L’inauguration de la centrale photovoltaïque installée sur le site logistique d’Amiens Saint-Sauveur a bénéficié d’un large écho médiatique avec un reportage diffusé dans le journal de 13 heures de TF1. Présentée comme l’une des plus importantes centrales photovoltaïques en toiture de France, cette réalisation démontre le potentiel considérable des bâtiments logistiques pour accélérer la production d’électricité renouvelable sans artificialiser de nouveaux espaces.
Porté par ESR Europe et IDEX, le projet équipe un entrepôt logistique de 61 000 m² de panneaux photovoltaïques, soit près de huit terrains de football. Les quelque 26 000 modules installés développent une puissance de 12,1 MW et devraient produire suffisamment d’électricité pour alimenter jusqu’à 3 500 foyers pendant une durée estimée de 40 à 50 ans. Une partie de cette énergie est directement consommée par le locataire du bâtiment, tandis que le surplus est injecté sur le réseau pour alimenter les communes environnantes.
Une « mine d’électricité solaire » au-dessus de nos têtes
Le reportage met en avant une idée simple : les immenses toitures des bâtiments logistiques constituent un gisement énergétique encore largement sous-exploité. « Avec nos toitures et nos parkings, on est assis sur une véritable mine d’électricité solaire », résume Édouard Roblot, directeur de l’énergie solaire chez IDEX. Selon lui, une centaine de plateformes comparables fournirait une puissance équivalente à celle d’une nouvelle centrale nucléaire, alors que des milliers de sites similaires existent en France.

La réglementation accélère le mouvement
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la loi APER, qui impose désormais la solarisation d’une partie des nouveaux bâtiments ainsi que des grands parkings, notamment par l’installation de panneaux photovoltaïques en toiture ou d’ombrières. Pour les surfaces de plus de 10 000 m², cette obligation est entrée en vigueur le 1er juillet 2026. Au-delà de la conformité réglementaire, ces installations permettent également aux entreprises de réduire durablement leur facture énergétique grâce à l’autoconsommation. Le reportage illustre d’ailleurs ce modèle avec l’exemple d’une imprimerie qui couvre désormais plus d’un tiers de ses besoins électriques grâce à sa propre production solaire.
Au-delà de ses dimensions spectaculaires, la centrale d’Amiens symbolise ainsi l’essor du photovoltaïque sur les bâtiments déjà artificialisés. Un modèle appelé à se multiplier dans les années à venir, à mesure que les obligations réglementaires, les besoins d’électrification et la recherche d’une énergie compétitive convergent vers une même solution : valoriser les immenses surfaces de toiture disponibles dans les zones logistiques et industrielles.





