Maxime Amblard (Rassemblement National) : « Notre priorité, c’est la souveraineté énergétique »

À l’occasion du colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), organisé le 29 septembre, les représentants de plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont présenté leur vision de la politique énergétique française. Tecsol-Quotidien publiera dans les prochains jours, par ordre alphabétique, une série consacrée à leurs interventions. Premier volet aujourd’hui avec Maxime Amblard, représentant du Rassemblement national et de Marine Le Pen. 

Maxime Amblard a défendu une stratégie énergétique centrée sur la souveraineté, le nucléaire et la baisse du prix de l’électricité. S’il affirme vouloir sortir des énergies fossiles et atteindre la neutralité carbone du système énergétique en 2050, il propose en revanche d’arrêter le développement de l’éolien et du photovoltaïque en France, tout en soutenant d’autres renouvelables comme l’hydraulique, la géothermie, la biomasse, le solaire thermique ou le biogaz.

Pour Maxime Amblard, le point de départ est la dépendance persistante de la France aux hydrocarbures, qui représentent encore environ 60 % du mix énergétique. Le pétrole et le gaz importés pèsent, selon lui, à la fois sur la balance commerciale et sur la souveraineté du pays. L’objectif supérieur du programme de Marine Le Pen est donc de garantir une énergie « abondante, soutenable et abordable ».

Priorité au nucléaire et aux énergies pilotables

Le représentant du RN affirme vouloir évaluer les différentes sources d’énergie selon trois critères : disponibilité au moment où la consommation en a besoin, soutenabilité économique et environnementale, et coût complet pour les ménages et les entreprises.

Selon lui, la France dispose d’un avantage particulier avec le nucléaire, l’hydraulique, la géothermie, le biogaz, la biomasse ou encore les pompes à chaleur. Il considère en revanche que l’éolien et le photovoltaïque, du fait de leur variabilité, ne devraient plus constituer une priorité dans le système français.

Il s’appuie notamment sur l’histoire du programme nucléaire lancé après le choc pétrolier, période durant laquelle la France a fortement accru sa production d’électricité tout en réduisant sa consommation de pétrole et de charbon.

« Arrêter de développer l’éolien et le photovoltaïque »

C’est la position la plus tranchée de son intervention. Maxime Amblard appelle explicitement à arrêter le développement de l’éolien et du photovoltaïque en France.

Il estime que le pays dispose déjà de capacités électriques importantes, qu’il exporte une quantité significative d’électricité et qu’une partie du potentiel du parc nucléaire existant pourrait encore être mobilisée. À cela doivent s’ajouter, selon lui, les futurs réacteurs nucléaires.

Il conteste également le bilan économique des politiques de soutien à l’éolien et au solaire menées depuis vingt ans, estimant que les dépenses publiques engagées n’ont pas permis de réduire suffisamment la dépendance française au pétrole et au gaz.

Faire baisser le prix de l’électricité pour électrifier

Pour Maxime Amblard, la difficulté principale n’est pas aujourd’hui un manque de production électrique mais une électrification trop lente des usages.

Il estime que ménages et entreprises ne basculeront vers l’électricité que si celle-ci devient durablement plus compétitive. Le RN propose ainsi de revenir, pour la consommation intérieure française, à un prix national régulé sur dix ans, fondé sur les coûts de production des différentes filières. Les échanges internationaux resteraient, eux, inscrits dans le marché européen.

L’objectif affiché est de donner davantage de visibilité aux particuliers et aux industriels souhaitant remplacer des usages fossiles par des usages électriques.

TVA à 5,5 % sur l’énergie

Sur le pouvoir d’achat, Maxime Amblard considère que l’énergie est un bien de première nécessité. Il défend donc une TVA à 5,5 % sur l’ensemble des énergies.

En période de forte hausse des carburants, il propose également de réduire certaines taxes afin de protéger le pouvoir d’achat des ménages et d’éviter, selon lui, un blocage de l’activité économique.

Concernant les certificats d’économies d’énergie (CEE), le RN souhaite profondément revoir le dispositif, voire le réintégrer dans le budget de l’État, sans pour autant abandonner l’objectif d’efficacité énergétique qui lui est associé.

« Créer l’intérêt économique avant de contraindre »

Maxime Amblard refuse une transition reposant d’abord sur des obligations imposées aux ménages. Sa logique consiste à rendre économiquement avantageux le passage à l’électricité avant de demander aux consommateurs de modifier leurs équipements ou leurs véhicules.

Il insiste ainsi sur la nécessité de réduire et stabiliser le prix de l’électricité pour accélérer l’électrification des logements, des transports et de l’industrie.

Des renouvelables, mais pas seulement éoliennes et solaires

Dans sa conclusion, Maxime Amblard insiste sur le fait que le RN ne rejette pas toutes les énergies renouvelables. Il cite les pompes à chaleur, la biomasse, la géothermie, le solaire thermique et le biogaz, ainsi que l’hydraulique.

Selon les projections qu’il présente pour le programme énergétique de Marine Le Pen, environ 50 % de la consommation énergétique serait électrique en 2050. L’électricité serait très majoritairement nucléaire, complétée notamment par l’hydraulique et la biomasse, tandis que la chaleur ferait largement appel aux renouvelables.

Maxime Amblard avance ainsi pour 2050 une répartition de 40 % d’énergies renouvelables et 60 % de nucléaire, avec comme ligne directrice une énergie présentée comme souveraine, abordable et soutenable.

La stratégie défendue par le Rassemblement national repose donc sur une orientation très différente de celle du SER : renforcement massif du nucléaire, arrêt du développement de l’éolien et du photovoltaïque, soutien aux renouvelables pilotables et à la chaleur renouvelable, baisse du prix de l’électricité et électrification des usages, avec l’objectif affiché de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de réindustrialiser la France.

Maxime Amblard (Rassemblement National) : « Notre priorité, c’est la souveraineté énergétique »
Christophe Béchu (Horizons) : « Sortir des énergies fossiles impose de jouer à la fois la carte du nucléaire et des renouvelables »
Karim Benbrahim (Parti Socialiste) : « Sortir des fossiles d’ici 2050 suppose d’investir massivement dans les renouvelables »
Julien Chartier (Les Républicains) : « Notre désaccord ne porte pas sur les renouvelables, mais sur l’argent public »

Cyrielle Chatelain (Les Écologistes) : « Il faut sortir des fossiles et aller vers 100 % de renouvelables »
Jean-Luc Fugit (Renaissance) : « Opposer renouvelables et nucléaire n’a aucun sens »
Thomas Pellerin-Carlin (Place Publique) : « Donner enfin de la visibilité à la transition énergétique »
Aurélie Trouvé (La France Insoumise) : « Le maître mot, c’est la planification »

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