Jean Bernard Levy, Président Directeur Général d'EDF, était l'invité du Grand Rendez-vous de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe1 ce dimanche 18 octobre 2015.
Il était interrogé par Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), Mickaël Darmon (I-télé) et Arnaud Leparmentier (Le Monde).
Nous reproduisons ci-dessous les extraits relatifs aux énergies renouvelables, ainsi que la vidéo.
Mickaël Darmon: Justement puisque on parle de projection sur l’avenir, très bientôt chacun pourra dans sa propre maison produire son électricité, à quoi allez-vous servir ?
Jean Bernard Levy : C’est un énorme défi pour EDF que d’accompagner cette transformation vers ce que l’on appelle la production décentralisée, l’autonomie en matière d’électricité produite, production et consommation, on dit aussi consommation. C’est un grand défi parce que nous devons aider les gens à le faire, et nous avons chez EDF la volonté d’aider les gens à le faire. Notre défi est technologique, nous avons aujourd’hui un réseau avec de grandes usines qui fabriquent de l’électricité qui diffuse cette électricité du haut vers le bas, vers tous les foyers, vers toutes les entreprises.
Et demain nous devons ajouter à ce réseau qui bien sûr continuera à exister, des moyens techniques qui permettront de gérer cette production décentralisée, qui est très intermittente. A un moment elle existe, ensuite il y a un nuage de soleil, etc… Ça s’arrête, le vent s’arrête. Comment fait-on pour gérer le « smart grid », le réseau intelligent ? Et nous consacrons beaucoup de moyens, nous avons des expérimentations, j’ai été les voir à Nice, j’ai été les voir à Lyon, nous en avons à Toulouse, nous en avons dans beaucoup de villes de France.
Nous regardons comment gérer sans qu’il y ait la moindre coupure, à la milliseconde près, l’utilisation de ces réseaux décentralisés, dans un réseau unique, qui doit continuer à fonctionner quoiqu’il arrive pour des millions de clients…
Mickaël Darmon : Est-ce à dire que votre mutation va vers le solaire en fait ?
Jean Bernard Levy : Le solaire, l’éolien sont des énergies que les gens petit à petit s’approprient et qui ont aussi le problème de l’intermittenc
Jean-Pierre Elkabbach : Soyons concrets, vous allez développer le solaire, et vous n’êtes les seuls, le solaire est donc une ressource d’avenir, qu’est-ce que vous faites pour ça ? Parce qu’il y a un problème du stockage, on capte mais on ne stocke pas ? Grace à des chercheurs comme Bertrand Piccard, ou quelques autres, des expériences comme à Ouarzazate dans le sud, on capte le soleil, on le stocke et ça peut fonctionner de manière permanente, est-ce que l’on peut y arriver.
Jean Bernard Levy : D’abord, ce que je voudrais dire, c’est que l’énergie solaire commence à être compétitive. Dans les endroits où il y a beaucoup de soleil, malheureusement, il y en a très peu en France, l’énergie solaire devient compétitive. Par contre elle est intermittente, par définition il n’y en a pas la nuit, il n’y en a pas quand il y a des nuages etc… Comment gérer cela, et bien par le stockage. Le stockage lui, n’est pas encore compétitif…
Jean-Pierre Elkabbach : On y arrive !
Jean Bernard Levy : Nous travaillons à mettre en place, nous avons des ingénieurs qui travaillent sur les nouvelles batteries de façon que l’on puisse stocker l’énergie solaire et la réutiliser quand on en a besoin. Aujourd’hui le stockage de l’électricité est un grand problème, en fait, il faut stocker sous forme d’eau, dans un ballon d’eau chaude, dans des barrages, mais on ne peut pas stocker dans des batteries sauf de façon beaucoup trop chère.
Jean-Pierre Elkabbach : Vous parliez tout à l’heure des éoliennes, mais combien de temps faut-il pour implanter une éolienne ?
Jean Bernard Levy : Il faut environ 7 ans en France, c’est le moment de le dire ! On a des soucis en France et ça va quelquefois plus vite dans d’autres pays…
JP Elkabbach : …et une centrale nucléaire ?
Jean Bernard Levy : Pour une centrale nucléaire, c’est à peu près la même chose, avec le temps de construction il faut environ dix ans. Les éoliennes c’est long, l’acceptation des éoliennes en France ce n’est pas formidable, il y a beaucoup de gens qui disent, « les éoliennes, il y en a assez comme ça. C’est très sympa, mais pas chez moi »
Mickaël Darmon : Est-ce qu’il faut laisser tomber les éoliennes ?
Jean Bernard Levy : Certainement pas, ni le solaire, ni l’éolien,
Mickaël Darmon : L’éolien uniquement, car vous concentrez des critiques prudentes et courtoises, mais quand-même très claires, est-ce qu’il faut continuer à investir ?
Jean Bernard Levy : Est-ce que la France a tant de ressources naturelles, que l’on peut se priver de l’énergie du vent, l’énergie du soleil, des marées, des courants maritimes, là où il y en a.
Arnaud Leparmentier : Pensez-vous qu’il y ait plus de potentiel dans le solaire que dans l’éolien ?
Jean Bernard Levy : En France, le potentiel solaire n’est pas considérable, d’autant plus que l’on s’interdit d’utiliser des terres agricoles pour y mettre des panneaux solaires. C’est interdit par la loi. Et donc le potentiel français en solaire, en éolien n’est pas très considérable. Il y a de nouveaux projets Off-shore, mais là aussi, il y a des recours. IL y a de nouveaux chantiers, les hydroliennes mais ça ne permettra pas de faire énormément d’énergie.
Le passage relatif aux énergies renouvelables débute vers 30:00






Grand Rendez-vous EUROPE 1, quelques commentaires sur les propos de l’invité Monsieur LEVY:
Sur un mode plaisant, je vois que Monsieur LEVY PDG d’EDF va aider les gens à aller vers une production de leur part, décentralisée et autonome, bref l’autoconsommation.
Sauf qu’il faut une certaine méconnaissance du sujet ( je n’oserais pas dire cynisme) pour affirmer que la production photovoltaïque s’arrête au premier nuage, et que si il n’y a pas de nuages, de toute façon en France il y a très peu de soleil (dixit)!
Dire idem qu’on ne peut stocker de l’électricité que dans des chauffe-eaux ou des barrages ( les STEP sans doute?) mais que par contre, on ne peut pas stocker de l’électricité dans des batteries puisque c’est trop cher montre là aussi une absence grave d’ouverture sur le monde.
Plutôt que d’aller visiter Nice ou Lyon, il faudrait mieux aller plus loin Monsieur LEVY, pour voir et se renseigner sur ce qui bouillonne sur la planète.
Oui, dans le stockage, le monde entier s’y met, les coûts chutent drastiquement, l’usine géante de Musk aux USA entre ne service pour doubler la capacité mondiale, l’Asie entière œuvre à la baisse, mais c’est sans importance chez nous, des détails.
Il est aussi affirmé qu’il faut sept ans pour édifier une éolienne, comme pour une centrale nucléaire:
Oui bien sûr, sauf que l’éolienne facile à construire ( et à déconstruire plus tard, passons) est bloquée par un fatras d’obstacles administratifs et que pour notre centrale nucléaire EPR, on est pour la construire à plus de 10 ans par incapacités techniques, à savoir même si on la met un jour en route vu les bugs permanents révélés en feuilleton par l’ASN.
Pour le potentiel solaire, on n’a pas besoin de terres agricoles, les toits, les ombrières, les routes avec l’annonce de COLAS cette semaine, on voit que les surfaces à équiper ne manquent pas.
Ajoutons-y le nouveau procédé de fonte du silicium au lieu du sciage pour les panneaux révélé ce mois-ci, procédé économisant de la matière et qui, (tout en gardant un rendement de 18%), va baisser le coût de fabrication de plus de moitié, c’est sûr selon vos termes » Le solaire chez nous n’a pas un potentiel considérable! »
Il y a aussi dans le discours un passage sur l’indemnisation compensatoire à EDF pour arrêt de Fessenheim.
Quel culot : Nous citoyens avons payé le programme de développement du Nucléaire Français ( qui reconnaissons-le a bien marché jusqu’ici).
Des investisseurs ont acheté dernièrement une partie minoritaire (à quel motif cette vente de biens de l’état ?) et conjointement avec EDF ils savaient bien, eux tous, que ces réacteurs avaient une durée de vie maintenant courte, introduite à sa juste valeur dans leurs achats de participations.
Réclamer maintenant en plus une prétendue indemnisation, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre, et dans le cas présent, la crémière, c’est nous citoyens de base, taillables à merci.
On payerait ainsi une seconde fois !
En plus on va déjà la payer à nouveau cette seconde fois avec cet EPR jamais finit-toujours plus cher:
Le coût énorme du fameux carénage des anciens réacteurs est bien à financer suite à l’incapacité à construire des EPR en temps et en heure, et ça va nous être compté évidemment sur le prix futur du kWh.
Indemniser, ce serait donc payer une troisième fois !
Enfin, comment incapable de construire l’EPR,( et après devoir reprendre obligé une partie d’AREVA maintenant sans valeur, ce qui va être aussi répercuté dans le prix du futur kWh), EDF peut prendre en plus le risque d’exporter son incapacité pour aller essayer de construire d’autres arlésiennes en GB ?
A la finale, c’est encore le consommateur et le citoyen qui vont payer pour ces péchés d’orgueil.
Décidemment l’autoconsommation qui ne va qu’aller elle en baissant en coût est bien tentante.
Ajoutons encore l’arrivée de concurrents dynamiques, ce qui va du coup transférer des charges fixes EDF sur un nombre plus réduit de clients EDF et rebonjour la hausse du kWh EDF.
Sachant à la finale que nous serons de toute façon au moins là tous réunis en tant que contribuables pour renflouer le gâchis.
Le bateau EDF prend l’eau et le Capitaine joue du pipeau au « Grand rendez-vous » d’EUROPE 1, soit, mais que de fausses notes !
Quel imbécile
Ta france à toi Mr LEVY s’arrête a la métropole hein ?
Les dom tu ne connais pas ?
La Martinique et la politique solaire d’edf est lamentable
Mais en lisant ton discours, je comprends mieux pourquoi « vive le nucléaire » hein ?!
et ben non, nous ne poursuivrons pas vos hérésies et ne vous laisserons pas faire en toute impunité
L’hydro aussi serait un formidable levier si vous ne mettiez pas autant de frein pour la remise en service des milliers de micro centrale (moulin ca te parle ?)…
Bref, Mr LEVY, tu es lamentable
L’interview de Monsieur Levy m’a laissé pantois. Elle fera surement date dans les annales de l’histoire du photovoltaïque, pour ses approximations, ses contres vérités et erreurs, comme soulignées dans le commentaire précédent. Dire qu’il n’y a pas de soleil en France alors que chaque mêtre carré reçoit en moyenne 1,3 MWh par an d’énergie, dont 10 à 20% sont d’ores et déjà convertibles en électricité par les panneaux solaires actuels est vraiment surprenant, venant en plus du plus haut responsable d’une entreprise énergétique de réputation mondiale et pour laquelle les kWh n’ont pas de secret (ou ne devraient pas en avoir). Un calcul simple pourtant, maintes fois fait,consiste à comparer les 550 TWh de production électrique en France avec les surfaces nécessaires en photovoltaïque, soit environ 5000 km2 soit environ dix fois moins que les surfaces dites « artificialisées » que sont les routes, les toitures, les zones urbaines (qui couvrent environ 9% du territoire national). Est ce que l’on peut alors parler du potentiel « peu considérable » de l’énergie solaire en France comme l’assène Monsieur Levy en titre de l’article du blog, alors que cette simple évaluation démontre le contraire de façon irréfutable ? C’est tellement vrai que l’évaluation faite par l’ADEME dans son fameux scénario visant les 100% d’électricité renouvable en 2050, évaluait que le potentiel exploitable des toitures seulement est de plusieurs centaines de GW de puissance ! Faut_il s’enfoncer encore plus dans les contre vérités, lorsque Monseiur Levy, fait suivre cette affirmation « du potentiel peu considérable » par la phrase « d’autant plus que l’on s’interdit d’utiliser des terres agricole », alors qu’il n’y en a aucun besoin? A moins que cette façon de présenter les choses, en donneur de conseils ou de leçons,un epu culpabilisant (on s’interdit…) ne soit en fait une façon très subtile de créer inconsciemment chez les auditeurs une réaction de rejet…contre le photovoltaïque ! En effet laisser entendre que pour développer plus le soleil en France il faudrait réquisitionner des terres agricoles, pourquoi pas raser des forêts, ne peut que susciter la réprobation chez tous les défenseurs de l’environnement et d’une intégration harmonieuse et désirée du photovoltaïque. Jusqu’à présent les arguments de l’intermittence, de l’impossibilité de stocker l’électricité, avaient tenus le haut du pavé, mais il s’agit là d’une vraie nouveauté.
Il est dommage, compte tenu des grandes responsabilités de Monsieur Levy et d’EDF dans la transition énergétique, qu’une telle interview tende à ramener le débat des années en arrière alors qu’au contraire une vision plus optimiste commence à se faire jour en France dans le cadre de la préparation et des espoirs suscités par la conférence de Paris sur le Climat fin 2015.
Il est probable que les auteurs de l’interview se soient eux mêmes rendus compte de ce hiatus, puisque le titre de la partie de l’interview publiée dans le monde daté d’aujourd’hui était « Jean Bernard Levy : »L’énergie solaire commence à être compétitive » et dont le message « positif », comme du reste des propos rapportés, est sur le fond à l’opposé du contenu « négatif » d’un autre volet de ses propos, que Tecsol a lui choisi de mettre en avant. Là aussi la comparaison de ces deux comptes rendus est un exemple qui mériterait de rester dans les annales.
Il faut espérer que « l’idée que le développement du photovoltaïque passera par la réquisition des terres agricoles » distillée dans cette interview, ne devienne une nouvelle rumeur pour en freiner la progression et le dynamisme en France.
un article interressant sur la position dominante de EDF qui continue
C’est tout simplement incroyable d’avoir un tel discours de la part d’un PDG d’une des plus grosses société Françaises…
M. LEVY il est grand temps de regarder autour de vous, bientôt il sera hélas trop tard (le train de la révolution énergétique sera passé) vous resterez bien seul avec vos centrales nucléaires en fin de vie, avec en plus la charge de les démanteler…
M. HOLLANDE, il faudrait vite vendre les parts de l’état dans cette société, car avec M. LEVY et ce genre de discours, la faillite est proche (sacré visionnaire… MDR).
On va vite en reparler, encore une ou deux augmentation et les Français passeront à l’autoconsommation, et certainement avec des batteries de stockage et sans raccordement au réseau(plus d’abonnement).
Déjà quelques associations de copropriétaires regarde la possibilité de s’affranchir d’EDF.
Bah oui,le kWh effet va être de moins en moins compétitif face au renouvelable. Après Areva c’est effet qui va couler. Dramatique ?!
D’un autre côté mettez vous à la place d’EDF quoi d’autre comme solution que de raconter des bêtises ?