Intervenant au nom de Renaissance et de Gabriel Attal lors de la conférence de France renouvelables organisée à Paris le 7 octobre, Jean-Luc Fugit a défendu une stratégie énergétique articulée autour d’un principe simple : « tout sauf les fossiles ». Pour le député, la priorité doit être de réduire rapidement la dépendance française au pétrole et au gaz importés, en mobilisant simultanément le nucléaire et l’ensemble des énergies renouvelables.
Jean-Luc Fugit rappelle que la France dépense plus d’un milliard d’euros chaque semaine en importations de produits pétroliers et que les énergies fossiles représentent encore 58 % de la consommation finale d’énergie. À ses yeux, la politique énergétique doit donc répondre à une double contrainte : la dette financière et la dette climatique.
« Sortir du nucléaire comme sortir des renouvelables n’a aucun sens », résume-t-il. La France devra produire davantage d’électricité, mais également développer la chaleur et le froid renouvelables ainsi que les gaz renouvelables. L’objectif, insiste-t-il, est de raisonner à l’échelle de l’ensemble du système énergétique plutôt que du seul système électrique.
Nucléaire et renouvelables : « l’un et l’autre »
Jean-Luc Fugit refuse ainsi la traditionnelle opposition entre nucléaire et énergies renouvelables. Il soutient la poursuite du programme nucléaire, avec la construction des futurs EPR, tout en défendant les objectifs de développement fixés aux renouvelables.
Il cite notamment la multiplication par sept des capacités d’éolien en mer prévue par la PPE3, le développement des gaz renouvelables, une progression de l’hydroélectricité et une hausse du photovoltaïque, notamment à travers l’autoconsommation.
La sobriété constitue également un pilier de cette stratégie. Jean-Luc Fugit évoque un objectif de réduction de 25 % de la consommation à l’horizon 2035 et plaide pour une politique de rénovation bénéficiant de règles et d’aides stables dans la durée.
Cette stabilité constitue, selon lui, un enjeu essentiel pour les entreprises et les industriels. Il dénonce les « stop and go » réglementaires et propose une programmation économique, énergétique et fiscale permettant de donner une visibilité de long terme aux investisseurs.
Photovoltaïque : opposition à une remise en cause du S21
Sur le soutien aux énergies renouvelables, Jean-Luc Fugit défend une approche différenciée selon la maturité des filières. L’argent public doit, selon lui, être dirigé vers les technologies et les projets où il est le plus efficace, sans pour autant remettre en cause les engagements déjà pris.
Il s’est montré particulièrement clair concernant le photovoltaïque : il se dit opposé à une remise en cause de la parole de l’État sur le dispositif S21 et annonce vouloir défendre cette position dans le cadre de son travail sur le budget 2027.
Dans le même temps, il considère que certaines filières doivent continuer à recevoir un soutien important, citant notamment l’éolien en mer et la géothermie. Il appelle également à alléger les contraintes réglementaires et les procédures d’autorisation qui pèsent sur le développement des projets renouvelables.
Défense des CEE
Jean-Luc Fugit s’oppose également à la suppression des certificats d’économies d’énergie. Plutôt que de supprimer les CEE, il estime nécessaire d’en améliorer le contrôle, la gestion et la transparence, allant jusqu’à évoquer la création d’une autorité publique indépendante chargée de leur supervision.
Pour lui, supprimer le dispositif reviendrait à fragiliser une partie du financement de la rénovation énergétique, de la mobilité électrique ou encore des réseaux de chaleur, et donc à ralentir la sortie des énergies fossiles.
Il rappelle par ailleurs que les importations fossiles représentent plusieurs dizaines de milliards d’euros par an et estime que les dépenses consacrées à la transition doivent être appréciées à l’aune de cette facture énergétique extérieure.
Stockage et flexibilité, « un gisement » d’économies
Autre axe fortement défendu par Jean-Luc Fugit : la flexibilité du système électrique. Selon lui, mieux faire coïncider production et consommation permettra de limiter les besoins d’investissements dans les réseaux et de réduire le coût global du système énergétique.
Il évoque un potentiel de 3 à 4 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2030 grâce au développement de la flexibilité. Stockage, pilotage de la consommation, réseaux et production doivent ainsi être pensés ensemble.
Cette vision englobe également les territoires et le monde agricole. Jean-Luc Fugit souligne les recettes apportées par les énergies renouvelables aux communes ainsi que le rôle du biogaz et de la méthanisation dans la diversification des revenus agricoles et la résilience des exploitations.
« Sortons de la guerre de religion »
En conclusion, Jean-Luc Fugit rejette l’idée d’une électrification « exclusive ». Il préfère une politique énergétique couvrant également les gaz renouvelables, la chaleur et le froid renouvelables, avec un pilotage global de la PPE.
Son message adressé à la filière est sans ambiguïté : Renaissance considère avoir besoin à la fois des acteurs des renouvelables et de ceux du nucléaire pour atteindre l’objectif de sortie des énergies fossiles.
« Sortons de cette guerre de religion : tout sauf les fossiles », a-t-il résumé, faisant de la complémentarité entre nucléaire, renouvelables, sobriété, stockage et flexibilité le cœur de la stratégie énergétique défendue au nom de Gabriel Attal.






