mardi, février 24, 2026
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Sur France Inter, Anne Lauvergeon tempère l’enthousiasme autour du solaire

Dans son nouvel ouvrage Un secret si bien gardé (Grasset), Anne Lauvergeon, ancienne présidente d’Areva, tire la sonnette d’alarme sur la gestion d’EDF et la stratégie énergétique française. Invitée sur France Inter, elle dénonce un paradoxe : la France dispose d’un parc nucléaire puissant, mais ne l’exploite pas à son plein potentiel. Résultat, les prix de l’électricité ont explosé (+120 % en dix ans) faisant vaciller ménages, artisans et entreprises industrielles.

« Nous avons la capacité de produire davantage, mais nous nous en privons », martèle l’ingénieure, en s’appuyant sur le facteur de charge des réacteurs français : 67 %, contre 95 % pour les meilleurs exploitants mondiaux. Autrement dit, EDF ne tire pas pleinement profit de ses installations. « C’est mathématique : produire plus permettrait de baisser les prix », insiste-t-elle.

Cette situation est d’autant plus problématique que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit des investissements colossaux — entre 300 et 400 milliards d’euros — pour développer de nouveaux réacteurs et les énergies renouvelables.

Sur ce point, Anne Lauvergeon se montre critique envers l’enthousiasme autour du solaire :
« Quand on dit formidable, on va faire plein de solaire partout… je rappelle que le solaire est aujourd’hui à 100 % chinois. L’industrialisation en Europe n’a pas eu lieu. » Elle souligne le risque de dépendance technologique et le manque de stratégie industrielle sur ce segment, pourtant au cœur des politiques climatiques.

Si Lauvergeon défend un mix électrique reposant sur le nucléaire et l’hydraulique — « une électricité à 90 % décarbonée » —, elle fustige le manque de transparence sur le potentiel inexploité du parc existant. Elle pointe aussi le bras de fer entre la France et la Commission européenne, qui bloque tout nouvel investissement dans les barrages hydrauliques, essentiels au stockage.

Favorable à une stratégie de long terme, elle appelle à sortir des affrontements idéologiques. « Il ne s’agit pas d’un règlement de comptes », affirme-t-elle. « Il s’agit de souveraineté énergétique, de compétitivité et de transition climatique. »

Son message est clair : la France dispose des moyens pour redevenir une puissance électrique compétitive. À condition d’oser produire plus.

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12 Commentaires

  1. « je rappelle que le solaire est aujourd’hui à 100 % chinois »
    → Cette phrase en autre prouve qu’elle ne connaît pas le solaire.
    Alors ces avis, hein …

  2. « je rappelle que le solaire est aujourd’hui à 100 % chinois »
    → Cette phrase en autre prouve qu’elle ne connaît pas le solaire.
    Alors ces avis, hein …

  3. « je rappelle que le solaire est aujourd’hui à 100 % chinois »
    → Cette phrase en autre prouve qu’elle ne connaît pas le solaire.
    Alors ces avis, hein …

  4. « je rappelle que le solaire est aujourd’hui à 100 % chinois »
    → Cette phrase en autre prouve qu’elle ne connaît pas le solaire.
    Alors ces avis, hein …

  5. Deux remarques :
    1. RTE vient d’alerter sur les conséquences de la surproduction électrique française sur le réseau de transport et l’obligation dans laquelle elle se trouve de mettre en place de coûteux mécanismes de financement des compensations liées aux prix négatifs. Produire encore plus me semble sans grand intérêt par les temps qui courent (nous avons exporté 90 TWh en 2024, record historique).
    2. Les investissements prévus sur le nucléaire visent à remplacer le parc historique qui se rapproche doucement de sa fin d’exploitation. Cela ne fera pas davantage de production mais vise à maintenir la production actuelle, avec sans doute un petit bonus pour suivre l’électrification des usages (cf. point 1 : l’électrification en question ne cavale pas à toute allure et nous sommes en avance sur elle).
    3. L’industrialisation PV en Europe a bel et bien déjà eu lieu, rappelons qu’en 2010 l’industrie PV européenne – notamment allemande – était la plus puissante du Monde. Mais tout ces actifs industriels ont filé en Chine,sans doute à la recherche de meilleures marges…
    Et ça fait trois remarques ;o).

  6. Deux remarques :
    1. RTE vient d’alerter sur les conséquences de la surproduction électrique française sur le réseau de transport et l’obligation dans laquelle elle se trouve de mettre en place de coûteux mécanismes de financement des compensations liées aux prix négatifs. Produire encore plus me semble sans grand intérêt par les temps qui courent (nous avons exporté 90 TWh en 2024, record historique).
    2. Les investissements prévus sur le nucléaire visent à remplacer le parc historique qui se rapproche doucement de sa fin d’exploitation. Cela ne fera pas davantage de production mais vise à maintenir la production actuelle, avec sans doute un petit bonus pour suivre l’électrification des usages (cf. point 1 : l’électrification en question ne cavale pas à toute allure et nous sommes en avance sur elle).
    3. L’industrialisation PV en Europe a bel et bien déjà eu lieu, rappelons qu’en 2010 l’industrie PV européenne – notamment allemande – était la plus puissante du Monde. Mais tout ces actifs industriels ont filé en Chine,sans doute à la recherche de meilleures marges…
    Et ça fait trois remarques ;o).

  7. Deux remarques :
    1. RTE vient d’alerter sur les conséquences de la surproduction électrique française sur le réseau de transport et l’obligation dans laquelle elle se trouve de mettre en place de coûteux mécanismes de financement des compensations liées aux prix négatifs. Produire encore plus me semble sans grand intérêt par les temps qui courent (nous avons exporté 90 TWh en 2024, record historique).
    2. Les investissements prévus sur le nucléaire visent à remplacer le parc historique qui se rapproche doucement de sa fin d’exploitation. Cela ne fera pas davantage de production mais vise à maintenir la production actuelle, avec sans doute un petit bonus pour suivre l’électrification des usages (cf. point 1 : l’électrification en question ne cavale pas à toute allure et nous sommes en avance sur elle).
    3. L’industrialisation PV en Europe a bel et bien déjà eu lieu, rappelons qu’en 2010 l’industrie PV européenne – notamment allemande – était la plus puissante du Monde. Mais tout ces actifs industriels ont filé en Chine,sans doute à la recherche de meilleures marges…
    Et ça fait trois remarques ;o).

  8. Deux remarques :
    1. RTE vient d’alerter sur les conséquences de la surproduction électrique française sur le réseau de transport et l’obligation dans laquelle elle se trouve de mettre en place de coûteux mécanismes de financement des compensations liées aux prix négatifs. Produire encore plus me semble sans grand intérêt par les temps qui courent (nous avons exporté 90 TWh en 2024, record historique).
    2. Les investissements prévus sur le nucléaire visent à remplacer le parc historique qui se rapproche doucement de sa fin d’exploitation. Cela ne fera pas davantage de production mais vise à maintenir la production actuelle, avec sans doute un petit bonus pour suivre l’électrification des usages (cf. point 1 : l’électrification en question ne cavale pas à toute allure et nous sommes en avance sur elle).
    3. L’industrialisation PV en Europe a bel et bien déjà eu lieu, rappelons qu’en 2010 l’industrie PV européenne – notamment allemande – était la plus puissante du Monde. Mais tout ces actifs industriels ont filé en Chine,sans doute à la recherche de meilleures marges…
    Et ça fait trois remarques ;o).

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