Tribune d’un collectif de salarié.es des EnR : Nous exigeons une trajectoire claire et stable pour les énergies renouvelables, permettant aux entreprises, aux collectivités et surtout aux salarié·es de se projeter sur le long terme.
Pour une planification écologique et énergétique à la hauteur des enjeux
La transition énergétique est un projet à porter sur plusieurs décennies et elle ne peut être utilisée pour servir des intérêts politiques court-termistes. Nous réclamons le maintien des emplois et des compétences de la filière, en offrant une garantie de l’emploi et du salaire. Loin d’être utopiste, cette garantie est indispensable pour gérer les reclassements à venir des salarié⋅es des industries polluantes, et gérer, si nécessaire, les fluctuations des besoins de développement des énergies renouvelables, sans que cela se fasse au dépend des salarié⋅es.
A l’approche de l’élection présidentielle de 2027, nous, salarié⋅es de la filière ENR, exigeons une politique énergétique à la hauteur des enjeux climatiques, sociaux et environnementaux, pour donner une chance aux citoyen⋅es d’aujourd’hui et de demain de vivre dans un monde habitable.
Non à la casse sociale au détriment des salarié⋅es et du développement des énergies renouvelables !
En février dernier, nous étions plus d’un millier à nous mobiliser afin d’obtenir de la visibilité sur l’avenir des énergies renouvelables et sur le manque d’ambition de la future Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE). Bien que publiée dans la foulée, elle reste tout à fait insatisfaisante avec des appels d’offres revus à la baisse, des investissements ralentis et une casse sociale qui s’accélère avec déjà plus d’une dizaine de millier d’emplois directs et indirects supprimés depuis 2025.
Depuis, les annonces inquiétantes continuent de se succéder : Plans de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), ruptures conventionnelles collectives, licenciements, suppressions de postes, gels des embauches et départs non remplacés. Les conséquences sont déjà là avec des équipes qui se disloquent, des conditions de travail qui se dégradent et un risque de voir le savoir-faire de la filière s’effriter. Urbasolar, Valorem, Boralex, Elements, Voltalia, RWE, Iberdrola, Okwind, Tenergie, Lhyfe, etc. La liste s’allonge mois après mois.
Et pourtant, aujourd’hui comme demain, la France a et aura besoin de technicien·nes, développeur·euses, ingénieur·es, chef·fes de projets, exploitant·es, spécialistes du droit de l’énergie et de la planification territoriale, pour construire sa transition énergétique. Ils détruisent aujourd’hui les emplois et les compétences dont nous aurons besoin demain. Nous refusons que les salarié·es soient la variable d’ajustement d’une politique énergétique instable.
Nous dénonçons les revirements politiques du gouvernement en place, encouragés par de nombreux partis, ainsi que la politique énergétique guidée par les prix de marché, décorrélés des coûts de production.
Dans les périodes de tensions, les dirigeants prioriseront toujours la rentabilité à la sauvegarde des emplois, même quand ceux-ci ne remettent pas en cause la pérennité de l’entreprise.
Une filière motrice de la transition écologique fragilisée
Cet été, rythmé par d’interminables canicules et incendies, nous rappelle l’urgence de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles. Pour y parvenir, les grands scénarios énergétiques français convergent : il faudra électrifier les transports, le chauffage et l’industrie et en conséquence développer les énergies renouvelables, les réseaux ainsi que le stockage, tout en allant vers plus de sobriété.
Comme le rappelle RTE dans son dernier bilan prévisionnel, l’électrification rapide du pays est la clef d’une sortie des fossiles. Pourtant, aujourd’hui, l’électrification avance trop lentement tandis que la filière renouvelable est brutalement freinée. En réalité, le constat est tout autre : Des appels d’offres à la baisse (après 6 mois d’absence) qui sortent au compte-goutte, avec des volumes dérisoires. Qui, de plus, engendrent une concurrence acharnée et une tension importante pour les salarié⋅es qui doivent, malgré le péril pesant sur leurs emplois, faire passer leurs projets.
Baisse voire disparition des mécanismes de soutien en toiture et ombrières. Un prix de rachat de l’électricité dégradé. Des délivrances d’autorisations ralenties. Donc, une absence de volonté politique avec pour résultat les projets qui ralentissent et les investissements reportés. Il y a un accord unanime dans la communauté scientifique et technique sur l’importance cruciale des énergies renouvelables. Malgré cela, nous observons une détermination manifeste de l’État à s’éloigner de cette voie, ce qui nous paraît irresponsable dans le contexte actuel d’urgence climatique.
Et maintenant ?
C’est en nous organisant et en nous mobilisant ensemble, salarié·es de toute la filière, que nous protégerons nos droits et nos emplois. Le 29 septembre 2026, choisissons la solidarité et l’entraide à l’occasion du colloque du SER à Paris et à la Préfecture de Montpellier pour défendre ensemble nos emplois, nos conditions de travail, faire entendre notre colère, nous rencontrer et échanger sur notre vision de la transition énergétique.
En attendant, rejoignez-nous. Il est nécessaire de s’organiser collectivement afin de préparer cette mobilisation, construire des propositions et des alternatives : plan d’électrification de la France, proposition chiffrée de relance des appels d’offres, socialisation de l’énergie, statut commun des salarié·es de l’électricité, et bien d’autres sujets potentiels. Venez participer et faire entendre votre voix !
Salarié·es des ENR, et tous⋅tes celles et ceux qui désirent mettre fin à notre dépendance aux énergies fossiles, n’attendons pas de perdre nos emplois pour nous mobiliser.
Rejoignez-nous le 29 septembre, car il n’y aura pas de transition énergétique sans celles et ceux qui la portent.
Infos : où et à quelle heure ?
Salarié·es des énergies renouvelables : mobilisez-nous le 29 septembre ! Paris (12h devant le colloque du SER) et Montpellier (11h devant la Préfecture)
Salarié·es des ENR, rejoignez le collectif mardi et faites entendre votre voix.





