Avec 16,9 TWh produits entre janvier et juin 2026, le photovoltaïque confirme son changement d’échelle sur le réseau Enedis. La filière devient le principal moteur de croissance de la production décentralisée, tandis que la multiplication des prix négatifs met surtout en évidence le manque de flexibilité du système électrique.
Le solaire poursuit son accélération sur le réseau de distribution. Selon le bilan électrique du premier semestre 2026 publié par Enedis, les installations photovoltaïques raccordées ont produit 16,9 TWh sur les six premiers mois de l’année, contre 13,4 TWh au premier semestre 2025. La hausse atteint ainsi 26 %, soit environ 3,5 TWh supplémentaires en un an.
La progression est nettement plus rapide que celle de l’ensemble de la production décentralisée, qui atteint 45 TWh, en hausse de 12,7 % sur un an. Le photovoltaïque représente désormais 37,5 % de cette production, contre 33,5 % un an auparavant. L’éolien reste la première filière en volume, avec 19,5 TWh produits, mais son avance se réduit.
Enedis souligne ainsi que le solaire devient le principal moteur de croissance de la production locale. Cette dynamique repose d’abord sur l’augmentation rapide du parc raccordé, dont la puissance progresse à un rythme voisin de 24 % sur un an selon les mois.
La météo a également joué un rôle favorable au printemps. En avril, marqué par une faible nébulosité et un fort ensoleillement, la production photovoltaïque a progressé de 30,4 % par rapport à avril 2025. En juin, elle a atteint 4,3 TWh, représentant près de 59 % de la production décentralisée du mois.
Les prix négatifs révèlent un manque de flexibilité
Enedis recense 410 heures à prix spot négatifs au premier semestre 2026, soit 9,4 % du temps, contre 363 heures un an auparavant. Ces épisodes apparaissent lorsque la production totale disponible dépasse temporairement la consommation, les capacités d’exportation et les possibilités de stockage.
Ils ne doivent cependant pas être attribués au seul développement du photovoltaïque. Ils traduisent également la difficulté du système électrique à réduire suffisamment la production des moyens conventionnels, y compris nucléaire, lors des périodes de faible demande. Enedis relève d’ailleurs que l’arrêt total ou partiel de plusieurs réacteurs en mai et juin a contribué à réduire l’excédent d’offre et à limiter les épisodes de prix négatifs.
Dans le fonctionnement actuel du marché, certaines installations éoliennes et photovoltaïques réduisent néanmoins leur injection en réponse au signal de prix. Enedis estime ainsi à 1,9 TWh les volumes renouvelables non injectés au cours du semestre.
Le véritable enjeu n’est donc pas de freiner le solaire, mais d’accroître la flexibilité du système : modulation du parc conventionnel, stockage, pilotage de la demande, autoconsommation et adaptation des usages aux heures de forte production photovoltaïque.





