Ségolène Royal annonce deux nouveaux appels d’offres pour le développement de l’énergie solaire, à l’occasion des journées nationales de l’énergie solaire

Segolene Royal-TwitterSégolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, en charge des Relations internationales sur le climat, a délivré un message de soutien au développement de l’énergie solaire lors des journées nationales de l’énergie solaire, organisées par le pôle de compétitivité DERBI et le CNRS à Perpignan.

Le développement de l’énergie solaire est une grande priorité de la transition énergétique. Elle s’est traduite dans l’ambition de développer 1 000 km de route solaire et à travers les objectifs 2023 que la Ministre a fixés dans l’arrêté du 24 avril 2016 relatif aux nouveaux objectifs de développement des énergies renouvelables :

  • multiplication par plus de trois de la puissance installée pour le photovoltaïque, par rapport au niveau actuel,
  • augmentation de 80 % pour le solaire thermique, par rapport au niveau actuel.

Une accélération du développement de l’énergie solaire est d’ores et déjà à l’œuvre. La capacité de production solaire installée a augmenté de 40 % depuis 2014. Depuis 2014, trois appels d’offres ont été lancés, qui permettront de générer plus d’un milliard d’euros d’investissements et de créer plus de 5 000 emplois dans la filière. La compétitivité des offres progresse régulièrement.

Le volume de chaque tranche de l’appel d’offres CRE 3 pour développer les installations photovoltaïques de moyenne puissance (100 à 250 kWc) sur bâtiments et sur ombrières de parking, a été doublé de 40 à 80 MW. 349 projets ont ainsi été retenus pour la première tranche.

Pour poursuivre et accélérer cette dynamique, Ségolène Royal annonce  deux nouveaux appels d’offres :

  • un appel d’offres « centrales photovoltaïques au sol », qui porte sur un volume de 1 000 MW/an pendant 6 ans,
  • un nouvel appel d’offres « centrales photovoltaïques sur bâtiments», qui porte sur un volume de 450 MW/an sur 3 ans.

Cette année, les journées nationales de l’énergie solaire se sont plus particulièrement intéressées au stockage de l’énergie, qui est un levier essentiel de la transition énergétique : il favorise l’intégration des énergies renouvelables intermittentes et l’autoconsommation ; il permet également de saisir des gisements d’efficacité en décloisonnant les vecteurs énergétiques (électricité, gaz et chaleur) et les usages, pour répondre en particulier à l’enjeu de la mobilité décarbonée.

Le développement des énergies renouvelables, et en particulier du solaire, couplé au stockage de l’énergie est un vecteur d’innovation et d’activité industrielle, qui permet de créer les emplois de la croissance verte. La France dispose d’atouts dans ce domaine, avec notamment sa recherche et développement de pointe, ses industriels, et ses zones non-interconnectées.

C’est pourquoi, après avoir attribué, le 12 juin, 33 projets dans le cadre d’un première appel d’offres « photovoltaïque + stockage » dans les zones non-interconnectées, pour un volume total de 50 MW, la Ministre a décidé de renouveler cet appel d’offres pour un volume identique. Il contribuera à l’autonomie énergétique des zones non-interconnectées.

Ségolène Royal a engagé d’autres initiatives dans ce sens :

  • un appel d’offres pour le développement de l'autoconsommation sur les bâtiments industriels, tertiaires et agricoles,
  • un appel d’offres « territoires hydrogène », pour expérimenter localement l’économie de l’hydrogène et de ses différents usages, et en particulier le stockage de l’énergie grâce au vecteur hydrogène.

Ces enjeux s’inscrivent dans le contexte global de l’Accord de Paris sur le climat. Le développement de l’énergie solaire et du stockage de l’énergie sont des leviers fondamentaux pour répondre aux défis de la lutte contre le changement climatique et de l’électrification de l’Afrique, qui appellent aussi des réponses décentralisées.

Ségolène Royal, présidente de la COP, accompagne et soutient avec une grande attention les travaux de l’Alliance internationale sur le Solaire, engagée avec l’Inde pour fédérer les efforts afin d’attirer les investissements nécessaires au déploiement de l’énergie solaire dans les pays les plus ensoleillés, ainsi que l’initiative TERAWATT des industriels.

Les objectifs de développement du solaire dans l’arrêté du 24 avril 2016 :

Pour le solaire photovoltaïque :

  • 10 200 MW en 2018,
  • 18 200 à 20 200 MW en 2023.

Pour le solaire thermique :

  • 180 000 tonnes équivalent pétrole en 2018,
  • 280 000 à 400 000 tonnes équivalent pétrole en 2023.

Les mesures de simplification pour les énergies renouvelables :

  • La simplification des appels d’offres avec le décret du 18 février 2016 qui raccourcit les délais de procédures.
  • L'encadrement des délais de raccordement, limité à 18 mois pour les installations de production renouvelable jusqu'à 12 MW.
  • La modernisation des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables, avec les décrets des 27 et 28 mai dernier, qui mettent en place le complément de rémunération prévu par la loi de transition énergétique. Les arrêtés tarifaires par filière seront publiés dès qu’ils seront approuvés par la Commission européenne.
  • Une réduction des coûts de raccordement au réseau de distribution supportés par les producteurs d'énergies renouvelables, qui fait l'objet d'une ordonnance, actuellement à l'examen au Conseil d'État.

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4 Commentaires

  1. « développement de l’énergie solaire »,
    Au total cela fait du 1.5 GW / an. Mais pourquoi continuer à privilégier autant les centrales au sol ?
    On reste tout de même dans du développement «régulé», ou même « restreint ».
    Certes l’intégration au réseau électrique peut parfois engendrer des problèmes, mais l’évolution des smarts grids, du stockage et autres technologies, devraient représenter une opportunité de développement et non un frein. La forte volonté exprimée de s’inscrire dans la transition énergétique ressemble parfois à un simple statuquo.
    Dans ce contexte, il ne faut pas s’attendre à ce que les investisseurs affluent pour financer la R&D.
    De plus, le contexte étant différent pour chaque région, ne serais qu’en raison des conditions climatiques, pourquoi ne pas laisser chaque région piloter son avenir énergétique ?

  2. Bravo. En voilà des nouvelles qui font plaisir. L’engagement au niveau des hautes instances du gouvernement est fondamental pour un meilleur développement des EnR.
    Merci Madame la « ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer ».

  3. Une route fait sept mètres de largeur (3,50 m par voie, norme officielle depuis 1970). Mille kilomètres de route, cela fait sept millions de mètres carrés (7.000.000 m2).
    Au prix de La « route solaire », c’est 22,4 millions d’euros du kilomètre et 22,4 milliards d’euros pour 1.000 km. Payés par qui ?
    En Vendée, Bouygues-Colas a posé 50 m2 pour le prix de 160.000 euros, payés par les contribuables Vendéens. Avec une production annoncée de 6.300 kWh par an, cela fait 126 kWh/m2 chaque année, pendant à peine dix ans sur une route pas trop fréquentée.
    Sans compter l’entretien coûteux (hydrocarbures, traces de pneus …), cela nous fait un coût de production de l’électricité routière de 2,54 euros/kWh (2.540 €/MWh).
    Le tarif moyen publié en décembre 2015 a été de 82€/MWh (8,2 c€/kWh) pour les installations au sol et 124€/MWh (1,24 c€/kWh) pour les installations sur ombrière.
    Soit respectivement 31 fois et 20,5 fois moins cher que la route solaire Bouygues-Colas.
    De toute évidence, vu les faibles volumes en comparaison de la production mondiale de panneaux photovoltaïques classiques, le prix ne va pas baisser au même rythme que celui de la baisse historique des panneaux classiques.
    Et alors que les dalles de Bouygues-Colas dureront à peine dix ans sur une route pas trop fréquentée, la durée de vie de panneaux classiques est de trente ans pour des centrales au sol normales, en ombrière, en toiture.
    Il serait bon que Tecsol fasse preuve de bon sens et d’esprit critique et ne fasse pas de publicité pour les projets les plus déraisonnables, comme cette route ou les propositions très coûteuses du fournisseur historique (et monopoliste) d’électricité.

  4. De bonnes nouvelles, mais à relativiser:
    – Comme SYLVAIN indique cette route solaire est une aberration technique et financière => par contre cela fait parler …
    – Les appels d’offre de ces grosses centrales sont trustés par de grosse société qui vont acheter des panneaux CHINOIX et sous-traiter à des boîtes de poses Roumaines, Polonnaises. Ce qui est malheureusement la règle en ce moment. Bref 5000 emplois mais pas beaucoup de Française …

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