Lors du colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), le 29 septembre, Julien Chartier, représentant Les Républicains, a défendu une politique énergétique donnant la priorité au nucléaire, à la baisse du prix de l’électricité et à l’électrification des usages. S’il ne prône pas de moratoire sur les renouvelables, il souhaite mettre fin aux nouvelles subventions à l’éolien et au solaire en métropole, tout en maintenant les contrats déjà signés.
Face à un auditoire naturellement acquis au développement des renouvelables, Julien Chartier a d’emblée assumé les divergences entre Le Républicains et le SER. Il a néanmoins relevé que plusieurs propositions formulées par le syndicat figuraient également dans le programme présidentiel qu’il venait défendre.
Son point de départ est l’avantage que constitue, selon lui, le système électrique français : une électricité très largement décarbonée, dont il souligne la compétitivité sur le marché de gros et la stabilité. Mais il relève parallèlement que les consommateurs la paient beaucoup plus cher qu’il y a quinze ans, alors même que la consommation électrique française a diminué.
Faire baisser le prix de l’électricité pour électrifier
Pour Julien Chartier, la priorité doit être de rendre l’électricité plus attractive afin d’accélérer l’électrification des usages. Il défend notamment une baisse immédiate d’environ 5 % du prix de l’électricité en la sortant du financement des certificats d’économies d’énergie (CEE).
La logique est simple : il juge contradictoire de vouloir remplacer les énergies fossiles par une électricité largement décarbonée tout en faisant supporter à cette dernière des prélèvements qui renchérissent son prix.
Il propose également de modifier le coefficient d’énergie primaire appliqué à l’électricité dans la réglementation des bâtiments, en le faisant passer de 1,9 à 1,2. Selon lui, cette réforme permettrait notamment de remettre quelque 750 000 logements sur le marché locatif.
Plus de nouvelles subventions au solaire et à l’éolien
C’est sur le financement des renouvelables que la différence avec le SER est la plus nette. Julien Chartier affirme que tous les contrats déjà signés par l’État devraient être honorés, écartant aussi bien une remise en cause rétroactive que le réexamen général des contrats existants.
En revanche, il annonce clairement la fin des nouvelles subventions à l’éolien et au solaire en métropole.
Pour autant, il ne défend pas de moratoire : les projets capables de se développer sans soutien public resteraient libres de voir le jour. Il cite notamment l’autoconsommation, les contrats de long terme, le solaire associé aux batteries ou encore le renouvellement de parcs éoliens arrivant au terme de leurs contrats.
« Notre désaccord ne porte pas sur les renouvelables, il porte sur l’argent public », résume-t-il.
Le nucléaire comme « condition de tout le reste »
Dans l’architecture énergétique défendue par LR, le nucléaire occupe une place centrale. Julien Chartier évoque la prolongation du parc dans une perspective pouvant aller jusqu’à 80 ans, la construction des six premiers EPR2, puis éventuellement de huit réacteurs supplémentaires en fonction des coûts et des délais constatés.
Il souhaite également relancer les technologies nucléaires de quatrième génération et développer davantage l’hydroélectricité, avec un objectif de 4 GW supplémentaires. Il met en avant son caractère renouvelable, local et pilotable.
D’autres solutions doivent, selon lui, compléter le dispositif : biogaz agricole, géothermie, hydraulique, flexibilité, simplification des procédures, préférence européenne ou encore renforcement de la cybersécurité des onduleurs.
Les CEE dans le viseur
Julien Chartier s’est longuement attardé sur les certificats d’économies d’énergie. Il reprend à son compte les critiques portant sur la complexité du dispositif, son manque de lisibilité et les fraudes dont il a pu faire l’objet.
Pour LR, remettre en cause les CEE ne signifie pas abandonner les politiques d’efficacité énergétique. Il propose de les remplacer notamment par des crédits d’impôt, jugés plus lisibles et plus directement contrôlables pour financer les travaux de rénovation énergétique.
Il critique également les situations dans lesquelles des dispositifs financés par le consommateur français peuvent, selon lui, contribuer au soutien de produits importés, citant le cas des véhicules électriques fabriqués en Chine.
Produire davantage en Europe
Cette préoccupation industrielle irrigue l’ensemble de son intervention. Julien Chartier considère que la première politique de transition énergétique consiste à produire en Europe plutôt qu’à importer depuis des pays dont le bilan carbone est moins favorable.
Il défend à ce titre le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières et souhaite garantir aux entreprises européennes une électricité dont le prix soit « lisible, prévisible et soutenable ».
Il insiste toutefois sur la souveraineté nationale dans la définition du mix énergétique et invoque l’article 194 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Selon lui, les politiques européennes ne doivent pas conduire la France à modifier son propre mix afin de gérer les choix énergétiques de ses voisins.
Une question d’acceptabilité et de démocratie
Enfin, le représentant des Républicains ajoute une dimension politique au débat sur l’acceptabilité de la transition. Il critique l’adoption d’une programmation énergétique sans débat parlementaire préalable et estime que les choix structurants doivent être soumis au débat démocratique.
Il met également en garde contre les politiques qui limiteraient, après leur acquisition, l’usage d’un véhicule ou d’un logement, estimant qu’elles peuvent être perçues comme une atteinte au droit de propriété.
La ligne défendue par Julien Chartier peut ainsi se résumer autour de quelques principes : faire baisser le prix de l’électricité pour accélérer l’électrification, conforter le nucléaire, laisser se développer les renouvelables lorsqu’ils sont compétitifs sans nouvelles subventions publiques, soutenir les productions européennes et garantir la stabilité des règles.
Sur ce dernier point, il conclut par quatre exigences : « lisibilité, prévisibilité, non-rétroactivité » et vérité sur le financement des politiques énergétiques.
Maxime Amblard (Rassemblement National) : « Notre priorité, c’est la souveraineté énergétique »
Christophe Béchu (Horizons) : « Sortir des énergies fossiles impose de jouer à la fois la carte du nucléaire et des renouvelables »
Karim Benbrahim (Parti Socialiste) : « Sortir des fossiles d’ici 2050 suppose d’investir massivement dans les renouvelables »
Julien Chartier (Les Républicains) : « Notre désaccord ne porte pas sur les renouvelables, mais sur l’argent public »
Cyrielle Chatelain (Les Écologistes) : « Il faut sortir des fossiles et aller vers 100 % de renouvelables »
Jean-Luc Fugit (Renaissance) : « Opposer renouvelables et nucléaire n’a aucun sens »
Thomas Pellerin-Carlin (Place Publique) : « Donner enfin de la visibilité à la transition énergétique »
Aurélie Trouvé (La France Insoumise) : « Le maître mot, c’est la planification »






