Dans un entretien accordé à La Tribune le 30 juillet, Thomas Moreau, président de Rexel France, alerte sur l’ampleur des besoins électriques qui accompagneront la réindustrialisation du pays, le développement de l’intelligence artificielle et l’essor des data centers. Pour le dirigeant, la question n’est plus de savoir si la consommation d’électricité va augmenter, mais comment la France pourra répondre à cette demande croissante tout en préservant une électricité compétitive.
Une demande électrique appelée à croître fortement
Selon Thomas Moreau, les projets de data centers annoncés en France représentent à eux seuls près de 10 GW de puissance, soit l’équivalent de la puissance moyenne que la France exporte aujourd’hui. À cette demande s’ajouteront les besoins liés à l’électrification de l’industrie, estimés entre 15 et 25 GW, ainsi qu’à ceux des transports, évalués entre 15 et 20 GW. Une évolution qui ouvre, selon lui, une véritable « course à l’électricité » entre les différents usages.
Le dirigeant de Rexel estime que cette montée en puissance des infrastructures numériques constitue un facteur majeur de transformation du système électrique. Les data centers, indispensables au développement de l’intelligence artificielle, du cloud et des services numériques, vont profondément modifier les équilibres de consommation. Il souligne que les entreprises industrielles ont besoin d’une électricité disponible, stable et compétitive afin de préserver leur compétitivité, alors que la volatilité des prix demeure une préoccupation majeure.
Produire davantage tout en consommant mieux
Pour répondre à ces nouveaux besoins, Thomas Moreau plaide pour une stratégie reposant sur la complémentarité des moyens de production. Selon lui, l’augmentation de la demande ne pourra être satisfaite qu’en combinant le développement du nucléaire et des énergies renouvelables. Il met notamment en avant le rôle du photovoltaïque, désormais associé aux batteries et aux solutions de stockage, qui permet de produire localement une électricité fiable et compétitive dans une logique d’autoconsommation.
Mais accroître la production ne suffira pas. Le président de Rexel insiste également sur la nécessité de renforcer l’efficacité énergétique. Les bâtiments devront être davantage pilotés, les procédés industriels modernisés et les entreprises accélérer leurs investissements dans l’automatisation. Les PME et les ETI, estime-t-il, disposent déjà des atouts nécessaires pour réussir leur électrification, à condition de renouveler des équipements souvent vieillissants.
À l’heure où la France cherche à attirer les investissements liés à l’intelligence artificielle, l’entretien met en lumière un enjeu devenu central : garantir l’accès à une électricité abondante, compétitive et décarbonée, condition indispensable au développement des data centers comme au renouveau industriel du pays.





