Dans une intervention sur CNews le 4 octobre, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a directement pris pour cible le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Accusant l’organisation d’appeler à contourner la volonté du Parlement, il a également dénoncé des « liens de corruption » entre une partie de l’administration et des lobbies du secteur énergétique. Il affirme avoir effectué un signalement au titre de l’article 40 et annonce refuser désormais de siéger au Conseil supérieur de l’énergie. Ces accusations ne sont pas étayées dans l’extrait transmis.
Le propos se veut d’abord une défense du pouvoir politique. « C’est le peuple qui commande », affirme Jean-Philippe Tanguy, avant d’opposer cette conception de la démocratie aux administrations, aux marchés et aux lobbies. L’énergie devient immédiatement son principal exemple, avec une attaque visant explicitement les organisations représentant les renouvelables.
Le Syndicat des énergies renouvelables directement visé
Le député RN dénonce ce qu’il qualifie de « liens incestueux » entre l’administration et certains lobbies économiques, notamment dans le domaine des énergies qu’il désigne comme « intermittentes ». Il s’en prend ensuite nommément au SER, auquel il reproche d’appeler « publiquement à transgresser le vote du Parlement » concernant la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Dans son récit, le Parlement aurait bloqué cette politique et le gouvernement se serait engagé à ne pas la mettre en œuvre. L’administration aurait ensuite contourné cette opposition sous l’influence de lobbies. L’extrait ne précise toutefois ni le vote parlementaire invoqué, ni l’engagement gouvernemental mentionné, ni la déclaration du SER sur laquelle repose ce reproche.
L’attaque dépasse ainsi la discussion sur le rythme de développement des renouvelables ou le coût des dispositifs de soutien. Jean-Philippe Tanguy met en cause la légitimité de l’intervention de leurs représentants dans l’élaboration de la politique énergétique.
Des accusations de corruption formulées à plusieurs reprises
Le passage le plus grave concerne les accusations portées contre une partie de l’administration. Le député affirme que celle-ci entretient « des liens de corruption avec les lobbies ». Il reprend ensuite cette expression à propos de ce qu’il dit avoir observé au Conseil supérieur de l’énergie (CSE), où il siège.
« Je les ai dénoncés, j’ai fait un article 40 », déclare-t-il. Il assure avoir auparavant exposé ses reproches aux personnes concernées. Il ne donne cependant, dans cet extrait, ni leur identité, ni la description d’actes précis, ni la date ou le contenu du signalement qu’il affirme avoir effectué.
La distinction est essentielle : le SER est explicitement visé par l’accusation d’avoir appelé à contourner un vote parlementaire. Les accusations de corruption concernent, dans son propos, plus largement les relations entre administration et lobbies. L’extrait ne décrit pas un acte de corruption déterminé imputé au syndicat lui-même.
Le Conseil supérieur de l’énergie présenté comme un lieu de partage des intérêts
Jean-Philippe Tanguy concentre ensuite ses critiques sur le CSE, dont il décrit les réunions comme un entre-soi réunissant multinationales, administration et acteurs des certificats d’économies d’énergie (CEE).
Il évoque « 8 milliards d’argent public » et accuse les participants de définir eux-mêmes les critères permettant de « se partager le gâteau ». Ce montant et cette qualification du financement des CEE sont ceux avancés par le député ; l’extrait n’en fournit pas la justification.
Le CSE est une instance consultative qui émet des avis sur les textes et la politique énergétiques. La présence de représentants professionnels y relève de son organisation institutionnelle. Elle ne suffit donc pas, à elle seule, à établir les pratiques de corruption dénoncées.
Un refus annoncé de continuer à siéger
Le député conclut en affirmant qu’il refuse désormais de siéger dans cette instance, qu’il présente comme un exemple parmi d’autres des relations qu’il conteste entre pouvoir administratif et intérêts économiques.
Cette intervention marque une attaque particulièrement virulente contre le SER et les mécanismes de concertation du secteur énergétique. Elle appelle toutefois à distinguer les désaccords politiques, les reproches de conflits d’intérêts et les accusations de corruption.





