Des prix de modules PV toujours orientés à la hausse

Cybersécurité du solaire : faut-il vraiment bannir les équipements chinois ?

La question monte en Europe : faut-il exclure les équipements photovoltaïques chinois des projets énergétiques sensibles au nom de la cybersécurité ? Dans une tribune publiée par pv magazine, Martin Schachinger, fondateur de pvXchange, appelle à éviter les décisions hâtives. Pour lui, la protection des infrastructures critiques est indispensable, mais elle doit reposer sur une expertise technique rigoureuse plutôt que sur des réflexes protectionnistes.

Le débat porte notamment sur les onduleurs, les systèmes de pilotage et plus largement les équipements connectés au réseau. Avec la montée en puissance de la production décentralisée, des millions d’installations solaires, de batteries et de grands consommateurs deviennent pilotables à distance. Cette capacité est nécessaire pour assurer l’équilibre du système électrique, mais elle crée aussi de nouvelles vulnérabilités. Personne ne conteste donc la nécessité de renforcer les exigences de cybersécurité.

Un risque réel, mais pas forcément géographique

L’auteur souligne toutefois qu’un bannissement fondé uniquement sur l’origine des équipements serait discutable. Les risques d’intrusion, de communication malveillante ou de prise de contrôle à distance ne sont pas propres aux produits chinois. Des composants européens pourraient théoriquement présenter les mêmes failles, tout comme un logiciel allemand de gestion énergétique n’est pas, par nature, plus sûr qu’un logiciel asiatique.

Le sujet est d’autant plus sensible que l’industrie photovoltaïque européenne reste très dépendante des chaînes d’approvisionnement chinoises. Une exclusion brutale pourrait faire grimper les coûts des grands projets, faute d’alternatives disponibles en quantité suffisante et à prix compétitif. Elle pourrait aussi déclencher des tensions commerciales avec Pékin.

Des prix de modules toujours orientés à la hausse

Cette réflexion intervient dans un contexte de marché déjà tendu. Selon pvXchange, les prix des modules solaires ont encore progressé en mai 2026 dans la plupart des segments, notamment pour les modules à haut rendement. La demande pour des puissances proches de 500 W dans le résidentiel se heurte à une offre encore limitée. En Allemagne, la demande est pourtant en recul d’environ 12 % par rapport à l’an dernier, mais le marché allemand ne suffit plus à orienter les prix mondiaux.

Pour Martin Schachinger, la bonne réponse n’est donc pas un bannissement généralisé, mais la mise en place de standards logiciels universels, d’obligations de documentation, de protocoles de certification et de tests applicables à tous les équipements pilotables, quelle que soit leur origine.

L’enjeu est clair : sécuriser le solaire sans freiner son déploiement. La souveraineté énergétique européenne passera moins par des interdictions symboliques que par une véritable souveraineté technique, fondée sur des normes robustes, contrôlables et applicables à l’ensemble du marché.

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