Made in France : Reden Solar ferme son usine historique de panneaux photovoltaïques

Dix-sept ans après sa mise en service à Roquefort, près d’Agen, Reden Solar va fermer son usine d’assemblage de panneaux photovoltaïques. Malgré une modernisation engagée en 2023, le site restait structurellement déficitaire face à la concurrence asiatique. Neuf emplois sont concernés.

L’usine de Reden Solar cessera son activité dans les prochaines semaines. Mise en service en 2009, elle figurait parmi les derniers sites français consacrés à l’assemblage de modules photovoltaïques.

L’entreprise explique cette décision par l’absence de débouchés suffisants pour les panneaux fabriqués en France. « Cette usine est structurellement déficitaire parce qu’il n’y a pas de marché potentiel en France et en Europe », indique Florence Burhin, responsable de la communication.

La fermeture intervient alors que Reden Solar avait encore investi cinq millions d’euros en 2023 dans une nouvelle ligne d’assemblage, portant la capacité annuelle du site à environ 300 000 panneaux.

Un écart de prix devenu insoutenable

Selon l’entreprise, l’écart de prix entre un module français et un module chinois atteindrait désormais environ 200 %. Une différence difficile à absorber sur un marché où le coût des équipements reste déterminant.

Reden Solar estime par ailleurs que les dispositifs européens, comme le Net Zero Industry Act, ne suffisent pas à protéger l’industrie française. La société regrette également que le Pacte solaire français ne soit pas contraignant.

L’entreprise a recherché un repreneur pour l’usine, sans succès.

Un nouveau signal d’alarme pour la filière

Cette fermeture intervient quelques mois après l’abandon du projet Carbon près de Marseille. Celui-ci prévoyait une gigafactory capable de produire douze millions de panneaux par an et de créer 3 000 emplois directs. Il a été abandonné faute d’avoir réuni les quelque deux milliards d’euros nécessaires.

La France conserve néanmoins certaines capacités industrielles avec Voltec Solar, dans le Bas-Rhin, et le projet Holosolis en Moselle, qui prévoit de produire dix millions de panneaux par an à partir de 2028.

Reden Solar assure toutefois que la fermeture de Roquefort ne remet pas en cause ses autres activités. L’entreprise emploie environ 275 personnes, exploite plus de 1,1 GW de capacités solaires et vient de finaliser un refinancement de plus d’un milliard d’euros.

La disparition de son usine historique reste néanmoins hautement symbolique : le marché photovoltaïque français continue de croître, mais ses équipements demeurent très largement importés.

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