Invité par Terra Nova à s’exprimer sur la politique énergétique, François Hollande a appelé à accélérer fortement le développement des énergies renouvelables, tout en assumant un mix électrique associant nucléaire, hydraulique, solaire, éolien et stockage.
Pour l’ancien président de la République, la question énergétique ne se pose plus dans les mêmes termes qu’en 2012. La guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques et l’urgence climatique ont profondément changé la donne.
Le premier objectif, selon lui, est désormais de réduire au plus vite la dépendance de la France aux énergies fossiles, qui représentent encore une part majoritaire de la consommation d’énergie finale. Cette décarbonation suppose une politique de sobriété, d’efficacité énergétique, mais aussi une électrification massive des usages dans les transports, l’industrie et le logement.
Nucléaire et renouvelables : « faire monter les deux en même temps »
François Hollande estime que la France doit conserver un socle nucléaire, notamment en prolongeant la durée de vie des centrales existantes et en lançant certains nouveaux réacteurs. Mais il récuse l’idée d’un choix exclusif entre nucléaire et renouvelables. « Nous avons besoin de faire monter nucléaire et énergies renouvelables en même temps », résume-t-il.
Sur les renouvelables, l’ancien chef de l’État insiste sur la nécessité de simplifier les procédures et d’accélérer l’exécution des projets. Il cite notamment l’éolien en mer, qu’il considère comme particulièrement avantageux, mais aussi le solaire, malgré les difficultés industrielles liées à la concurrence internationale sur les panneaux photovoltaïques.
L’hydraulique est également présenté comme un atout majeur pour la France, à la fois par son coût et par sa flexibilité en période de tension sur le système électrique.
Interrogé sur les objectifs actuels de développement des renouvelables, François Hollande reconnaît que les volumes annoncés par le gouvernement peuvent constituer une base, mais il pointe surtout la question des délais.
Là où certains projets prennent quatre ans ailleurs, la France ajoute encore souvent deux ou trois années supplémentaires. Pour lui, l’enjeu est donc moins seulement de fixer des objectifs que de créer les conditions de leur réalisation rapide.
Le stockage, clé du renouvelable pilotable
François Hollande accorde une place importante au stockage, qu’il juge susceptible de changer profondément le regard porté sur les renouvelables. Longtemps critiquées pour leur variabilité, ces énergies pourraient devenir davantage pilotables grâce aux batteries et à d’autres solutions de flexibilité. Avec la baisse continue des coûts de production de l’électricité renouvelable, le stockage pourrait ainsi lever l’un des principaux freins à leur développement.
L’ancien président appelle enfin à faire émerger une véritable industrie française et européenne du renouvelable. Si la France a pris du retard dans certains segments, elle dispose encore, selon lui, d’atouts en matière d’innovation, d’hydraulique, de biomasse, d’hydrogène, de stockage et d’ingénierie. À condition d’investir, de former et de soutenir la myriade d’entreprises du secteur, les renouvelables peuvent devenir une chance industrielle pour le pays.





