Intervention de Jean-François Carenco, président de la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) en ouverture de la conférence sur l'autoconsommation solaire le 12 septembre 2017 au palais d'Iena à Paris.
Extraits: Jean-François Carenco, président de la CRE, tient sa conférence de presse d'avant colloque devant un aréopage de journalistes en compagnie de son homologue italien. Pour l'ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, le développement de l'autoconsommation est inéluctable et très largement souhaitable. Il en évoque le meilleur comme la diminution des besoins de production par optimisation, l'évitement des coûts de renforcement réseau, la participation citoyenne, la capacité à l'export. Mais il évoque aussi l'occurrence du pire avec ce mot fort de communautarisme via des parallèles osés allant des supporters de foot au fanatisme religieux.
«L'autoconsommation ne doit pas être une victoire de l'entre soi, de la peur de l'autre et du refus de l'avenir » énonce Jean-François Carenco soucieux du financement du réseau et de la péréquation sur fond de solidarité nationale. On a connu entrée en matière plus consensuelle avant le lancement d'une grande consultation de la CRE sur le sujet.
Jean-François Carenco s'exprime à présent devant la salle. Son discours est plus nuancé. Il a tout de même mis en garde contre les effets d'aubaine que pourrait créer l'autoconsommation autour d'un féodalisme énergétique. « Le TURPE doit refléter le coût des autoconsommateurs. Plus cher ou moins cher. Les avis sont partagés. Prenons le temps d'examiner ensemble les signaux. Il faut éviter les transferts de charge des uns devant les autres. Nous devons trouver des solutions équitables pour assurer le développement de l'autoconsommation sans remettre en cause la solidarité nationale et la sécurité. Il s'agit de questions politiques… Le maillage de nos réseaux, c'est l'existence même de la nation ».
L'intégralité de son intervention ci-dessous:






On parle du TURPE, mais on oublie la CSPE, qui finance le développement des ENR, assure la péréquation tarifaire outre-mer et en Corse et aide les ménages précaires.
L’absence de contribution à la CSPE par les autoconsommateurs est aussi une forme de subvention aux ENR en autoconsommation dont il faut tenir compte.
Cette CSPE est déjà plafonnée pour les grands consommateurs (pour eux ça n’impacte pas).
Ce sont ainsi les petits consommateurs, particuliers, collectivités, petites entreprises, qui contribuent déjà la plus à la CSPE. La bulle spéculative qu’un ancien gouvernement a laissé gonfler (j’avais alerté à l’époque) et qui durera jusqu’en 2030 leur coûte déjà très cher. Si cela n’est pas traité, le développement de l’autoconsommation va entraîner un report de charges sur ces petits consommateurs. Quelqu’un m’a dit un jour qu’il fallait faire attention à ce que les plus pauvres (ceux qui ne peuvent pas investir dans du PV) ne payent pas pour les plus riches (ceux qui le peuvent). C’est d’ailleurs déjà un peu le cas avec la MDE.