L’ONU a averti mercredi que les promesses climatiques mondiales restent très insuffisantes pour limiter le réchauffement et a souligné l’urgence d’efforts immédiats.
Une trajectoire de + 2,6°C si les États respectent leurs engagements
Le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sur l’écart entre les émissions et les objectifs climatiques évalue à 2,6°C le réchauffement attendu d’ici 2100 si les États respectent leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Sur la base des seules politiques déjà en place, sans intégrer l’atteinte des objectifs annoncés, la hausse atteindrait 2,8°C à la fin du siècle.
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a jugé que le monde est « dangereusement loin du compte » et « ne peut plus éviter de dépasser la limite de 1,5°C », l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris de 2015. Le PNUE avait évalué en 2025 la trajectoire mondiale entre 2,3°C et 2,5°C, avant la prise en compte du retrait des États-Unis de l’accord de Paris et la révision des estimations historiques d’émissions.
Les émissions liées au charbon, au pétrole et au gaz restent « à des niveaux records » en 2025, selon l’ONU. Parmi les six principaux émetteurs, les données préliminaires montrent une progression aux États-Unis, en Indonésie et en Chine, et un recul en Inde, en Russie et dans l’Union européenne.
« Les gouvernements ont préféré tergiverser plutôt que d’agir »
Le rapport juge que la possibilité de maintenir le réchauffement sous 1,5°C « a disparu », après des « décennies d’action climatique insuffisante ». Les pays du G20 les plus riches concentrent les trois quarts des émissions, selon le PNUE. « Il s’agit là d’un échec historique du leadership politique. Les données scientifiques sont claires depuis des décennies, mais les gouvernements ont préféré tergiverser plutôt que d’agir. Les conséquences se mesureront en vies perdues, et pas seulement en degrés de réchauffement », a déploré Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa, organisation mobilisée sur le climat en Afrique.
Guterres a estimé que « les conséquences sont déjà dévastatrices », tout en ajoutant que cela « ne signifie pas pour autant qu’il faille baisser les bras ». La 31e conférence de l’ONU sur le climat (COP31) doit se tenir du 9 au 20 novembre en Turquie.
Un pic de réchauffement entre 1,7°C et 1,8°C dans le scénario le plus favorable, puis…
Le scénario le plus favorable du rapport prévoit un pic de réchauffement entre 1,7°C et 1,8°C, puis un retour sous 1,5°C d’ici 2100. Cette trajectoire suppose une baisse des émissions mondiales de 18% d’ici 2030, de 45% d’ici 2035 et de 69% d’ici 2040, par rapport à 2025. Les engagements actuels ne permettraient qu’un recul de 5% à 8% d’ici 2030 et de 11% à 15% d’ici 2035, selon l’ONU. Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, a déclaré que « le moment décisif – celui où tout se joue – est arrivé ; c’est maintenant, et non plus tard », en avertissant que « la fenêtre d’opportunité est en train de se refermer ».
Anne Olhoff, une des rédactrices du rapport, a appelé les États à « amplifier » les progrès déjà accomplis et à « accélérer la dynamique » de « manière significative ». Elle a relevé que la capacité mondiale en énergies renouvelables a progressé trois fois plus vite que prévu et que le déploiement du solaire photovoltaïque a été multiplié par sept, mais a constaté sur la sortie progressive des combustibles fossiles que « nous ne constatons aucun progrès à la hauteur des exigences ».
AFP.com






