Plus de 250 associations, syndicats et personnalités du monde environnemental alertent sur un projet de loi qui pourrait profondément transformer, voire fragiliser, l’Agence de la transition écologique (Ademe). Dans une tribune publiée par Le Nouvel Obs, ces acteurs dénoncent des dispositions qui, selon eux, conduiraient à une « extinction » progressive de cet organisme clé de la politique climatique française.
Au cœur des inquiétudes figure l’article 7 du projet de loi « visant à renforcer l’Etat local ». Celui-ci prévoit l’intégration des directions régionales de l’Ademe au sein des Dreal, placées sous l’autorité des préfets. Une telle réforme modifierait profondément la gouvernance de l’agence, en soumettant ses priorités à une logique administrative davantage liée au ministère de l’Intérieur qu’à ses missions techniques et environnementales. Par ailleurs, le texte introduit la possibilité de mutations imposées pour une partie des salariés, ce qui pourrait concerner jusqu’à un tiers des effectifs.
Pour les signataires, ces mesures reviendraient à démanteler progressivement le réseau territorial de l’Ademe, pourtant essentiel à son efficacité. Depuis sa création en 1992, l’agence s’appuie sur un maillage régional reconnu pour accompagner les collectivités et les entreprises dans leurs projets de transition écologique. Chaque année, plus de 8 000 initiatives bénéficient de son expertise et de ses financements, qu’il s’agisse de décarbonation industrielle, de développement des énergies renouvelables ou de mobilité durable.
Les auteurs de la tribune soulignent également le caractère maîtrisé du fonctionnement de l’Ademe, dont le budget opérationnel reste limité au regard des montants redistribués pour soutenir les projets. Dans un contexte de transition énergétique accélérée, ils appellent à préserver cet outil jugé indispensable, et demandent le retrait des dispositions contestées afin de maintenir une politique écologique ambitieuse et territorialisée.






