mercredi, mars 11, 2026
spot_img

Un front structuré contre les énergies renouvelables, au cœur du débat énergétique français

La dépêche publiée par AEF info met en lumière un phénomène longtemps resté diffus mais désormais central dans le débat énergétique français : la structuration, depuis 2020, d’un front organisé anti-énergies renouvelables et pro-nucléaire, qui entend peser durablement sur les choix publics et « gagner la bataille culturelle » de l’énergie.

Selon l’enquête d’AEF, ce réseau informel, sans existence juridique unifiée mais doté d’une répartition très précise des rôles, est parvenu à influencer profondément le calendrier et le contenu de la politique énergétique nationale. Son fait d’armes le plus visible reste le blocage répété de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), désormais retardée de plus de deux ans et demi, malgré plusieurs tentatives de publication en 2025.

Au cœur de ce dispositif, des figures bien identifiées comme Fabien Bouglé, essayiste et directeur de la revue Transitions et Énergies, ou Xavier Moreno, fondateur du think tank Cérémé. Autour d’eux gravitent des associations et structures aux missions complémentaires : production de scénarios énergétiques, argumentaires pro-nucléaires, contestation juridique de projets renouvelables ou encore diffusion audiovisuelle de contenus militants.

La dépêche décrit également la montée en puissance politique de ces discours en 2025, notamment lors de l’examen parlementaire de la proposition de loi Gremillet, qui a vu un rapprochement inédit entre la droite et l’extrême droite sur les questions énergétiques, jusqu’au vote d’un moratoire – finalement rejeté – sur les nouveaux projets d’énergies renouvelables.

AEF infos souligne enfin l’écho croissant rencontré par ces thèses auprès de certains décideurs publics, dans un contexte de contraintes budgétaires et de défense des intérêts économiques d’EDF. Une dynamique qui inquiète fortement les acteurs des filières renouvelables, à l’heure où la publication de la PPE demeure incertaine et où les arbitrages énergétiques s’annoncent décisifs à l’approche de 2027.

Lire la dépêche…

Sur le même sujet

1 COMMENTAIRE

  1. L’opposition systématique entre ENR et nucléaire me paraît stérile et contre-productive.
    Le nucléaire est une filière historique en France, qui a démontré son sérieux et ses compétences, et personne ne peut nier son rôle dans notre système électrique actuel.

    Cela n’écarte toutefois pas les questions de fond à venir : vieillissement du parc, impossibilité de reconstruire les anciens réacteurs, incertitudes industrielles et calendaires des EPR, dépendance à l’approvisionnement en combustible, gestion et enfouissement des déchets, sans oublier les enjeux de sûreté et de sécurité, y compris face aux risques intentionnels.

    Mais au-delà de ces constats, le débat mérite surtout d’être porté à un niveau plus stratégique et projeté dans les décennies à venir. Que la France le veuille ou non, le XXIᵉ siècle sera celui de l’énergie solaire, du numérique et de l’intelligence artificielle, avec une vitesse de déploiement mondiale qui dépasse largement celle observée dans notre pays.

    Certes, certaines entreprises françaises sont particulièrement avant-gardistes, mais limiter volontairement la production d’énergie solaire sur le sol national et refuser d’accueillir des centres de données et d’IA constitue aujourd’hui une erreur stratégique, qui risque de se traduire demain par une perte de compétitivité, de souveraineté et d’innovation: au final une régression.

Répondre à PAT Chauvet Annuler la réponse

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

Derniers articles

- Advertisement -spot_img