En quelques jours, trois signaux politiques majeurs ont convergé : le plan d’électrification des usages de Sébastien Lecornu, le rapport Lévy-Tuot auquel mylight150 a contribué via LUCIOLE et le SER, et l’arrêté finalisant le cadre tarifaire du surplus solaire. Pour les acteurs de l’autoconsommation, c’est un changement de paradigme. Le modèle économique de la maison productrice d’énergie vient d’être consacré par la puissance publique.
Les 21 millions de ménages en maison individuelle représentent 20 % de la consommation d’énergie finale du pays. 95 % d’entre eux possèdent au moins une voiture. Leur consommation se concentre sur trois usages – eau chaude, chauffage, mobilité – et 80 % d’entre elle est pilotable automatiquement. C’est précisément sur ce gisement de flexibilité que convergent les trois signaux réglementaires de la semaine.
Un basculement du modèle de valorisation
L’arrêté S21, présenté cette semaine en CSE, entérine un tarif de rachat du surplus à 1,1 ct/kWh. Ce niveau ne rémunère plus la production injectée : il consacre définitivement l’autoconsommation comme modèle dominant. La valeur n’est plus dans ce qu’on revend au réseau – elle est dans ce qu’on consomme au bon moment. C’est exactement la logique que le rapport Lévy-Tuot – auquel mylight150 a contribué via LUCIOLE et en tant que responsable du GT Autoconsommation au SER – traduit en recommandations fiscales : TVA à 5,5 % sur les batteries résidentielles, prêt à taux zéro pour les installations combinant solaire et stockage. Des outils qui solvabilisent précisément les équipements qui maximisent l’autoconsommation.
Le pilotage intelligent, maillon manquant de l’électrification massive
Le plan Lecornu cible le remplacement du parc : un million de pompes à chaleur par an, deux voitures neuves sur trois électriques d’ici 2030. Mais l’électrification des usages ne produit son plein effet que si la consommation est synchronisée avec la production -solaire en milieu de journée, heures creuses structurelles liées au développement des renouvelables en Europe.
Une pompe à chaleur pilotée intelligemment – qui chauffe davantage quand l’électricité est abondante et peu chère, et réduit sa consommation aux heures de pointe – permet une baisse de 30 % de la facture de chauffage. Un véhicule électrique rechargé sur production solaire fait le plein à coût nul. Mieux : certains dispositifs de pilotage permettent de participer à l’équilibre du réseau et de générer des revenus de flexibilité complémentaires.
« Combien ça coûte de ne pas passer à l’électricité ? »
Pour les ménages déjà équipés, la réalité est documentée : 350 € économisés en 8 mois pour un foyer combinant VE et PAC pilotés, des revenus de flexibilité automatiques mensuels pour les installations en autoconsommation. « On parle beaucoup du coût de la transition énergétique. Mais pour les ménages qui ont électrifié leurs usages et appris à consommer au bon moment, la facture a baissé, parfois de plusieurs centaines d’euros par an. La vraie question n’est plus « est-ce que ça coûte trop cher de passer à l’électrique ? » C’est « combien ça coûte de ne pas y passer ? » précise Ondine Suavet, fondatrice et CEO de mylight150, responsable du GT Autoconsommation au SER.





