Le Becquerel Institute publie une nouvelle étude consacrée à l’intégration de l’intelligence artificielle et de la robotique dans l’exploitation et la maintenance des centrales photovoltaïques. Intitulée « Operations & Maintenance: AI and Robotics in the PV Value Chain to 2030 », elle analyse la façon dont ces technologies pourraient transformer la phase d’O&M, la plus longue du cycle de vie d’une centrale solaire.
Selon l’étude, l’automatisation appliquée à l’exploitation des installations pourrait permettre d’améliorer le rendement énergétique de 3 à 4 %, tout en réduisant les coûts d’exploitation de l’ordre de 2 000 à 3 000 euros par MW et par an. Le Becquerel Institute estime par ailleurs que 65 à 80 % des tâches routinières d’O&M pourraient être automatisables à l’horizon 2030.
Surveillance, diagnostic et interventions automatisées
Certaines fonctions sont déjà très avancées. La surveillance des installations et la détection des anomalies seraient ainsi automatisables à près de 95 %. L’étude identifie également une nouvelle catégorie d’activités, le « diagnostic automatisé et l’affectation des ordres de travail », dont 60 à 75 % pourraient à terme être pris en charge par des systèmes automatisés ou robotisés.
Dans les centrales au sol, ces technologies peuvent notamment prendre la forme de robots d’inspection équipés de caméras, de capteurs ou de systèmes d’analyse thermique, capables de parcourir les rangées de modules et d’identifier rapidement les défauts. L’IA peut ensuite croiser ces observations avec les données de production pour hiérarchiser les interventions et réduire les pertes de rendement.
Le Becquerel Institute souligne que l’IA est désormais présente dans l’ensemble de la chaîne de valeur photovoltaïque : conception automatique des centrales, maintenance prédictive, installation robotisée des modules, optimisation de la production ou encore gestion algorithmique de l’électricité. Les gains potentiels sont importants, mais ils s’accompagnent aussi de nouveaux enjeux liés aux données, à la cybersécurité, à l’évolution des compétences et au cadre réglementaire.
La réglementation européenne entre aussi en jeu
L’étude relève notamment que l’évolution du calendrier d’application de l’AI Act européen pourrait faciliter à court terme le déploiement de ces technologies dans les centrales photovoltaïques. Les systèmes d’IA utilisés dans certaines infrastructures énergétiques peuvent en effet relever de catégories considérées comme « à haut risque », impliquant des exigences renforcées en matière de sécurité et de gouvernance.
Pour le Becquerel Institute, l’enjeu n’est donc plus de savoir si l’intelligence artificielle et la robotique entreront dans l’exploitation des centrales photovoltaïques, mais à quelle vitesse et sous quelles conditions elles pourront être déployées à grande échelle.
À mesure que le parc solaire européen augmente, l’automatisation de l’O&M pourrait devenir un levier important pour améliorer simultanément la disponibilité des installations, réduire les coûts et compenser les besoins croissants en main-d’œuvre spécialisée.






