La publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2026-2035 fixe un cap clair : réduire fortement la dépendance de la France aux énergies fossiles en accélérant simultanément l’électrification des usages et le développement des énergies renouvelables. Dans ce cadre, le photovoltaïque est appelé à jouer un rôle central, comme en témoignent les analyses réunies dans le premier numéro des Cahiers de la transition.
Dans son éditorial, Nicolas Goldberg (Colombus Consulting) rappelle l’ampleur du défi : il s’agit d’engager une transformation profonde du système énergétique français sur la prochaine décennie.
Vers une sortie progressive des tarifs d’achat
Pour Frédéric Blanc (Groupe Silversun), la filière doit évoluer vers un modèle plus autonome : « L’énergie photovoltaïque doit se libérer du tarif de rachat pour dynamiser l’économie de nos territoires ». Une position qui traduit une volonté de sortir des mécanismes historiques de soutien pour favoriser des logiques de marché et de valorisation locale.
Le solaire, pilier de la décarbonation industrielle
Ludivine Courtot (Groupe Le Triangle) met en avant le rôle structurant du solaire pour l’industrie : « Combiné au stockage, le solaire va s’imposer comme un levier de la décarbonation de l’industrie ». Le couplage avec des solutions de stockage apparaît ici comme un facteur clé pour répondre aux besoins énergétiques des sites industriels.
Agrivoltaïsme et souveraineté
Sylvain Frédéric (Enervivo) insiste sur l’importance de l’agrivoltaïsme :
« L’agrivoltaïsme sera incontournable pour soutenir notre souveraineté alimentaire et énergétique ». Cette approche illustre la convergence entre production d’énergie et enjeux agricoles.
Une transformation des modèles économiques
Pour Josselin Noire (Dome Solar), la mutation est inévitable :
« Le modèle économique de la filière va se transformer, et c’est nécessaire ».
Une évolution également soulignée par Simon Ducasse (Enryk), qui critique une approche encore trop centrée sur l’offre : « On prend le problème à l’envers en cherchant à diversifier et augmenter l’offre sans travailler sur l’amélioration de la demande ».
Un déploiement inéluctable mais à structurer
Vincent Delporte (HoloSolis) estime que la trajectoire est désormais tracée :
« Le déploiement massif et rapide de l’énergie solaire est inéluctable ».
De son côté, Anne-Sophie Bailbled (Arkéa Banque Entreprises & Institutionnels) souligne le rôle des nouveaux modèles : « Les projets d’autoconsommation permettent d’anticiper les défis de demain avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui ».
Une filière à un tournant
Au-delà de la diversité des points de vue, un consensus se dégage : le photovoltaïque entre dans une nouvelle phase. Moins dépendante des aides publiques, plus intégrée aux usages et aux territoires, la filière doit désormais relever un défi d’industrialisation et d’adaptation du système électrique.
La PPE 2026-2035 ne marque pas seulement une accélération quantitative. Elle ouvre une transformation structurelle du solaire français, désormais au cœur des enjeux de souveraineté énergétique.





