Parrainée par le climatologue Jean Jouzel, et soutenue par la Ville de Paris, la première coopérative citoyenne d'énergie solaire permettra bientôt à tous les parisiens et à tous les citoyens engagés de devenir co-producteurs d'énergie renouvelable sur Paris. Le solaire citoyen brille enfin à Paris.
Le 24 septembre dernier, l'association EnerCit'IF a donné naissance à une société de projet, à gouvernance coopérative, qui sera en charge du financement, de l'installation et de l'exploitation d'une vingtaine de centrales solaires d'ici 2020 – ceci correspond à la consommation électrique d'environ 500 à 600 foyers (hors chauffage). Pour la première vague, 5 ou 6 toitures sont prévues sur des bâtiments publics début 2019 : écoles, collèges, centres sportifs, HLM, etc.
Donner du sens à l'épargne
Aux côtés du premier cercle de sociétaires constitué d'une quarantaine de parisiens de tous horizons (étudiants, salariés, travailleurs indépendants, retraités…), les citoyens pourront commencer à investir dans quelques mois avec un montant minimum fixé à 100 Euros (10 Euros pour les étudiants et les bénéficiaires des minimas sociaux) et un gain en retour estimé d'environ 1,5% (pour rappel, le taux du Livret A est de 0.75%). Les décisions prises en assemblée générale par les sociétaires seront actées sur le principe d'une « personne = une voix ».
Ce projet s'inscrit pleinement dans le champ de l'économie sociale et solidaire (ESS) et dans le respect de ses valeurs, de primauté de l'homme sur l'économie, de solidarité et de gouvernance démocratique. Les citoyens peuvent ainsi agir à la fois pour la planète et pour leur quartier, avec l'assurance que chaque voix compte. C'est aussi un formidable moyen de donner du sens à son épargne.
Sobriété énergétique et développement des énergies renouvelables
Parce que la volonté d'EnerCit'IF est de sensibiliser les parisiens à la maîtrise de leur consommation d'énergie, le projet s'inscrit dans la dynamique de l'énergie citoyenne, qui promeut un modèle énergétique décentralisé, maîtrisé par les acteurs locaux. Fédéré par le réseau Energie Partagée, ce mouvement regroupe déjà plus de 250 initiatives au niveau national. Il en manquait une à Paris, c'est maintenant chose faite !
Le climatologue Jean Jouzel, parrain d'EnerCit'IF
Avec le GIEC (Prix Nobel de la Paix 2007) dont il a été le vice-président du groupe scientifique de 2002 à 2015, Jean Jouzel ne cesse d'alerter sur l'ampleur du dérèglement climatique et l'urgence à agir pour renverser la tendance. Il invite au changement « inventer un monde où l'on fait mieux avec moins, tout aussi désirable », en agissant à tous les niveaux : gouvernements et organisations internationales mais aussi entreprises, collectivités et citoyens. Jean Jouzel insiste sur la mobilisation de ces derniers : «Pour côtoyer la neutralité carbone en France en 2050, c'est maintenant qu'il faut passer la vitesse supérieure et je suis convaincu que la participation active des citoyens est un levier majeur pour y arriver. »
Une démarche engagée en 2016 aux côtés de la Ville de Paris
Le projet EnerCit'IF est né de la convergence de plusieurs projets citoyens similaires, déposés à l'occasion du Budget Participatif 2016, puis fusionnés en un seul qui a été élu par les parisiens. Leurs promoteurs ont créé l'association EnerCit'IF et engagé les échanges avec la Ville de Paris pour travailler à sa réalisation, dans la perspective d'un co-investissement entre la Ville et ses habitants. Avec une écoute d'autant plus favorable que le projet rejoint les objectifs du Plan Climat de la Ville de Paris, en particulier sur le développement des énergies renouvelables (20 % d'ENR produites localement en 2050), l'émergence de coopératives citoyennes, et la mobilisation des citoyens et acteurs du territoire pour la transition énergétique.
Verbatim Jean Jouzel
« Parce que l'urgence climatique est là, parce que le changement est entre nos mains, je soutiens le projet d'EnerCit'IF et invite les parisiens à rejoindre cette belle aventure collective. » Jean Jouzel






Le développement de l’énergie solaire est une bonne chose mais quand cessera–t-on de dire, et d’écrire, que les panneaux solaires contribuent à lutter contre le réchauffement climatique. Le mix électrique France est DEJA largement décarboné. La recherche d’une plus grande décarbonation de l’économie française passe par l’extinction du fioul et gaz fossile et du transport au pétrole. Les autres actions ne sont que de la poudre aux yeux.
Cher Ami,
l’idée c’est bien de remplacer comme le prévoit la loi sur la transition énergétique, une partie du nucléaire, avec tous les désagréments qu’il entraîne, par de l’électricité renouvelable. Seulement si on développe le solaire à la vitesse d’un escargot, nous n’aurons aucune chance de respecter la loi.
Bien à vous
André Joffre
Cher André,
Que le développement des ENR électriques se fasse conformément aux termes de la LTECV ne m’avait pas échappé et n’était pas l’objet de mon post. L’énergie solaire a beaucoup d’atouts, mais compte tenu du mix élec peu carboné en France, son développement n’a aucun effet sur le réchauffement climatique. Il est donc vraiment dommage que l’on vienne associer dans le discours, développement du PV en France et lutte contre l’effet de serre.
Bien à vous
Pierre