samedi, mars 7, 2026
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Saint-Charles 2.0 : La renaissance d’un projet collectif, participatif et solidaire

Après
Joffre - Font -  Pescla réussite de Saint-Charles1 qui a vu les toitures de Saint
Charles International se recouvrir de tuiles solaires photovoltaïques (9
MWc), le projet utérin Saint-Charles2 a avorté suite au moratoire de
décembre 2010 et au changement de conditions. Qu'à cela ne tienne, les
responsables du PESC (Pôle Economique Saint-Charles) ont de la suite
dans les idées et refusent l'inéluctable. Ils viennent de relancer leur
projet solaire en s'appuyant sur la notion d'autoconsommation de
l'énergie solaire produite. Avec en prime une composante solidaire forte
… Explications !

Une bonne idée ne meurt jamais et finit toujours par s'imposer. Il en
est ainsi du projet solaire Saint-Charles2 en gestation depuis trois ans
et rebaptisé à présent Saint-Charles 2.0 pour son côté participatif. «
Pour relancer la machine, nous avons dû faire preuve d'innovation avec
le concours d'André Joffre (à droite sur la photo) et du bureau d'études Tecsol. Nous sommes
partis sur un nouveau modèle économique qui met en avant
l'autoconsommation et la maîtrise de l'énergie » s'enthousiasme Jacques
Font (à gauche sur la photo), président du PESC.

La solution par l'innovation

De quoi s'agit-il ? Après le succès de l'opération solaire
Saint-Charles1 sur les toitures de Saint-Charles International, le PESC,
toujours en partenariat avec la société Solaire France, avait pour
projet de rééditer la même opération. Une petite sœur jumelle en somme !
43 sociétés représentant 90 000m² s'étaient ainsi positionnées dès 2010
pour troquer leurs vieilles toitures souvent en amiante d'ailleurs
contre les fameuses tuiles Solaire France. Les décisions du gouvernement
de l'époque et notamment un moratoire dirimant au développement de la
filière en ont décidé autrement. Pendant dix-huit mois, le projet est
demeuré en sommeil sur fond d'instabilité réglementaire. Une léthargie
active cependant, André Joffre en vigie des opportunités à saisir.
Aujourd'hui, le tarif d'achat du kWh solaire pour des installations
intégrées simplifiées entre 36 et 100 kWc (360 et 1000 m²) ne dépasse
guère 17,50 centimes. Pis encore, il sera revu à la baisse dans quelques
jours. Pour les installations comprises entre 100 et 250 kWc (1000 et
2500 m² environ), les maîtres d'ouvrages sont obligés de passer par des
systèmes chronophages et complexes d'appels d'offres où seul le prix
apparaît comme juge de paix. A ces niveaux de tarifs, les rentabilités
sont loin de créer l'émulation chez les maîtres d'ouvrage du PESC. On
les comprend. Mais il était dit que ce projet solaire devait se réaliser
malgré les vents contraires !

L'imminence de la parité réseau

« Est-il aujourd'hui opportun de passer par un tarif d'achat si bas et
si contraignant ?» s'est interrogé André Joffre après une analyse fine
de l'évolution du marché. En effet, deux données nouvelles viennent
redistribuer les cartes. En 2015, la fin des tarifs administrés de
l'électricité sera synonyme d'une augmentation de 30% du kWh électrique à
horizon 2015, source de la Commission de Régulation de l'Energie, une
autorité indépendante et même d'une hausse de 50% d'ici 2020 selon le
Sénat. En parallèle, les prix des modules photovoltaïques ont été
divisés par 3 ces dix-huit derniers mois. Une électricité qui flambe,
des modules de plus en plus bon marché, il n'en faut pas plus pour
accélérer l'imminence de la parité réseau c'est-à-dire le moment où
l'électricité solaire sera au même prix que celle du réseau. «
L'autoconsommation devient peu à peu une évidence. Nous allons être les
premiers en France à l'expérimenter à grande échelle sur ce projet
collectif Saint-Charles 2.0. Les propriétaires exploitants vont utiliser
l'électricité solaire pour leur activité, les propriétaires bailleurs
vont de leur côté pouvoir la vendre à leur locataire. On sort d'une
logique financière appuyée par des fonds de pension pour aller vers une
logique plus entrepreneuriale, plus patrimoniale » constate André Joffre
qui dispose du soutien de l'Ademe et de la Région Languedoc-Roussillon
dans cette opération.

L'autoconsommation dans une logique entrepreneuriale et patrimoniale

« Avec des propriétaires autoproducteurs d'électricité solaire sur leur
propre toit, nous sommes fidèles aux modèles des circuits courts comme
dans l'agriculture » renchérit Jacques Font. Des réunions ont déjà eu
lieu avec des propriétaires très à l'écoute du nouveau dispositif. Peu à
peu, le projet prend forme. Dans une première étape, des études vont
être menées pour connaître les consommations des bâtiments avec un
premier objectif : La maîtrise de l'énergie. Tant il est vrai que
l'énergie la plus efficace est encore celle qui n'est pas consommée. Ces
cartographies permettront donc d'étalonner le niveau de courant
absorbé. « Nous dimensionnerons alors le solaire en fonction d'une base
de consommation sans jamais atteindre la surproduction. L'essentiel de
ce qui est produit devra être consommé. De nombreux entrepôts dédiés à
l'activité fruits et légumes sont par exemple dotés de frigos qui
fonctionnent 24h/24h, sept jours sur sept. Les besoins sont constants.
Nous allons travailler à calibrer tout cela pour l'optimiser au mieux »
poursuit Jean-Yves Quinette, spécialiste ès photovoltaïque au bureau
d'études Tecsol.


Le surplus donné aux Restos du Coeur

Quid d'une entreprise qui consomme en semaine et qui reste fermer le
week-end sans avoir de besoins constants ? Que fait-elle du surplus de
courant généré ? « Ce surplus sera bien sûr à la marge. Cependant, il ne
justifiera en rien une demande de contrat d'achat fastidieuse et
dispendieuse. C'est là que nous lançons le concept de Solaire Solidaire.
Les kWh qui seront réinjectés dans le réseau pourraient être donnés aux
Restos du Cœur afin d'aider les nombreuses familles en précarité
énergétique, plus de huit millions en France, et ce via un système de
bons » indique Jacques Font qui espère par la même casser l'image d'un
solaire photovoltaïque spéculatif.
La prochaine réunion avec les propriétaires du PESC se tiendra début
octobre. Les études financées par l'Ademe à 50% voire 75% devraient
s'échelonnées jusqu'au début de l'année 2013. L'année 2013 sera celle de
la réalisation du projet. Les investissements devraient être soutenus
par la Région via le fonds Feder et sont garantis par la Banque
Européenne d'Investissement qui a mis à disposition un fonds de 400
millions d'euros en partenariat avec les banques régionales que sont la
Banque Populaire du Sud, la Caisse d'Epargne et le Crédit Agricole Sud
Méditerranée. « A travers notre démarche collective et avec l'effet
d'échelle induit, nous devrions obtenir de bons prix sur le matériel et
pour les travaux pour lesquels nous privilégions les entreprises locales
» conclut Jacques Font, en adepte invétéré des circuits courts.

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Le tarif jaune retarde l'autoconsommation

Pour les très grosses entreprises qui ont des besoins importants et qui
ont accès aux tarifs jaunes (8 centimes d'euros le kWh), ces tarifs
préférentiels représentent pour l'heure un frein à l'autoconsommation.
Ainsi et dans un premier temps, l'électricité sera revendue au réseau au
tarif T5 de 10,50 centimes avant de basculer dans trois ou quatre ans
vers l'autoconsommation une fois la parité réseau atteinte. Juste une
question de temps avant d'autoconsommer !

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7 Commentaires

  1. 1. L' »autoconsommation » sera possible le jour où la demande coïncidera, à la seconde près, à l’offre. A moins que d’ici là, nos concitoyens changent radicalement leurs habitudes de consommation et leur comportement, ou que des solutions (économiques) de stockage de l’électricité ne fassent leur apparition.
    2. La « parité » deviendra réalité lorsque le kWh aura (au moins) doublé, soit +100 %, ce qui d’un point de vue politique est strictement inenvisageable.
    D’ici là, « autoconsommation » et « parité » resteront des mots sans aucune réalité économique.
    N’en déplaise aux théoriciens ou aux affairistes du PV…………..

  2. Cela signifie que le tarif d’achat que edf paie pour acheter l’électricité produite par un générateur photovoltaïque va encore baisser.
    Cela ne fait que baisser tous les 3 mois depuis mars 2011
    Très Bien pour le prix du matériel d’un générateur photovoltaïque qui baisse lui aussi. Mais fait mourir de nombreuses sociétés :((
    Mais la baisse du prix de M² posé ou du watt crête posé devient de plus en plus intéressante dans l’autoconsommation.
    Et cela c’est très bon pour nos factures EDF!!! Car pour moi la parité réseau, nous y sommes. Il faut juste payer le prix du wc à sa juste valeur.

  3. Pour répondre à Steph, les tarifs de rachat de l’électricité photovoltaique baissent tous les trimestres, et donc ils vont à nouveau baisser à la fin du mois de septembre.

  4. « les propriétaires bailleurs vont de leur côté pouvoir la vendre à leur locataire. »
    Le montage juridique va être acrobatique vu que l’activité de revente d’électricité sèche est interdite en France…

  5. @ Tilleuil. C’est vrai, on n’a pas le droit de REvendre de l’électricité achetée à EDF mais par contre rien n’empêche de la Vendre, à condition qu’elle soit produite sur la parcelle ou le bâtiment où est situé le client. C’est par exemple le cas de l’électricité produite par un groupe électrogène ou une installation solaire… Mais il ne faut en aucun cas passer sur le domaine public, pour traverser une route par exemple.

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