L’hydrogène vert en Europe par Wolfgang Palz, pionnier du solaire européen

WolfgangPalz_560Nous publions cette semaine, en plusieurs épisodes, la note de Wolfgang Palz (photo), qui fut le grand patron de l’énergie solaire à la Commission Européenne.  Il analyse aujourd’hui le phénomène « hydrogène » en expliquant que l’intérêt pour cette filière ne date pas d’hier…

1 – Introduction: premier intérêt pour l’hydrogène vert depuis 1975

L’Union européenne (UE) a lancé en 1975 un nouveau programme de R&D sur l’énergie non nucléaire. L’un de ses composants était l’hydrogène. Le programme a été décidé par le Conseil des ministres de l’UE et le Parlement européen. Le premier programme de 4 ans était associé à un budget d’environ 100 millions d’euros, ou ECU, comme on appelait l’euro à l’époque. Il a été suivi de plusieurs autres, chacun d’une durée de 4 ans.

La Commission européenne était chargée de la mise en œuvre du programme. Après des appels à propositions, des contrats de partage des coûts ont été conclus avec des établissements de recherche et l’industrie de toute l’Europe par la Commission européenne. Une administration d’un « programme lean » a été mise en place à Bruxelles; il était associé aux comités consultatifs des gouvernements des pays membres de l’UE et aux groupes des meilleurs spécialistes disponibles en Europe.

Le solaire indissociable de l’hydrogène

Le volet hydrogène du programme Énergie non nucléaire comportait les 3 volets :

  • Production d’hydrogène électrolytique
  • Stockage et transport d’hydrogène
  • Production d’hydrogène thermochimique

Le responsable du programme était mon collègue G. Imarisio. Les résultats ont été publiés dans des revues et des livres spécialisés.

Un autre élément de ce programme d’énergie non nucléaire était «l’énergie solaire».  Il comprenait comme priorité absolue le photovoltaïque, puis le chauffage et le refroidissement solaires, l’énergie éolienne, toutes sortes de biomasse et de déchets organiques, l’énergie des océans. Il a été rédigé et géré par moi-même. J’étais installé avec mon équipe à côté de celui de G. Imarisio dans le prestigieux bâtiment de l’UE «Helmut Kohl» au centre de Bruxelles.

À côté de nous à Bruxelles, il y avait notre collègue et ami J. Gretz. Il était basé en tant que fonctionnaire de l’UE au Centre commun de recherche JRC à Ispra, près du lac Majeur, en Italie. À l’origine, il avait promu «l’énergie solaire concentrée, CSP». Puis il s’est intéressé à l’hydrogène vert.

Hydrogène et hydroélectricité

Conscient que le PV et l’énergie éolienne n’étaient pas encore mûrs pour une mise en œuvre à grande échelle à l’époque, il a promu l’hydrogène vert issu de l’hydroélectricité. Il a imaginé et fait la promotion du «projet pilote hydro-hydrogène Euro-Québec de 100 MW» publié en 1990. La province de Québec au Canada disposant de vastes ressources en eau, J.Gretz a proposé de produire de l’hydrogène à partir de l’hydroélectricité au Canada et de l’expédier par camions-citernes vers l’Europe. Sa ville natale de Hambourg a accepté de coopérer et lui a offert une place dans le port de la ville, l’un des plus grands d’Europe. Le projet était trop ambitieux pour être mis en œuvre rapidement; J.Gretz est décédé en 2012 et nous avons perdu son initiateur principal.

Mais l’idée n’a pas été vaine. Dans le cadre du nouvel intérêt mondial pour l’hydrogène vert, la ville de Hambourg prévoit désormais en 2021 une centrale d’électrolyse de 100 MW à partir de l’énergie éolienne; elle a signé à cet effet une lettre d’intention avec Shell, Vattenfall et Misubishi. En lieu et place d’une toute nouvelle centrale à charbon, la ville souhaite construire une centrale pour alimenter un nouveau gazoduc nord-allemand d’hydrogène.

De l’autre côté de l’Atlantique, Hydro Québec construit maintenant une usine d’électrolyse de 88 MW à partir de Water power qui sera prête d’ici la fin de l’année 2023. L’industrie en charge est Thyssen-Krupp et Uhde Chlorine Engineers.

Enfin, il convient de mentionner que l’intérêt du monde pour l’hydrogène vert a trouvé une voix commune depuis 1976, un an après le premier programme de l’UE sur l’hydrogène, dans la publication du «Journal international de l’énergie hydrogène» avec 6 numéros par an. Un congrès annuel sur l’hydrogène est également organisé. Le premier a eu lieu en 1976 à Miami Beach.

Deuxième épisode : L’hydrogène vert maintenant à l’ordre du jour

Troisième épisode : Le défi de l’intensification du développement de l’hydrogène vert (HV) sur les marchés de l’énergie

Quatrième épisode : Les taux de pénétration des énergies renouvelables depuis l’an 2000

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8 Commentaires

  1. Il « fut le grand patron de l’énergie solaire à la Commission Européenne. »
    J’imagine qu’à ce poste il a malheureusement dû sinon implémenter la suppression du compteur qui tourne à l’envers (net metering) mais à tout le moins qu’il l’a cautionné et cela c’est inadmissible en termes d’écologie :!
    En effet, il aurait été congruent et écologique de maintenir le système du compteur qui tourne à l’envers qui utilise le réseau comme réserve et donc ans empreinte grise et entre autres ne pas conduire les prosumers à devoir « sur-autoconsommer » en s’équipant de batteries (°) pour contrer en partie le futur tarif (en fait taxe déguisée) prosumer !
    (°) C’est un comble ;:alors qu’on a voulu agir contrer le réchauffement climatique en développant le photovoltaïque, on a ensuite pénalisé les prosumers et en leur conseillant même de s’équiper en batteries : une empreinte grise dont on aurait donc pu se passer en maintenant le système initial !
    Cherchez donc l’erreur !

  2. Il « fut le grand patron de l’énergie solaire à la Commission Européenne. »
    J’imagine qu’à ce poste il a malheureusement dû sinon implémenter la suppression du compteur qui tourne à l’envers (net metering) mais à tout le moins qu’il l’a cautionné et cela c’est inadmissible en termes d’écologie :!
    En effet, il aurait été congruent et écologique de maintenir le système du compteur qui tourne à l’envers qui utilise le réseau comme réserve et donc ans empreinte grise et entre autres ne pas conduire les prosumers à devoir « sur-autoconsommer » en s’équipant de batteries (°) pour contrer en partie le futur tarif (en fait taxe déguisée) prosumer !
    (°) C’est un comble ;:alors qu’on a voulu agir contrer le réchauffement climatique en développant le photovoltaïque, on a ensuite pénalisé les prosumers et en leur conseillant même de s’équiper en batteries : une empreinte grise dont on aurait donc pu se passer en maintenant le système initial !
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  3. Il « fut le grand patron de l’énergie solaire à la Commission Européenne. »
    J’imagine qu’à ce poste il a malheureusement dû sinon implémenter la suppression du compteur qui tourne à l’envers (net metering) mais à tout le moins qu’il l’a cautionné et cela c’est inadmissible en termes d’écologie :!
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  4. Il « fut le grand patron de l’énergie solaire à la Commission Européenne. »
    J’imagine qu’à ce poste il a malheureusement dû sinon implémenter la suppression du compteur qui tourne à l’envers (net metering) mais à tout le moins qu’il l’a cautionné et cela c’est inadmissible en termes d’écologie :!
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    Cherchez donc l’erreur !

  5. Dans les pays bien ensoleillés tel la Tunisie, les modules photovoltaïques pourront fournir le courant électrique nécessaire pour l’électrolyse de l’eau.

  6. Dans les pays bien ensoleillés tel la Tunisie, les modules photovoltaïques pourront fournir le courant électrique nécessaire pour l’électrolyse de l’eau.

  7. Dans les pays bien ensoleillés tel la Tunisie, les modules photovoltaïques pourront fournir le courant électrique nécessaire pour l’électrolyse de l’eau.

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