Le marché solaire américain a fortement rebondi au deuxième trimestre 2026. Selon le US Solar Market Insight Q3 2026 publié par Wood Mackenzie et la Solar Energy Industries Association (SEIA), les États-Unis ont installé 11,4 GW de nouvelles capacités photovoltaïques, soit 45 % de plus qu’un an plus tôt et 43 % de plus qu’au premier trimestre. Cette performance est toutefois très largement portée par les grandes centrales.
Le segment des grandes centrales a installé à lui seul 9,6 GW, en hausse de 61 % sur un an et de 56 % sur un trimestre. À l’inverse, le solaire résidentiel recule à 995 MW, soit -12 % sur un an, tandis que le solaire communautaire baisse à 231 MW, en retrait de 14 %. Le solaire commercial résiste mieux avec 638 MW, en progression de 11 % sur un an.
Jusqu’à 240 GW de projets sécurisés fiscalement
Le dynamisme des grandes centrales s’explique en grande partie par la course des développeurs pour préserver l’éligibilité de leurs projets aux crédits d’impôt fédéraux. Après la date limite du 4 juillet 2026, Wood Mackenzie évalue entre 216 et 240 GW le portefeuille de projets ayant sécurisé leur accès au régime de « safe harbor ». Ce volume pourrait soutenir les installations jusqu’en 2030.
Malgré cet important pipeline, le cabinet n’anticipe pas une forte accélération du marché. Les nouvelles capacités devraient rester proches de 44 GW par an jusqu’en 2031. Les difficultés de permis et de raccordement constituent un frein important et toucheraient environ 30 % des projets encore à un stade précoce de développement.
Au total, Wood Mackenzie estime néanmoins que le parc solaire américain devrait presque doubler au cours des cinq prochaines années. Le rythme annuel progresserait peu, contrairement au précédent doublement du parc, réalisé en seulement trois ans.
Solaire et stockage : 70 % des nouvelles capacités
Le photovoltaïque conserve une place centrale dans l’expansion du système électrique américain. Au premier semestre 2026, le solaire et le stockage ont représenté 70 % de toutes les nouvelles capacités de production électrique mises en service aux États-Unis. Le solaire seul en représente 45 %.
Le Texas domine largement le marché avec 3,44 GW installés au premier semestre, devant l’Arizona avec 1,762 GW et la Floride avec 1,611 GW.
Pour les grandes centrales, Wood Mackenzie prévoit encore 217 GW de nouvelles capacités entre 2026 et 2031, confirmant le poids croissant de ce segment dans le mix électrique américain.
Le résidentiel sous pression
La situation est beaucoup plus délicate dans le solaire résidentiel. Avec moins de 1 GW installé au deuxième trimestre, le secteur réalise son plus faible trimestre depuis cinq ans.
La suppression fin 2025 du crédit d’impôt fédéral Section 25D pèse désormais fortement sur la demande. Wood Mackenzie prévoit une contraction de 23 % du marché résidentiel en 2026. Une reprise est toutefois attendue à partir de 2027, avec une croissance annuelle moyenne estimée à 6 % jusqu’en 2031.
Le solaire commercial devrait lui aussi connaître un ralentissement en 2026 et 2027, avant une reprise entre 2028 et 2030 portée par les projets ayant sécurisé leurs avantages fiscaux et par la hausse attendue des prix de détail de l’électricité.
Les coûts des systèmes repartent à la hausse
Le rapport met également en évidence un paradoxe : les modules deviennent moins chers, mais le coût total des installations augmente dans plusieurs segments.
Le coût résidentiel moyen recule légèrement à 3,36 $/Wc, tandis que le commercial progresse à 1,77 $/Wc. Dans les grandes centrales, le coût atteint 0,95 $/Wc pour les structures fixes et 1,06 $/Wc avec trackers.
Les modules destinés au marché distribué ont pourtant baissé de 16 % en un an, à 0,37 $/Wc. Cette diminution est compensée par une hausse des coûts logistiques supérieure à 15 % et par le renchérissement du cuivre, de l’acier et de l’aluminium.
Le solaire américain reste donc sur une trajectoire de croissance solide, mais plus contrastée : les grandes centrales dominent désormais largement le marché, tandis que les segments résidentiel et communautaire doivent s’adapter à un nouvel environnement fiscal et réglementaire.





