vendredi, février 20, 2026
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Tribune d’Édouard Roblot dans Les Echos « Le solaire n’a pas besoin d’aide, il a besoin de stabilité »

Edouard Roblot Idex

Édouard Roblot, directeur des énergies solaires chez Idex

Filière incontournable pour la transition énergétique, le solaire subit de plein fouet une instabilité législative qui freine son développement. Dans cette tribune, Édouard Roblot, directeur des énergies solaires chez Idex, plaide pour une réglementation stable, débarrassée des idées reçues et alignée sur les réalités industrielles du terrain. Pour lui, le solaire n’a pas besoin d’aide, mais d’un cap clair et durable.

La France s'est dotée d'une stratégie ambitieuse pour accélérer la transition énergétique, pour rompre avec les énergies fossiles qui sont les principales responsables du réchauffement climatique. Outre l'efficacité énergétique, cette stratégie s'appuie sur une ressource incontournable, notre électricité décarbonée, et sur un levier qui s'est avéré efficace, la planification.

Mais aujourd'hui, une filière qui incarne cette transition – le solaire – se retrouve prise au piège de l'inconstance législative. Le solaire est un levier essentiel pour notre souveraineté énergétique et notre compétitivité. Il est rentable sans subvention, rapide à déployer, massivement créateur d'emplois. Les projets d'usines pour produire les panneaux solaires dont nous allons avoir besoin fleurissent dans le pays. Et pourtant, malgré cette équation sans ombre, cette filière d'avenir se trouve aujourd'hui entravée par une instabilité réglementaire qui jette le trouble chez les commanditaires, freine les projets et met sous tension une industrie en plein essor.

Le récent épisode de la proposition de loi Grémillet - qui a vu un moratoire sur les énergies renouvelables être voté à l'Assemblée nationale avant d'être finalement rejeté – a illustré à quel point le débat politique n'est pas apaisé sur ces sujets. Pire, il devient une caisse de résonance à des contrevérités qu'il est urgent de corriger.

Des mythes à corriger

Mythe n° 1 : « La France peut se passer des renouvelables. » C'est factuellement faux. Le nucléaire a eu et jouera toujours un rôle clé dans l'énergie en France. Mais notre parc actuel vieillit et ne suffira bientôt plus à couvrir nos besoins en électricité. Or, il faut au minimum quinze ans pour construire une nouvelle centrale nucléaire, contre 18 mois pour mettre en service une centrale photovoltaïque sur un parking. On estime que les seuls parkings français représentent un potentiel de 15 à 20 GW d'énergie solaire – l'équivalent de plusieurs réacteurs nucléaires. Avec une acceptabilité sociale élevée : ce modèle s'appuie sur des surfaces déjà artificialisées, valorise notre foncier, et répond à de multiples besoins : ombrager les véhicules, protéger les usagers des intempéries, embellir les zones commerciales, déployer des bornes de recharge électrique. Ne pas miser sur cette capacité d'action rapide est une faute stratégique pour la France et un désastre pour les Français.

Depuis plusieurs années, le solaire connaît une dynamique économique exceptionnelle

Mythe n° 2 : « Le solaire coûte cher aux finances publiques. » Là encore, c'est faux. Dans le passé, le solaire a coûté cher aux finances publiques. Aujourd'hui, une couverture solaire de parking livre de l'électricité à prix fixe sur 30 ans autour de 110 euros par mégawattheure – bien en dessous des 140 euros par mégawattheure que les entreprises paient actuellement sur le marché, un prix pourtant considéré comme un point bas. Et cette électricité est produite localement, sans bruit, sans émission, sans importation de combustible. Grâce à des opérateurs comme Idex, spécialisé dans les infrastructures de décarbonation, les projets sont intégralement financés par des fonds privés : le client ne paie rien, mais bénéficie immédiatement d'une énergie décarbonée, moins chère, et souvent d'un loyer. Et cela ne coûte pas un euro d'argent public.

Fixer un cap lisible

Dans ce contexte, comment justifier que les règles changent tous les six mois ? La loi promulguée en mars 2023 n'a vu ses décrets publiés qu'à la fin de l'année 2024. Les acteurs n'ont eu que quelques mois pour se stabiliser avant d'être replongés dans l'inconnu. Déployer un système énergétique prend des années. Il exige de la visibilité, de la constance et une volonté politique claire. Faute de cela, nous ne ferons que ralentir une transition qui, pourtant, crée de la valeur pour tous : pour les entreprises, pour les citoyens, pour les territoires. Depuis plusieurs années, le solaire connaît une dynamique économique exceptionnelle. Il attire des investissements privés massifs. Il structure une filière industrielle française. Il génère des emplois non délocalisables. Il fournit une énergie propre, locale, compétitive.

À long terme, les contradictions politiques finiront balayées par l'évidence économique. Mais à court terme, les dommages sont bien réels. Ce que certains considèrent comme un simple débat d'amendements est un crève-cœur pour des milliers de salariés, d'ingénieurs, de chefs de projet, de techniciens, qui œuvrent au quotidien à rendre tangible la transition énergétique. Ce que nous demandons est simple. Clarifions la position du gouvernement. Harmonisons les textes. Fixons un cap lisible, sans remise en question permanente. Et surtout, faisons confiance à ceux qui ont fait la preuve qu'ils pouvaient produire une énergie renouvelable, compétitive, et accessible, sans subvention ni dogme. Le solaire n'a pas besoin d'aide. Il a besoin de stabilité.

Les site web Les Echos

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15 Commentaires

  1. Bonjour,
    On n’entant plus parler de l’espagne mais la production solaire etait de entre 15 et 30 euros du megawatt alors quand france on est sur du 110 euros du megawatt. pourquoi une telle diffrence sachant que l’on avait des operateurs francais sur ces marchés?
    Ce qui me gene c’est que le nucléaire est à 65 euros du mégawatt avec des multinationnale qui n’ont pas pour habitude de faire des prix bas.

  2. Bonjour,
    On n’entant plus parler de l’espagne mais la production solaire etait de entre 15 et 30 euros du megawatt alors quand france on est sur du 110 euros du megawatt. pourquoi une telle diffrence sachant que l’on avait des operateurs francais sur ces marchés?
    Ce qui me gene c’est que le nucléaire est à 65 euros du mégawatt avec des multinationnale qui n’ont pas pour habitude de faire des prix bas.

  3. Bonjour,
    On n’entant plus parler de l’espagne mais la production solaire etait de entre 15 et 30 euros du megawatt alors quand france on est sur du 110 euros du megawatt. pourquoi une telle diffrence sachant que l’on avait des operateurs francais sur ces marchés?
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  4. Bonjour,
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  5. Bonjour,
    On n’entant plus parler de l’espagne mais la production solaire etait de entre 15 et 30 euros du megawatt alors quand france on est sur du 110 euros du megawatt. pourquoi une telle diffrence sachant que l’on avait des operateurs francais sur ces marchés?
    Ce qui me gene c’est que le nucléaire est à 65 euros du mégawatt avec des multinationnale qui n’ont pas pour habitude de faire des prix bas.

  6. Dans le prix de 110 euros/MW il y a le coût de l’ombrière pour moitié environ qui rend un vrai service en plus de la production d’énergie.
    Avez vous déjà essayé de vous garer sous une centrale nucléaire ?
    Par ailleurs ce prix de revient du nucléaire est une farce totale rien que sur Inkley Point on est à plus de 100 euros/MWh et le projet est loin d’être fini. Par ailleurs ne sont jamais comptés correctement les budgets capes en dérapage constants, les coûts collatéraux, pour assurer la stabilité d’approvisionnement du combustible, les couts complets futurs du traitement des déchets, l’usage des STEP à l’exploitation couteuses pour stabiliser le réseau …

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    Avez vous déjà essayé de vous garer sous une centrale nucléaire ?
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  8. Dans le prix de 110 euros/MW il y a le coût de l’ombrière pour moitié environ qui rend un vrai service en plus de la production d’énergie.
    Avez vous déjà essayé de vous garer sous une centrale nucléaire ?
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  10. Dans le prix de 110 euros/MW il y a le coût de l’ombrière pour moitié environ qui rend un vrai service en plus de la production d’énergie.
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