Alors que les débats s’intensifient à l’Assemblée nationale autour de la loi de programmation énergétique, le groupe socialiste et apparenté a dévoilé ce mercredi sa propre stratégie. Au cœur de leur vision : faire des énergies renouvelables le pilier central de la transition vers un mix décarboné et résilient d’ici 2050.
Une accélération drastique pour rattraper le retard
Constatant un « retard inquiétant » dans le déploiement des énergies renouvelables, les socialistes appellent à une montée en puissance immédiate du solaire, de l’éolien – terrestre comme en mer – et de l’hydroélectricité. La période 2024–2038 est jugée cruciale pour combler les lacunes actuelles et éviter un « effet falaise » énergétique lié au vieillissement du parc nucléaire.
Le plan repose sur une croissance forte des capacités renouvelables pour garantir l’approvisionnement énergétique tout en réduisant les émissions. Les députés insistent sur le potentiel du photovoltaïque en toiture, la valorisation de l’hydroélectricité – notamment à travers les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) – et la nécessité de débloquer les projets freinés par les contentieux européens.
Un mix équilibré et pilotable
Les socialistes refusent que le nucléaire prenne toute la place dans la future Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Ils dénoncent le choix du gouvernement et du rapporteur Antoine Armand de ne pas fixer d’objectifs chiffrés pour les renouvelables, au profit d’un objectif global « d’énergie décarbonée » où le nucléaire prédomine.
À rebours de cette approche, ils défendent l’inscription explicite d’objectifs par filière dans la loi, comme le prévoient les engagements européens. « Sans cela, le nucléaire risque d’absorber l’ensemble du budget carbone et des investissements publics », alertent-ils.
Cap sur 2050 avec les technologies de demain
Au-delà de 2038, les socialistes envisagent un basculement du système énergétique vers un mix dominé par les ENR, soutenus par des innovations de stockage, des réseaux flexibles et les interconnexions européennes. Le recours aux petits réacteurs modulaires (SMR), à la fusion ou à l’hydrogène ne sera envisagé qu’en fonction de leur maturité technologique et de leur pertinence économique.
Enfin, la stratégie repose aussi sur la sobriété énergétique et l’électrification des usages, considérées comme des leviers essentiels pour maximiser l’impact des ENR.
Un appel à l’équilibre dans le débat parlementaire
Alors que les amendements adoptés en commission réduisent la place des renouvelables dans la proposition de loi, les socialistes entendent réintroduire une vision équilibrée. Objectif : garantir une trajectoire claire et soutenable pour les ENR dans la future politique énergétique française.





