mardi, février 24, 2026
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La concertation se termine et les problèmes demeurent

L1020421 Le collectif « touche pas à mon panneau solaire » avait appelé, ce vendredi, à une manifestation, qui selon les organisateurs a rassemblé un millier de participants. Partie de Bercy en milieu de journée elle a rejoint le lieu de la dernière séance de concertation boulevard Vincent Auriol. Il faut remonter aux débuts des années 80 pour trouver trace d’une manifestation de soutien à l’énergie solaire, à l’époque c’était le chauffe-eau solaire qui avait été sacrifié sur l’autel de l’électricité nucléaire. Les participants à cette manifestation étaient des salariés du solaire, dont une délégation de Photowatt, mais aussi des chefs d’entreprises et des représentants d’associations.

Tandis que la manifestation se poursuivait à l’extérieur du bâtiment, faisant entendre ses clameurs jusque dans l’intérieur de la salle, la cinquantaine de participants à la concertation réagissaient à la diffusion mercredi du pré-rapport Charpin-Trink. Le long tour de table à permis à toutes les organisations de renouveler leurs propositions trop peu reprises, à leurs sens, dans le rapport. Si une quasi-unanimité s’est faite sur la qualité du document, beaucoup on regretté qu’il apparaisse comme un « compte rendu de réunion » sans véritable prise de position, sauf quand il s’agit de soutenir les propositions de l’administration. Beaucoup de participants ont regretté une inégalité de traitement entre les chiffres avancés par les services de l’Etat, qui apparaissent en bonne place dans le document, et les contre-propositions qui seront reléguées en annexes.  

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On distinguera les éléments nouveaux suivants :

Pour les ONG, Maryse Arditi et Marc Jedliska on demandé que l’on vote sur les six propositions qui avaient déjà obtenu un large consensus. Par exemple le fait de raisonner en dépense CSPE et non en MW recueille un accord unanime. Cette demande reformulée par d’autres intervenants ne sera finalement pas retenue par le président Charpin.

André Antolini, fait remarquer « qu’il y a un grand absent dans le rapport, c’est le tarif d’achat». « Si la baisse du tarif était supérieure à 10%, cela serait inacceptable »

Pour Arnaud Mine, la parité réseau arrivera bien avant 2020, et il faut se préparer dès maintenant à construire une filière exportatrice, car le marché deviendra mondial et massif.

Le représentant de Veolia considère que c’est une erreur de ne pas raisonner en termes de rentabilité des projets pour fixer les tarifs d’achat : « Nous sommes le seul pays à ne pas le faire » (Ce point de vue est partagé entre autres par Marc Jedliska). Enfin pourquoi exclure d’augmenter la CSPE ?

Ariane Venin, mets en cause EDF EN, et maintien « posséder des preuves » sur le mélange des genres entre EDF et ses filiales.

Paris Mouratoglou ne comprend pas ces attaques. Son entreprise est la seule qui a soutenu Photowatt en commandant à celle-ci 30 MW sur 3 ans à des prix supérieurs à ceux du marché. Par ailleurs EDF EN est actionnaire et fait vivre 10 entreprises, qui font de la R&D, alors que le groupe ne possède que 25% de part de marché sur le PV, bien moins que dans de nombreux pays ou il « est très bien accueilli »

Pour Daniel Bour, le rapport Charpin-Trink, envisage plusieurs scénarii, mais à la fin c’est toujours celui de la DGEC (ministères) qui est finalement retenu. Le PDG de SUNCO, qui a créé 500 emplois en trois ans, fait remarquer que le marché des particuliers est déjà en recul de 50 %. Pour les grandes toitures le rapport entretien le flou absolu et pour les centrales au sol, les propositions du rapport excluent de fait les PME. Daniel Bour pense que le solaire « fera partie du bilan » et qu’il faudra le moment venu rendre des comptes devant les Français.

Hadrien Clement aurait aimé avoir une réponse à sa question posé lors de la dernière réunion sur la centrale de Beaucaire d’une puissance de 260 MW alors que la limite est normalement fixée à 12 MW. Il est, selon lui, facile d’établir un ratio économique pour évaluer la rentabilité d’un projet. Les appels d’offre prévus par le rapport seront réservés aux grands groupes.

Yann Maus renouvelle son souhait d’un volume minimal de 800 MW/an et plaide une fois de plus pour la mise en œuvre de mesures protectionnistes comme le font de très nombreux pays dans le monde.  Les fermes au sol doivent être limitées à 12 MW

Pour Eric Vincent, au nom de GDF Suez, il faut éviter que les projets mis en instance par le moratoire ne boquent le système, « il faut donner une chance aux projets nouveaux ». Par ailleurs Eric Vincent propose que les PTF soient tacitement acceptées si ERDF ne répond pas dans les délais.

Richard Loyen d’Enerplan, regrette que la troisième voie, celle qui prévoit de porter le marché à 800 MW par an ne soit pas détaillée dans le rapport.

Jean-Pierre Fleury de la FNSEA, considère que le problème de la CSPE n’est pas traité sur le fond. « Le photovoltaïque va investir la sphère politique, c’est d’un choix de société qu’il s’agit ». La répartition des volumes qui donne une priorité au centrales au sol (200 MW/an contre 150 MW/an pour le résidentiel et 150MW/an pour les grandes toitures) n’est pas acceptable. « Il faut conserver les terrains pour les applications agricoles ». Sur la parité réseau, le rapport « prend le problème à l’envers ». La sortie du moratoire sera très délicate.

Pour Thierry Miremont de Photowatt, si le moratoire n’est pas la cause du plan social que subissent les salariés, il y a contribué. En effet l’entreprise a perdu 40 % de son plan de charge cette année. Un volume de marché de 800 MW/an est indispensable à l’entreprise. Thierry Miremont pronostique des difficultés à venir chez les encapsuleurs.

Thierry Lepercq considère que ce rapport montre que l’Etat ne croit pas en l’avenir du photovoltaïque. C’est peut-être une très bonne nouvelle. Ce sont aux entreprises de se prendre en charge et de relever le défi …

André Joffre rappelle les difficultés pour financer les projets pourtant détenteurs d’une PTF, en effet les banques souhaitent avoir des garanties sur la date d’achèvement des travaux. Ce point est relayé par André Antolini qui demande « que se passe-t-il lorsqu’on dépasse d’un jour le délai imparti pour réaliser les travaux ? »

Deux députés de la commission des affaires économiques assistaient aux travaux, il s’agit de Mme Geneviève Fioraso, députée socialiste de l’Isère et Serge Poignant, président de la commission et député UMP de Loire-Atlantique.

Mme Fioraso a été particulièrement sévère sur le projet de rapport, tant sur la méthode employée que sur le contenu. Selon la députée de l’Isère lorsqu’on a mis autant d’argent dans la R&D il faut consolider avec l’industrie or « les modèles des PME-PMI, n’est pas la culture des grands corps de l’Etat ». Ce qui explique selon elle la mauvaise compréhension des petites entreprises. Le problème de l’augmentation de la CSPE est un sujet réel, en période de pouvoir d’achat érodé, « on peut envisager une taxe sur le nucléaire qui est amorti ». En conclusion, elle se prononce pour l’organisation d’un débat parlementaire.

Pour Serge Poignant, s’il y a des difficultés c’est parce que le gouvernement n’a pas mis en place assez tôt un groupe de travail pour anticiper les problèmes. « Il faut éliminer la spéculation, bien sûr, mais 500 MW/an c’est intenable ». « Le marché en 2011 et 2012 sera certainement de 1000 MW/an, on ne peut pas ensuite passer à 500 MW en 2013 ». Serge Poignant annonce que les deux rapporteurs MM Charpin et Trink seront auditionnés la semaine prochaine par la commission des affaires économiques.

En concluant les débats Jean-Michel Charpin, réfute une erreur de méthode. « Chaque rapport est différent ». Le rapport définitif sera bouclé la semaine prochaine et transmis aux ministres. Il est prévu que le projet de décret soit, lui,  transmis par l’administration au cabinet du ministre « lundi ou mardi prochain». Les délais devraient donc être respectés pour que le décret puisse être publié avant le 9 mars.

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4 Commentaires

  1. Ce qui est intéressant de noter, c’est que le projet de décret est déjà écrit, alors que le rapport définitif de la concertation n’a pas encore été transmis… On le savait déjà, la concertation était qu’un écran de fumée !!

  2. On ne nous dit pas tout…
    Ou plutôt on (EDF EN) nous ment de façon insidieuse!
    Pour preuve, voici les paroles de Mr Mouratoglou (reprises dans votre article) se posant en ardent défenseur (et sauveur?) de l’industrie française et de Photowatt en particulier :
    « Paris Mouratoglou ne comprend pas ces attaques. Son entreprise est la seule qui a soutenu Photowatt en commandant à celle-ci 30 MW sur 3 ans à des prix supérieurs à ceux du marché. Par ailleurs EDF EN est actionnaire et fait vivre 10 entreprises, qui font de la R&D, alors que le groupe ne possède que 25% de part de marché sur le PV, bien moins que dans de nombreux pays ou il est très bien accueilli »
    Or nous nous sommes procurés un document datant de janvier 2011 de pré-consultation de EDF EN de différents systèmes d’intégration afin de répondre à leur objectif de détenir en propre 500MWc de centrales photovoltaïques (cf ci-dessous la présentation succincte de l’activité et des objectifs de EDF EN dans ce document) mais EXCLUSIVEMENT avec des panneaux SUNTECH fournis par EDF EN. Soit plusieurs centaines de MWc devant être installés à très court terme, avec des panneaux chinois, contribuant fortement à ce que la CSPE finance effectivement l’industrie solaire chinoise et plombant un peu plus notre balance commerciale.
    En résumé, EDF EN :
    – s’accaparera une grande partie des volumes annuels que l’état nous allouera généreusement pour les prochaines années
    – importera en masse des panneaux chinois, accréditant la thèse de l’Etat de financement de l’industrie chinoise (qui sont les actionnaires de EDF EN?)
    – s’enrichira grâce aux revenus générés pendant 20 ans par les projets détenus en propre, bénéficiant de tarifs d’achat très élevés (par ex la centrale de 260MWc déposée la veille du moratoire…)avec un cout d’investissement « optimisé » par l’emploi massif de panneaux chinois
    – verra sans doute le cours en bourse de son action monter et renforcera sa position dominante
    Le plus fort dans tout cela, c’est que dans le même temps, les tarifs d’électricité augmentent soit disant financer le solaire, pour le plus grand profit de l’actionnaire unique de EDF EN.
    Jusqu’à quand l’ensemble de la profession mais aussi l’Etat (sujet sensible!), la Commission Européenne, les citoyens allons nous accepter cette situation? A quand une médiatisation de ces dérives et méthodes « maffieuses »?
    « Spécialiste des énergies renouvelables, EDF Energies Nouvelles est un leader de la production d’électricité verte. L’entreprise a une présence diversifiée, géographique et de métiers qui fait sa force.
    L’activité Solaire Photovoltaïque :
    EDF Energies Nouvelles, qui poursuit son développement dans le solaire photovoltaïque à un rythme soutenu, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, dispose, au 30 juin 2010, d’une capacité installée de 142,2 MWc bruts (120 MWc nets), soit une croissance de 76% par rapport au 31 décembre 2009. Le Groupe, qui développe des fermes au sol ainsi que des projets en toiture, dispose en outre, au 30 juin 2010, de 234,1 MWc bruts en construction (pour compte propre et compte de tiers). Au total, les capacités en service ou en construction s’élèvent à 376,3 MWc bruts/ 258,2 MWc nets au 30 juin 2010 en ligne avec l’objectif du Groupe d’atteindre une capacité installée de 500 MWc nets d’ici fin 2012.
    Pour atteindre cet objectif de 500 MWc nets fin 2012 dans le solaire photovoltaïque, EDF Energies Nouvelles s’appuie sur les ressources et les compétences internes du groupe mais aussi sur des partenaires fiables, partageant les mêmes valeurs et pouvant l’accompagner dans son développement.
    EDF EN recherche un système photovoltaïque bâti pour 4 segments d’utilisation :
    – Hangars agricoles sur charpente métalique
    – Ombrières parking sur charpente métalique
    – Toiture avec raccord tuile / ardoise sur charpente bois avec chevrons et liteaux
    – Toiture terrasse
    Les modules utilisés sont des modules Suntech Pluto 195Wc obligatoirement fournis directement par EDF EN, dont le descriptif est fourni en Annexe 1.

  3. Je ne suis pas très au courant des tenants et aboutissants de ces histoires, mais il me semble qu’à partir du moment où un business (en l’occurrence le business du photo voltaïque ici) ne peut exister et survivre en France uniquement que parce qu’il est largement subventionné, il ne faut pas se plaindre ensuite que le pourvoyeur de ces subventions fixe les règles (fussent-elles débiles) et joue à ce qu’il veut.
    Si un business ne peut pas tenir sans subvention et sans intervention de l’état, c’est que quelque chose ne va pas dans son modèle. Faut faire autre chose ou repenser le modèle. Les manifestations en question auraient un sens si l’état n’était pas, d’une façon déguisée, l’employeur de toutes ces entreprises…

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