Dans une tribune au « Monde », un collectif de climatologues, d’économistes et d’anciens ministres d’horizons politiques divers appellent les parlementaires à s’opposer au projet de loi sur la refonte de l’Ademe, qui reviendrait à avaliser sa dissolution progressive. Ils soulignent ses contributions en matière de protection de l’environnement mais aussi de pouvoir d’achat, de sécurité et de souveraineté.
Dans un contexte conjoncturel de remise en question des politiques environnementales à l’échelle internationale, une menace sidérante apparaît dans le calendrier parlementaire : le démantèlement progressif de l’Agence de la transition écologique (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe).
L’avant-projet de loi « visant à renforcer l’Etat local, à articuler son action avec les collectivités territoriales et à sécuriser les décideurs publics » prévoit, en son article 7, « l’intégration des délégations régionales de l’Ademe au sein des Dreal [directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement] ». La moitié des effectifs de l’agence serait mis à disposition d’office dans les services déconcentrés de l’Etat. Ce projet de loi devrait être présenté au conseil des ministres, le 13 mai. Dans le même temps, de nouvelles restrictions budgétaires sont également envisagées pour cette agence au rôle pourtant essentiel depuis des décennies.
A l’heure où la souveraineté énergétique (mais aussi en matières premières) est devenue l’une des priorités stratégiques de la France, l’Ademe accompagne les collectivités et les acteurs économiques en matière de sobriété et de maîtrise de l’énergie, de prévention et de gestion des déchets. Elle pilote surtout depuis plusieurs années avec efficacité le fonds chaleur, l’un des dispositifs les plus pertinents pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées [3]. En encourageant le développement d’énergies renouvelables décarbonées et locales (en particulier dans les réseaux de chaleur et l’industrie), l’Ademe est créatrice d’emplois et de développement économique, et offre à des millions de Français une solution de chauffage à coût maîtrisé.
Cette efficacité dans l’utilisation de l’argent public pour protéger le pouvoir d’achat des Français en même temps que la planète a régulièrement été saluée par la Cour des comptes et par l’inspection générale des finances. Elle repose avant tout sur l’expertise technique et économique de ses services, dans une coopération permanente et optimisée avec les acteurs locaux.
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Pour signer la pétition « Contre la suppression des délégations régionales de l’ADEME »
Les signataires :
Jérémie ALMOSNI, délégué général de France Renouvelable ; Jean-Louis Bal, président d’Agir pour le climat; Delphine Batho, ancienne ministre de la transition écologique; Christophe Béchu, ancien ministre de la transition écologique; Jean-Michel Buf, président du conseil national de l’économie circulaire; Pierre-Yves Burlot, président d’organisation pour le renouveau économique par l’environnement – Orée; Jean-Francois Debat, président délégué de Villes de France; Christian De Perthuis, économiste, président de la chaire Economie du climat à l’université Paris-Dauphine; François De Rugy, ancien ministre de la transition écologique; Matthieu Fleury, président du comité interprofessionnel du bois énergie; Nicolas Garnier, délégué général de l’association nationale des collectivités et des acteurs locaux pour la transition écologique – AMORCE; Olga Givernet, ancienne ministre de l’énergie; Géraud Guibert, président d’honneur de la Fabrique Ecologique; Vincent Jacques le Seigneur, président d’Observ’ER; Chantal Jouanno, ancienne présidente de l’ADEME et secrétaire d’Etat à l’écologie; Jean Jouzel, vice-président du GIEC, Prix Nobel de la Paix 2007; Brice Lalonde, ancien ministre de l’environnement; Bernard Laponche, ancien directeur général de l’ADEME; Eric Lasne, président de l’association française pour la géothermie; Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement; Arnaud Leroy, ancien président de l’ADEME; Gérard Magnin, fondateur du réseau européen d’EnergyCities; Jean-Patrick Masson, président du cercle national du recyclage; Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du GIEC 2015-2023; Christian Mettelet, ancien directeur de l’ADEME; Serge Nocodie, vice-président du réseau de agences régionales de l’énergie et de l’environnement; Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables; Bertrand Pancher, président de Décider Ensemble; Agnès Pannier-Runacher, ancien ministre de la transition énergétique et écologique; Michele Pappalardo, ancienne présidente de l’ADEME; Antoine Pellion, ancien secrétaire général à la planification écologique; Brune Poirson, ancienne secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire; Jean Reverault, vice-président d’Intercommunalités de France; Dominique Voynet, ancienne ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement.
Lire la Tribune « Il ne faut pas démanteler l’ADEME, mais au contraire la renforcer ! »







Entièrement d’accord.
Faut-il une pétition nationale pour stopper ce gachis?