La start-up Carbon veut créer une gigafactory à Fos-sur-Mer pour produire 10 millions de panneaux photovoltaïques tricolores chaque année, composants inclus. Pour que le projet soit viable, elle doit s’associer au fabricant chinois Longi.
Le soleil brille sur toute la planète, mais seule la Chine fabrique la technologie pour l’exploiter. Voilà, en forçant à peine le trait, l’état de la filière photovoltaïque mondiale. Qui se souvient qu’il y a vingt ans, soit la préhistoire à l’échelle des énergies renouvelables, l’Europe dominait le marché de la fabrication des panneaux solaires ? Puis – l’histoire est bien connue -, la tendance s’est largement inversée à force de délocalisations européennes et de soutiens publics chinois.
Désormais, la Chine maîtrise l’ensemble de la chaîne et l’Europe importe. Nous dépendons d’elle à 79 % pour les panneaux assemblés, à 94 % pour les cellules photovoltaïques qui les composent, et à 100 % pour les plaquettes – ou « wafers » – supportant le tout. Sans compter que l’industrie chinoise produit 70 % du silicium dans le monde, matière première indispensable à l’énergie photovoltaïque pour ses propriétés conductrices. Bref, l’Europe a remplacé sa dépendance aux énergies fossiles par une sujétion tout aussi marquée dans les technologies renouvelables. Sa prise de conscience tardive et le sursaut de quelques industriels peuvent-ils encore changer la donne ?







