelle d’un bâtiment, d’un quartier ou d’une commune. En Allemagne, plus de 90% de la production des panneaux solaires installés sur les supermarchés y est ainsi déjà autoconsommée.

Ce modèle de «circuit court» permettrait de diminuer les pertes liées au transport d’électricité, serait moins coûteux pour la collectivité et correspondrait aux attentes des consommateurs. Sauf qu’aujourd’hui, en France, où l’électricité coûte deux fois moins cher qu’outre-Rhin, il n’est pas rentable. Un particulier, une entreprise ou une collectivité a le droit de consommer ses propres électrons, mais quasiment personne ne le fait, car il est bien plus avantageux de les revendre à EDF.

Mais même en France, l’électricité pas chère, c’est bientôt fini. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) prévoit une hausse des prix de 30% d’ici à 2017. Le Sénat table, lui, sur une hausse de 50% d’ici à 2020. Parallèlement, le prix de l’électricité photovoltaïque a été divisé par trois en cinq ans et continue de baisser.

De sorte que l’on s’approche de la «parité réseau». «Nous avons environ deux ans à tenir avant d’être compétitifs, estime Thierry Mueth, le président d’Enerplan, qui regroupe 160 PME du solaire. On pourra se passer de toute aide d’ici à 2017. Mais durant cette période de transition, nous avons besoin d’être accompagnés, avec une participation extrêmement faible de l’Etat».

Révolution. Sur le papier, c’est donc une affaire qui roule. Mais alors pourquoi les professionnels s’inquiètent-ils tant, malgré le discours apaisant du ministère, selon lequel promis juré, «rien n’est écrit d’avance» ? Parce que l’autoconsommation suppose une révolution : le passage d’un modèle énergétique centralisé et nucléariste dominé par de grands groupes à un modèle décentralisé accordant plus de pouvoir aux citoyens et aux collectivités. Et qu’elle entraînerait aussi une perte de chiffre d’affaires pour EDF. D’où de fortes résistances.

«Le tout puissant directeur de l’énergie de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), assiste au conseil d’administration d’EDF, pointe un acteur du solaire. Donc le fait que cette DGEC pilote la concertation et rédige le rapport final ne nous rassure pas du tout…». Coralie SCHAUB »

Pour signer la tribune cliquez ici

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4 Commentaires

  1. En France comme en Allemagne le prix de vente n’est pas lié au coût et la fin de l’histoire le montrera bien aux héritiers de toutes nos lâchetés.
    S’ajoute qu’elle est plus cher en Allemagne pour les particuliers et petites entreprises mais pas pour les électro-intensifs. Une idée brillante (faire payer aux petits l’addition de la transition de ceux qui ne la font pas) qui a vécu puisque l’Europe est en train d’y mettre son nez (ce qui est prudent car on pourrait finir par y mettre leurs têtes).
    Les caisses étant vides, pas la peine d’aller chercher les ascensions vertueuses, il faut juste se contenter d’être un peu patient. Stéphane L’HOMME fait une très bonne news mensuelle indirectement sur ce sujet.
    Cordialement JMRobin

  2. « Ce modèle de «circuit court» permettrait de diminuer les pertes liées au transport d’électricité, serait moins coûteux pour la collectivité et correspondrait aux attentes des consommateurs. »
    De qui se moque t’on !? Qu’elle différence PHYSIQUE il y a entre autoconso et vente de la totalité ? AUCUNE !
    Sur de la vente, les électron passent par le compteur de production et reviennent dans la maison si on consomme ! Donc c’est 100% identique à l’autoconso sans batteries !! Sauf que l’auto conso ne passe pas par un compteur subventionné.
    Mais dire que cela va décharger le réseau c’est faire croire que mon électricité du toit se sauve très loin de ma maison pour ne pas y revenir, alors qu’elle y va en priorité si je consomme car :
    L’ELECTRICITE VA TOUJOURS AU PLUS COURT CHEMIN LA OU ON L’APPELLE !
    Y a t’il des intervenants intelligents quelque part en France ? On peut se le demander vu le tapage qui est fait sur l’auto conso…
    Quant à le faire avec des batteries, c’est hors de prix par rapport au prix du kWh sur les factures de ménages même sur 10 ans à venir et cela ne relancera pas la filière PV, bien au contraire ! Plus aucun particulier de voudra investir dans 10.000€ pour 1 ou 2k de PV + batteries pour gagner des clopinettes et l’amortir en plus de 20 ans !! Faites des calculs et par pitié, qu’on arrête cette masturbation sur l’auto conso !
    Je paye 450€ d’élec par an, En imaginant que l’auto-conso me donne 80% de mes besoins, avec un install 3K+batteries à 15.000€ au moins, faites le calcul de retour sur investissement avec les hausse à venir… Ca tient pas la route sur de la rénovation !

  3. l’auto-consommation ne serait viable en France qu’en étant accompagnée par le rachat du surplus non consommé à un tarif qui reste à définir , en concertation avec les professionnels du secteur, ce système nécessite une transition , un accompagnement tarifaire, sans quoi la déception et le déclin du photovoltaique  » à la française » seront au rendez vous
    Attention au battage médiatique sur l’auto consommation qui reste un »piège » tendu par nos dirigeants qui leur permettrait de se désengager du secteur,de ne plus le soutenir tout en gardant la « tête haute »…

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