La dépêche publiée par AEF info met en lumière un phénomène longtemps resté diffus mais désormais central dans le débat énergétique français : la structuration, depuis 2020, d’un front organisé anti-énergies renouvelables et pro-nucléaire, qui entend peser durablement sur les choix publics et « gagner la bataille culturelle » de l’énergie.
Selon l’enquête d’AEF, ce réseau informel, sans existence juridique unifiée mais doté d’une répartition très précise des rôles, est parvenu à influencer profondément le calendrier et le contenu de la politique énergétique nationale. Son fait d’armes le plus visible reste le blocage répété de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), désormais retardée de plus de deux ans et demi, malgré plusieurs tentatives de publication en 2025.
Au cœur de ce dispositif, des figures bien identifiées comme Fabien Bouglé, essayiste et directeur de la revue Transitions et Énergies, ou Xavier Moreno, fondateur du think tank Cérémé. Autour d’eux gravitent des associations et structures aux missions complémentaires : production de scénarios énergétiques, argumentaires pro-nucléaires, contestation juridique de projets renouvelables ou encore diffusion audiovisuelle de contenus militants.
La dépêche décrit également la montée en puissance politique de ces discours en 2025, notamment lors de l’examen parlementaire de la proposition de loi Gremillet, qui a vu un rapprochement inédit entre la droite et l’extrême droite sur les questions énergétiques, jusqu’au vote d’un moratoire – finalement rejeté – sur les nouveaux projets d’énergies renouvelables.
AEF infos souligne enfin l’écho croissant rencontré par ces thèses auprès de certains décideurs publics, dans un contexte de contraintes budgétaires et de défense des intérêts économiques d’EDF. Une dynamique qui inquiète fortement les acteurs des filières renouvelables, à l’heure où la publication de la PPE demeure incertaine et où les arbitrages énergétiques s’annoncent décisifs à l’approche de 2027.





