Signataires : Ludovic Escoubas (Prof. des Universités), AbdelilahSlaoui (DR CNRS), Jean-François Guillemoles (DR CNRS), Christian Seassal (DR CNRS), Elisabeth Chassaing (DR CNRS), Stéphane Collin (CR CNRS), Jean-Paul Kleider (DR CNRS), Pere Roca i Cabarrocas (DR CNRS), NegarNaghavi (CR CNRS), Arnaud Etcheberry (DR CNRS), Mustapha Lemiti (Prof. des Universités), Jean-Louis Lazzari (CR CNRS), Jean-Jacques Simon (MCF)
Il y a quelques jours a été annoncée la mise en cessation d’activité de la société Nexcis avec une fermeture définitive possible au 31 juillet. Cette annonce secoue profondément la communauté scientifique française engagée depuis des années dans la recherche photovoltaïque afin d’améliorer en permanence les performances des cellules solaires et promouvoir l’innovation industrielle.
Nexcis est justement issue de travaux originaux menés depuis les années 90 dans les laboratoires français du CNRS, d’écoles d’ingénieurs et d’universités, motivés par les recherches de rupture sur les filières photovoltaïques en couches minces. C’est un long cheminement, également soutenu par l’Union Européenne, l’ADEME, l’ANR, qui a vu progressivement ces recherches se consolider sur le plan industriel – avec la création d’abord de l’IRDEP, en association entre EDF, le CNRS et Chimie Paris Tech- qui a débouché sur la création en 2009 de la start up Nexcis. Cette phase de développement industriel a permis également la consolidation d’une relation étroite avec les laboratoires de recherche permettant d’être en continu à la pointe de l’innovation dans ce domaine très compétitif. En six ans, avec le soutien constant d’EDF, les résultats de Nexcis sur le plan des performances photovoltaïques ont été remarquables, débouchant sur la mise au point d’une technologie originale de fabrication de modules, au meilleur niveau international. Ces résultats, reconnus internationalement par la communauté scientifique, ont également été salués de toutes parts en France comme exemplaires de l’association recherche académique-industrie pour promouvoir l’innovation industrielle dans notre pays. Tout semblait donc réuni pour qu’une nouvelle étape d’industrialisation se mette en place afin de pouvoir commencer à tirer les fruits de cette réussite. La situation actuelle de Nexcis prouve que cette marche est particulièrement difficile à franchir, et ce n’est pas pour rien que cette étape est généralement appelée « la vallée de la mort » dans le processus d’innovation industrielle.
Les raisons qui ont amené à cette situation sont connues et objectives. Il ne s’agit pas pour nous de les balayer d’un revers de main ; elles sont économiques, et nous les comprenons. A la base il y a la réalité d’un phénomène de consolidation de l’industrie photovoltaïque en cours au niveau mondial. Celui-ci a entraîné une crise industrielle sans précédents partout dans le monde, en particulier en Europe et en France, qui a touché de nombreux acteurs ne pouvant faire face à la concurrence du marché. Nexcis est maintenant rattrapée par ce tourbillon au moment où elle voulait effectuer sa mue industrielle, et cela peut conduire à sa disparition. Nous avons cependant le devoir d’explorer, avant qu’il ne soit trop tard, toutes les solutions susceptibles de préserver les acquis uniques portés par Nexcis dans le domaine du photovoltaïque en France.
Nous pensons que, dans le contexte de retournement de l’industrie photovoltaïque au niveau mondial, qui est en plein essor, et les enjeux liés à la transition énergétique, la fermeture de Nexcis n’est pas inéluctable et que la situation actuelle peut déboucher sur de nouvelles opportunités de déploiement industriel (exemple du BIPV), compte tenu de sa pertinence technologique, de son caractère fortement innovant, et de la qualité de ses équipes. La disparition de Nexcis signifierait aussi la perte d’un démonstrateur préindustriel des technologies couches minces qui est un maillon essentiel pour transférer rapidement les résultats de R&D vers des produits innovants.
Nous demandons donc à ce que toutes les pistes soient explorées pour permettre une reprise de l’activité de Nexcis. Celle-ci peut compter sur le soutien de la communauté scientifique française pour l’accompagner également dans cette nouvelle phase.
Contact : ludovic.escoubas@univ-amu.fr






« NECSIS a le soutient de EDF »: Pourquoi EDF pousserait réellement ce type de société pour qu’elle se développe ?
Cela me fait penser à certaines Start-up qui ont eu des financements d’EDF (CASA, …) et qui malheureusement (ou non suivant de quel coté on se place) ont tout simplement disparu.
Il est triste de constater qu’un pôle de compétence comme Nexcis puisse disparaître mais malheureusement les résultats sur l’ensemble des bilans semblent être sans appel même si la dernière année prend la bonne direction.
http://www.societe.com/bilan/nexcis-508818853201312311.html
Après 6 ans, quelles sont les perspectives de coût de production, et surtout les perspectives de coût d’installation de la technologie que vous proposez pour les intégrateurs au kWc ? C’est ce dernier coût qui est déterminant associé aux contraintes d’intégration comme le poids du produit.
Un cout de fabrication plus élevé que le marché actuel ne pose pas de problème si cela se traduit par des économies sur les heures travaillées sur le chantier ou des économies sur le support des produits (qui peuvent se décliner par une absence de renforcement de charpente lors d’installation en toiture, ou des supports plus légers dans les autres cas).
Si pour un volume raisonnable contenu des technologies concurrentes et éprouvées et dont les couts d’intégration au kWc sont connus par les intégrateurs, les perspectives de coûts sont au rendez-vous il serait assez incompréhensible qu’EDF ne continue pas à vous soutenir.
J’espère que comme la Start-up Aldebaran Robotics qui est une référence dans son domaine à l’image de Nexcis dans le sien, vous continuerez à être soutenu même si économiquement pour vous comme pour eux, la viabilité économique n’est pas encore au rendez-vous. Ils auront peut-être des solutions à vous proposer pour passer ce cap délicat ?
Bon courage.
Ce qui veut dire que hors financement d’état, point de salut ?
Il me semble pourtant que Soitec, par exemple, avait financé par ses propres moyens et ceux des actionnaires, sa branche PV. Mais bon, c’est un cas à part et il faut faire avec la boite à outils dont on dispose.
Les entreprises investiront s’il y a des débouchés économiques, mais si le développement d’une filière est bloqué, il semble normal d’attendre, ou d’investir à l’étranger. Le photovoltaïque, les systèmes de stockage d’énergie et les smart grids sont pourtant devenus des secteurs stratégiques au niveau mondial et si on ne l’a pas compris, on va devenir de simples spectateurs et consommateurs.
Reste donc les financements d’Etat, qui a apparemment d’autres priorités : à voir les sommes astronomiques englouties depuis des décennies par la filière de recherche nucléaire, sans beaucoup de succès d’ailleurs, on peut se demander si ces choix sont si rationnels.
Il est vrai que pour le photovoltaïque, « d’obscurs scientifiques », tels Becquerel et Einstein avaient déjà travaillé sur le sujet, mais ne perdons pas de temps avec les découvertes de gens aussi peu crédibles…
Apparemment, en lieu et place du « think different » nos décideurs préfèrent les « think tanks », ce qui revient souvent à privilégier les technologies et les idées déjà en place.
Heureusement il reste tout de même des schémas de pensée différents, mais démunis.
Et pourquoi avoir fermé il y a presque un an, son autre filiale ColSun, premier constructeur d’installations photovoltaïques en France avec plus de 270MWc raccordés au réseau?….
http://www.midilibre.fr/2014/01/24/gros-nuages-sur-les-salaries-de-colsun-filiale-d-edf-en,813104.php
http://www.businessman.fr/information-veille-economique-actualite-entreprise-industrie/information-veille-economique-actualite-entreprise-energie/34-energie-colsun-fermera-ses-portes-en-juin-prochain/398837/?utm_campaign=twitter&utm_medium=twitter&utm_source=twitter
30 salariés sur le carreau, et la destruction d’une filière « d’avenir » avec des compétences et savoir-faire détruit… du gâchis made in France
Et un financement participatif n’est pas envisageable ? il leur faut combien ? le texte manque de précision concernant le produit, son rendement ect…