L’autoconsommation fait le buzz médiatique sur RTL et dans le magazine Capital

Le magazine Capital vient de sortir, en partenariat avec RTL un remarquable dossier consacré à l'autoconsommation solaire. Mercredi 6 septembre au matin, le chroniqueur éco de RTL Christian Ménanteau a réalisé un édito sur le sujet sous le titre un brin polémique : « Electricité : pourra-t-on bientôt se passer d'EDF ?, et ce, alors que huit Français sur dix rêvent de produire leur propre électricité. Le journaliste radio voit en l'année 2017 l'an I d'une nouvelle épopée énergétique où les innovations forment une armée de plus en plus agile, puissante et financièrement compétitive qui cerne les dinosaures de la production électrique traditionnelle.

Christian Ménanteau s'enthousiasme pour ces nouveaux équipements qui vont être en capacité de s'organiser au niveau d'un quartier ou d'une ville avec des technologies qui permettent de savoir qui produira et qui consommera. Une remise en cause pour EDF s'impose. Le journaliste conclut : « Cerise sur le gâteau : un mégawatt de solaire installe crée six fois plus d'emplois que le nucléaire ».

"Plus personne, et en particulier chez EDF, ne doute que nous allons produire notre propre électricité dans un avenir proche. Les conservateurs, les technophobes et les amoureux des grands systèmes monopolistes vont faire la moue. Rappelons qu'aujourd'hui 20.000 foyers produisent et consomment leur propre énergie en France. C'est statistiquement insignifiant. Mais cette photo a déjà des couleurs sépia. Le film s'anime à une vitesse folle. Ces "auto-consommateurs" seront 40.000 l’an prochain, et 600.000 au moins dans cinq ans, selon les experts d'EDF Énergies Nouvelles. Dans dix ans, ce sont près de 4 millions de ménages qui tourneront des interrupteurs électriques sans faire appel au réseau traditionnel. On pourra probablement dire que 2017 aura été l'an I d'une nouvelle épopée énergétique.

Le cadre réglementaire est en train de courir après les avancées technologiques de cet univers. Avec un peu de recul, il faut bien reconnaître qu'elles sont tout simplement exceptionnelles. Elles n'éclatent pas encore au grand jour, mais ces innovations forment une armée de plus en plus agile, puissante et financièrement compétitive qui cerne les dinosaures de la production électrique traditionnelle.

Un enjeu pour l'emploi aussi

Le prix des installations photovoltaïques a été divisé par deux en dix ans. Des boxes bien plus intelligentes que celles de nos téléviseurs optimisent la production et la consommation. Les plus performantes d'entre elles sont déjà capables d'effacer 70% d'une facture électrique. Et déjà s'annoncent les futures batteries à très hautes performances qui stockeront l’énergie des panneaux. Des accumulateurs qui coûteront moins de 1.000 euros, installation comprise.

Ce qui est encore plus formidable c'est que ces équipements vont pouvoir s'organiser au niveau d'un quartier ou d'une ville. Ces technologies permettent, en effet, de savoir qui produira et qui consommera. Une révolution dont on commence à cerner les grands contours…"

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5 Commentaires

  1. C’est ce qu’a fait le Groupe Cap Sud – entreprise du Nord Isère spécialisée dans l’énergie photovoltaïque – depuis août 2015, nos locaux sont totalement autonomes en énergie ! En deux ans nous avons autoconsommé 67 840 kWh et évité l’émission de plus de 6 tonnes de gaz à effet de serre.
    Pour plus d’informations, consultez notre article : http://groupe-capsud.com/cnt/capsud/Locaux-autonomes-en-energie-un-bilan-des-plus-positif-apres-2-ans-de-fonctionnement-6056-86171-prod.html

  2. Dans les années 80, EDF avait produit un très bon guide pédagogique sur la systémique en énergie. Il était néanmoins très orienté contre le rêve de l’époque (qui semble revenir aujourd’hui), de la production autonome par ENR au niveau de la maison (à ne pas confondre avec autoconsommation). En effet un tel système est dit « tendu » et n’a pas la souplesse attendue afin de rendre le service sans trop de pertes énergétiques. Le réseau permet de mutualiser productions et consommations.
    Ce qui est amusant, plus de 40 ans plus tard, c’est de revoir cette idée, mais en tenant compte du réseau : des production décentralisées, mutualisées.
    Ce qui est aussi amusant, c’est que ce guide faisait l’apologie du nucléaire. Or nous avons actuellement un suréquipement, donc un système tendu, et un réseau qui n’est pas conçu pour mutualiser, mais dans un seul sens grosse production centralisée vers consommateurs, créant là encore une tension. Nous sommes en contradiction avec les principes de bases de la systémique.
    Derrière cette idée d’approcher l’autonomie énergétique au niveau d’une maison, d’un quartier, d’une ville, il y a la nécessité urgente de repenser les réseaux électriques pour fonctionner non pas dans un sens descendant, mais à l’horizontale. Pour être efficaces et limiter leur impact environnemental, les batteries doivent aussi s’intégrer dans ce système.
    Cela signifie aussi que EDF et RTE devront avoir une approche plus locale de la gestion de l’énergie.
    Qu’avons nous à y gagner : impliquer les citoyens, les entreprises, limiter l’usage des grandes lignes de transport de l’électricité qui traversent la France, c’est à dire mettre de la démocratie locale dans un système technocratique et jacobin.
    Ainsi, au delà de certaines communes motivées, les outre-mer, intrinsèquement ilotées énergétiquement, constituent un bon terrain d’expérimentation de cette re-vision du réseau électrique et de sa gestion.
    Pierre Courtiade
    Ingénieur ENR en Guyane

  3. Bonjour,
    Titre de l’article érroné. On peut déja se passer d’EDF (ENERCOOP, direct ENERGIE etc…).
    « Peut on se passer de ENERDIS? » aurait été plus juste. EDF exploite le réseau au nom des proprétaires qui sont les communes et l’état.
    A part faire rêver le consommateur et alimenter un peu plus la haine des gens pour le service public (celui fourni par le gestionnaire de réseau) ce genre d’émission n’apporte rien au débat et nous entraine même sur une pente dangereuse.
    Qui en dehors des riches peut se permettre un équipement de production a 20 ou 30000€ incluant modules solaire et batteries? Au bénéfice du principal vendeur de système PV sur batterie qui n’est autre que… EDF et ses nombreuses filiales!!
    Lorsque ces très riches se seront extrait du réseau et n’y cotiserons plus, les autres usagers, moins pourvus financièrement voir déjà en situation de précarité énergétique devront assumer une plus grande part de cotisation et verront leur part fixe augmenter progressivement. La précarité energétique connaitra elle aussi une très belle croissance!!
    Par ailleurs cette massification des batteries chez le particulier, qui ne favorise guère le foisonnement et l’efficacité des installations, favorisera la dispersion de bon nombres d’entre elles dans la nature
    A terme nous perdrons un précieux outil de mutualisation, l’un des plus efficace et juste au monde, qu’il convient plutôt de renforcer ce qui n’empêche pas d’y inserer une plus grande part (jusqu’à 100%) d’energies renouvelable qui profiterons à tous les citoyens.
    Salutations

  4. Pour l’énergie, partant du constat que nous avons accès à des ressources solaires quasi illimitées, à terme l’avenir est tracé. La répartition, la gestion des flux et le stockage sont par conséquence les seuls problèmes à résoudre.
    A défaut d’autonomie intégrale, tout le monde ne disposant pas des surfaces de toitures nécessaires dans les zones fortement urbanisées, la révolution des modes de production et de consommation est malgré tout irrémédiable. Nous basculons dans des modèles collaboratifs et communicants permettant de fluidifier les échanges, que ce soit les marchandises ou les datas. Et comme personne n’a jamais réussi à s’exonérer des lois du marché, du moins dans des démocraties, la tendance sera d’aller au meilleur rapport qualité/prix. L’autre critère de choix étant le risque, mais il est d’autant plus défavorable au nucléaire et aux énergies polluantes.
    Si EDF s’adapte, il survivra en tant que producteur, sinon il disparaitra par manque de rentabilité et d’utilité. C’est une phase cruciale car à cette échelle, si de mauvais choix sont faits, il y a un risque non négligeable de plomber l’économie du pays.
    Chacun est responsable de ses choix et de ses méthodes.

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