D’après des calculs AFP, les fortes chaleurs et l’arrivée de méduses à Gravelines ont porté mercredi matin les indisponibilités environnementales d’EDF à un record.
Treize réacteurs concernés au pic du matin
Peu avant 10h00 mercredi 12 août, la puissance indisponible pour « contraintes environnementales » ou « causes externes liées à l’environnement » a atteint 20,4% du parc nucléaire d’EDF, d’après des calculs réalisés à partir des données publiées par l’électricien depuis 2015. Le précédent pic portait sur 12 réacteurs dans la nuit du 14 au 15 juillet.
Au total, 13 réacteurs étaient concernés mercredi matin. Huit tranches étaient totalement arrêtées, Bugey 3, Cattenom 1, Chooz 1 et 2, Golfech 2, Gravelines 2, 3 et 4, tandis que cinq autres fonctionnaient à puissance réduite, Saint-Alban 2, Tricastin 1 et 4, Gravelines 1 et 6.
Gravelines concentre l’aléa lié aux méduses
La majeure partie de la puissance manquante provient de Gravelines, plus grande centrale d’Europe occidentale, implantée sur le littoral de la mer du Nord. Cinq de ses six réacteurs ont été affectés par des indisponibilités fortuites, totales ou partielles, après l’arrivée de plusieurs tonnes de méduses dans les stations de pompage utilisées pour prélever l’eau de mer nécessaire au refroidissement.
EDF a indiqué mardi que l’épisode avait déclenché l’arrêt automatique des unités 3 et 4, conduit à l’arrêt de l’unité 2 et à une réduction préventive à 50% de la puissance de l’unité 1, sans conséquence déclarée sur la sûreté, le personnel ou l’environnement. Selon EDF, la centrale de Gravelines dispose de six réacteurs à eau pressurisée de 900 MWe et a produit 32,27 TWh en 2025.
Les unités 1 et 6 étaient revenues à pleine puissance autour de 10h00, tandis que Gravelines 5 restait en arrêt programmé pour maintenance. EDF avait présenté le 29 juin un dispositif renforcé de surveillance des méduses, avec un partenariat de 1,5 million d’euros sur trois ans avec France Pêche Durable et Responsable et un appui de la SNSM évalué à 30 000 euros par an.
Chaleur, sécheresse et limites de rejet
Hors Gravelines, les arrêts et baisses de charge sont liés aux fortes chaleurs et à la sécheresse, qui modifient la température ou le débit des cours d’eau utilisés par les centrales. Le parc nucléaire français compte 57 réacteurs, qui assurent environ 70% de la production nationale d’électricité, et tous sont installés en bord de fleuve ou de mer afin de refroidir les installations.
Lorsque les débits diminuent ou que la température des cours d’eau augmente, EDF peut être amené à réduire ou interrompre la production afin de respecter les limites environnementales applicables aux rejets. Ces contraintes portent sur les effluents chimiques ou radioactifs, ainsi que sur l’échauffement supplémentaire provoqué par le rejet des eaux de refroidissement.
La sensibilité du parc à ces paramètres environnementaux intervient alors que la disponibilité des tranches reste une variable centrale pour l’équilibre électrique. Dans son Bilan prévisionnel 2025, RTE indiquait que la cible de production communiquée par EDF pour 2026 et 2027 restait comprise entre 350 et 370 TWh, en incluant l’EPR de Flamanville.
Pour Gravelines 2, la reconnexion au réseau était prévue mercredi à 23h00.
A 19h45, ce mercredi soir le prix du marché spot de l’électricité a atteint 461,17€/MWh





