Mathieu Hanotin (PS) : « Autant de nucléaire qu’il faudra, autant de renouvelables que possible »

Intervenant au nom du Parti socialiste lors de la conférence de France renouvelables organisée à Paris le 7 octobre, Mathieu Hanotin a défendu une ligne énergétique fondée sur la complémentarité entre nucléaire et renouvelables, avec un objectif central : atteindre la neutralité carbone en 2050.

Sa formule résume l’approche socialiste : « autant de nucléaire qu’il faudra et autant d’énergie renouvelable que possible ». Mathieu Hanotin estime qu’aucune technologie ne doit être opposée à une autre et qu’il faut au contraire diversifier l’appareil de production pour renforcer la résilience du pays.

Une grande loi énergie-climat en début de quinquennat

Première proposition : faire adopter, dans les tout premiers mois du prochain quinquennat, une grande loi de programmation énergie-climat. Mathieu Hanotin juge qu’il n’est pas acceptable de piloter des choix aussi structurants par décret, au risque d’entretenir les « stop and go » réglementaires.

Cette loi devrait donner de la visibilité sur plusieurs années aux industriels, aux collectivités et aux particuliers. Il insiste notamment sur la nécessité de stabiliser les aides à la rénovation énergétique, dont les modifications fréquentes découragent selon lui les ménages de s’engager.

Renforcer le rôle des collectivités et des citoyens

Pour Mathieu Hanotin, la résilience énergétique ne peut pas reposer uniquement sur de grands acteurs nationaux. Il plaide pour une implication beaucoup plus forte des collectivités locales et des citoyens.

Ancien maire de Saint-Denis, il cite l’exemple des réseaux de chaleur, de la récupération de chaleur fatale et notamment celle issue des data centers. Il souhaite que les collectivités puissent davantage développer des systèmes énergétiques locaux et que les citoyens soient associés aux projets, individuellement ou collectivement.

Un fonds de garantie pour accélérer les travaux en copropriété

Parmi ses propositions concrètes figure l’extension d’un fonds de garantie aux travaux de rénovation énergétique des copropriétés.

Aujourd’hui, explique-t-il, les copropriétaires doivent souvent constituer progressivement leur trésorerie avant de pouvoir engager les travaux, ce qui peut retarder les opérations de plusieurs années. L’idée serait de permettre aux copropriétés d’emprunter plus facilement auprès des banques grâce à une garantie publique, sans que l’État finance directement les travaux.

L’objectif est d’accélérer la rénovation des logements, de réduire les consommations et d’améliorer le confort d’été face à la multiplication des épisodes de chaleur.

Des financements dédiés à la transition

Mathieu Hanotin reconnaît que la situation des finances publiques limite les marges de manœuvre. Il se montre notamment préoccupé par les réductions envisagées sur certains dispositifs comme le Fonds vert ou le Fonds chaleur.

Pour financer la future loi énergie-climat, il défend l’idée de recettes affectées à la transition. Il évoque notamment une fiscalité accrue sur les hauts patrimoines, dans l’esprit de la « taxe Zucman », dont le produit serait explicitement fléché vers la politique énergétique.

Deuxième piste : la création d’un grand emprunt national souscrit par les citoyens, également consacré à la transition énergétique. Selon lui, ce dispositif présenterait un double intérêt : financer les investissements et associer directement les Français à la transformation du système énergétique.

Nucléaire, renouvelables et résilience

Mathieu Hanotin considère le nucléaire comme une force du système énergétique français et estime qu’il n’existe pas, à court terme, de trajectoire crédible sans lui. Mais il souligne également les vulnérabilités révélées par les épisodes de canicule et les contraintes sur le refroidissement de certains réacteurs.

D’où, selon lui, la nécessité de développer en parallèle le maximum de capacités renouvelables : éolien en mer, hydrolien, chaleur renouvelable et autres filières, sans les opposer entre elles.

Enfin, s’il se dit favorable à un espace de dialogue et de suivi de la politique énergétique, il se montre réservé sur la création d’un nouveau « conseil » supplémentaire. Il préfère une instance associant l’État, le Parlement, les filières, les collectivités et, à travers elles, les citoyens.

Sa ligne générale est donc celle d’une planification stable, décentralisée et financée dans la durée, associant nucléaire, renouvelables, collectivités et citoyens autour d’un objectif commun de neutralité carbone.

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